Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
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Discours du 11 janvier 2003
Sylviane Dubois, pharmacienne

Sylviane Dubois En tant que professionnel de santé, je voudrais vous parler des lixiviats et vous dire pourquoi ils représentent un danger très important.

Tout d'abord le lixiviat, qu'est-ce que c'est ? C'est familièrement parlé "le jus de la poubelle". Cela comprend l'eau qui percole (s'est écoulé) à travers les déchets en se chargeant chimiquement et biologiquement , plus les eaux d'infiltrations et de ruissellements et d'évaporation, il fond d'autres substances qui se lient entre elles en dégageant des gaz qui se lient à leur tour. Dans les substances produites, on trouve des produits proches de l'acétone (explosif et volatil), des acides de toutes sortes, corrosifs et qui dissolvent des métaux lourds très dangereux pour la santé comme le mercure et le plomb (neurotoxicité), zinc et le bore dangereux pour le squelette, et beaucoup de substances bactériologiquement dangereuses. Dans les gaz dégagés, on a 45 à 60 % de CH4 qui est brûlé et 35 à 50% d'azote (rejeté dans l'atmosphère), d'H2S (œuf pourri), divers d'autres gaz malodorants et dangereux à respirer qui forment les "boules puantes".
Ces jus évoluent au cours de la vie de la décharge mais sont impossibles à prévoir : les quantités minimales sont de 20.000 m3/an mais peuvent être multipliés par 10 ou 20 selon la pluviométrie du lieu ou les infiltrations ou les déchets eux-mêmes(boues de station d'épuration).
Si ces lixiviats passent par infiltration même minime dans la nappe phréatique, l'eau du robinet deviendra impropre à la consommation et posera des problèmes pour la peau et les muqueuses.

On a retrouvé aux Etats-Unis, autour de sites de décharges de ce type, des panaches de largage entre 200m et 3kms de la décharge, 50 ans après l'arrêt de l'exploitation de la décharge. Car même fermée, les lixiviats continuent à produire et à couler. Normalement le lixiviat doit être pompé pour que le niveau reste inférieur à 1 m au plus bas de la décharge. Qui assurera ce pompage quand elle sera fermée et que deviendront les lixiviats ?
Que deviendront-ils pendant l'exploitation ? La SITA nous dit qu'ils seront traités (environ 6 camion par jour) hors du site mais en attendant où seront-ils stockés ? Comment empêcher les odeurs nauséabondes de ces bassins de se répandre ? Les camions les transportant peuvent devenir de véritables bombes chimiques roulantes !!!
Ils doivent être traités dans des usines spécialisées, il n'y en a pas à proximité. Que vont-ils devenir ?

Dans l'exposé fait par la SITA, il nous a été dit qu'il n'y aurait pas de pompage car nous sommes en vallon, que le recueil se ferait par gravité uniquement car peu d'apport d'eau.
Mais que se passera-t-il s'il y a de fortes pluies comme nous en avons eu ? Le drain se bouchera et débordera, les géomembranes craqueront sous la pression comme c'est déjà arrivé dans plusieurs sites de ce type.

Pour tous ces dangers, je ne peux, ni en tant que professionnel de santé, ni en tant qu'individu, mère de famille approuver un tel projet.

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