le TGV et le Sous Préfet interceptés
article Tam-Tam n°7 du 14 mai 2003
Consciencieusement préparée, la manifestation du collectif de citoyens à Béziers a été
particulièrement réussie puisque ses objectifs ont été pleinement atteints et même
dépassés. Trompant l'ennemi potentiel, les manifestants, d'abord rassemblés dans le
jardin du "plateau des poètes" ont rejoint les quais de la gare en petits groupes
d'innocents voyageurs, peu avant l'arrivée du TGV de 15h51. Ce n'est qu'une fois le
train arrêté en gare que sortirent des sacs de voyage, banderoles (pas moins de 8),
autocollants, sacs poubelles et tracts informatifs (600), lesquels furent distribués
dans la gare et par la suite dans les rues de Béziers. Descendus sur les rails à 15h50,
les farouches opposants libérèrent la voie à 16h05, avant toute intervention policière,
pour constituer un cortège en direction de la sous-préfecture. Par l'Avenue Gambetta,
l'Avenue du Maréchal Joffre puis les Allées Paul Riquet, animée par des slogans aptes à
faire comprendre à nos amis citadins de quoi il retournait, la manifestation se vit
renforcée de biterrois et biterroises conscients de la nécessité vitale d'empêcher une
catastrophe sanitaire qui les concerne tout autant que les habitants des Hauts Cantons.
"De St Pons à Béziers, pollution assurée", "Tanarès pollué, Béziers contaminé! ",
"Promesses non tenues, démocratie bafouée!" fusèrent pendant près d'une heure et nous
nous retrouvâmes une bonne centaine en arrivant au port. Massés devant la sous-préfecture,
où quelques sacs d'ordures furent déposés, les manifestants eurent alors l'agréable
surprise d'apercevoir Monsieur le Sous-Préfet passer sur le trottoir d'en face. Etait-il
là par hasard, en promenade digestive ou en curieux ...? Toujours est-il qu'il fut
reconnu, interpellé et bientôt entouré pacifiquement par une petite foule bien décidée à
lui rappeler ses promesses (de contre expertise urgente notamment !).
|


|
De ce dialogue impromptu et disons-le inespéré, il ressortit quelques nouvelles
promesses du Sous Préfet qui - nous le lui avons d'ailleurs signifié - ont été bien
entendues, bien notées et seront derechef écrites et diffusées. Les voici donc :
- la contre expertise aura bien lieu (M. le sous préfet Koegler se défendant d'ailleurs
au frais de l'association Patanarès qui, selon lui, n'a pas choisi de bureau d'expert et
n'a pas amené de géologues aux réunions de la CLI).
- le Préfet Idrac ne signera pas le permis d'exploiter avant cette contre expertise.
- Mr Mailhé, ingénieur géologue retraité, qui cherchait à être reçu depuis longtemps par
les autorités représentant l'Etat, sera reçu après simple demande téléphonique par M. le
Sous Préfet.
Tout cela ajouté au refus annoncé la veille du maire de Riols d'accorder le permis de
construire à la SITA, mit quelque baume au coeur de ceux qui avaient une fois de plus
payé de leur personne pour la cause de tout le pays du Jaur et de l'Orb et pour la
sauvegarde sanitaire des générations futures.
Mais la sage méfiance reste bien présente dans l'esprit du peuple des hauts cantons. Les
belles paroles d'énarques - on appelle comme ça ceux qui ont fait l'ENA (école nationale
d'administration) - experts en langue de bois et noyage de poissons, ne valent pas une
signature que tout le monde attend. LA signature qui éloignera à jamais SITA de notre
cher pays.
Les bidonnages et autres falsifications concoctées par des bureaux d'experts
complaisants apparaîtront-ils bientôt au grand jour? Il serait temps et plus que temps !
Dehors, les truqueurs, les industriels inconscients, les monopolistes insatiables !
Le combat continue. Restons vigilants, inflexibles et mobilisés et nul doute que le
préfet Idrac, dévié de ses devoirs envers la population par ce qui semble être une
triste guéguerre droite/gauche dont le peuple n'entend pas payer les dégâts collatéraux,
ne trouve bientôt une porte de sortie qui lui permettra de ne pas se retrouver avec les
mains très très sales.
[ haut de page ]
|