Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint- Ponais ?
 

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Communiqué de l'Association Patanares
Opposition au projet SITA de Riols :
de la révolte légitime à la création d'une méthode alternative proposée aux élus

(12 juin 2004)

Incités à la révolte par le côté obscur de la (prétendue) "transparence" et l'étroitesse de vue des élus, les opposants à la SITA poussent aujourd'hui ceux-ci vers leurs solutions alternatives immédiatement applicables en milieu rural.
Les opposants au projet SITA (groupe SUEZ) de centre de stockage de déchets ultimes sur la commune de Riols, en plein cœur du Parc Naturel Régional du Haut Languedoc, envisagent sérieusement de porter plainte pour "incitation à la révolte".

Porté au départ à bout de bras par le maire de St Pons, devenu depuis opposant, ce projet est aujourd'hui battu en brèche sur tous les fronts. Un an et demi de manifs en tous genres, qui sont même devenues hebdomadaires, voire quotidiennes ces derniers temps : Blocage du site Carayon à St Pons (lieu d'implantation prévue), du site de Lambert - SITA à Narbonne, d'un TGV, barrage sur la RN112 à de nombreuses reprises, 2 opérations escargots, 2 manifestations géantes en 2003 avec à chaque fois plus de 2000 participants à St Pons (autant que d'habitants !..), une troisième aujourd'hui. Mais aussi, 30 manifestations plus modestes en semaine dans cette même ville, plus 2 à Montpellier, 2 à Béziers, 4 concerts - repas, des délégations en tous genres, et des pétitions bien sûr : 4 300 signatures pour la première, la deuxième est en cours. Sans compter la pression constante sur les élus à l'occasion des meetings électoraux ou autres.

Depuis le 28 avril dernier, les plus actifs des militants ont réussi à dissuader SITA d'ouvrir son bureau de propagande (devant la gendarmerie de St Pons), en organisant devant cette "vitrine" une présence quotidienne en relais pendant 6 heures chaque jour ouvrable.
Un recours administratif a de très bonnes chances d'aboutir, vu les incohérences, anomalies, tricheries et mensonges découverts dans le dossier des promoteurs, qui n'ont toujours pas répondu au mémoire déposé au tribunal, passé le délai prévu de 2 mois.

Tous les élus, rappelons le, ont fini par prendre position contre le projet (vote unanime du Conseil Général). Mais la pression financière (les ordures ménagères Héraultaises sont aujourd'hui envoyées jusque dans l'Yonne) fait que certains élus éloignés du site ne verraient néanmoins pas d'un si mauvais œil l'ouverture de ce centre… qui n'ouvrira jamais. Le maire de Riols, lui, a refusé le permis de construire pour les installations bâties. Et SITA n'a toujours ni l'accès principal, ni l'accès pompiers obligatoire. Les propriétaires des terrains, par honneur et conscience, ont refusé de folles offres d'achat de la multinationale, déguisée en touristes pour l'occasion.
La population ne manque pas de raisons de s'opposer à cette implantation :
- La pollution assurée des eaux souterraines, classées "aquifères patrimoniales" - le site étant sur une faille reconnue - de même que les eaux de surface en cas "d'épisode cévenol", comme récemment à Narbonne (SITA/Lambert)
- Une circulation routière déjà difficile qui ne pourrait qu'être aggravée par la noria des camions bennes venus des 2/3 du département sur les D907, D908 et la N112. Cette dernière déjà particulièrement accidentogène, comme en témoigne croix et fleurs sur les bas côtés. Sans parler du parfum des camions, tant pour les riverains que pour les touristes en quête de montagnes et d'air pur, qui devraient monter le Poussarou entre deux bennes à ordures.
- Les effluves nauséabonds de la méga-décharge atteindraient St Pons, située à moins de deux kilomètres, sous le vent "marin", soufflant statistiquement 90 jours par an. Les dioxines, véritable cauchemar sanitaire, prendront le même chemin et seront retenues sur la ville, piégées par la barrière naturelle du Somail.
- Des atteintes directes à la nature environnantes : Plastiques envolés, échoués dans la garrigue, arrivée de goélands et autres "déchètivores", sangliers très vraisemblablement contaminés par voie de charognes chargées de raticide. Les chasseurs sont parmi les plus fâchés, dans des communes où l'on tue 5 à 700 sangliers par an.
- Le risque couru de voir l'économie locale (grandement dépendante du Parc, du tourisme vert, de la chasse et d'une petite agriculture orientée vers le "bio"), sombrer en même temps d'ailleurs que la valeur de l'immobilier local, terre ou bâti.
- La disproportion du projet par rapport aux besoins. Les Hauts Cantons produisent 15 000 tonnes d'ordures ménagères par an, or la SITA, dans son délirant projet, voudrait enfouir 75 000 tonnes par an. (soit 1 500 000 tonnes minimum sur les 20 années prévues). On notera que le maire de St Pons vantait en 2002 cette énorme capacité aux élus du département en même temps qu'il présentait le projet aux conseillers de sa communauté de communes comme devant seulement remplacer l'ancienne décharge de St Pons.
- La méthode proposée par SITA - enfouir tout en vrac et tout cru - est elle-même contestée, ne répondant pas aux normes et directives européennes. On a même spécialement assoupli pour ce projet la notion de déchets ultimes, déjà très malhonnête puisque fondée sur des critères économiques et non techniques. Le tout en contradiction avec le schéma départemental initial et un arrêté préfectoral de 2002. Tout en vrac dans le même trou = lixiviats (jus hautement toxiques de poubelle) et biogaz (émanations extrêmement toxiques). D'autres solutions existent, nous le savons maintenant.
- Enfin, le déni de démocratie et le côté très obscur de la "transparence" partout proclamée sont pour beaucoup dans la révolte. Les procédures administratives sont apparues pour ce qu'elles sont : un écran de fumée. 700 pages de contributions citoyennes parfois très techniques (pour certaines) car écrites par des ingénieurs de compétence supérieure à celle du commissaire enquêteur, ont eu moins de poids auprès de ce dernier que les fausses réponses laconiques de la SITA. Le préfet Idrac, dont l'épouse est au MEDEF, tendance droite dure et trop content de voir s'embourber le député maire de gauche désavoué, n'a pas hésité à se montrer juge et partie, en fabriquant par sa propre voix une majorité de circonstance (8 contre 7) à un Conseil Départemental d'Hygiène où auraient dû siéger 26 personnes. La contre-expertise promise n'a pas été faite. Celle du Bureau de Recherches Géologiques et Minières n'a porté que sur le seul aspect géologique et contredit d'ailleurs les propos d'autres experts au plus haut niveau... du même BRGM.
Tout ce que nous vivons ici, localement, est le fruit d'un phénomène global. L'immobilisme de nombreux élus, par lâcheté ou étroitesse de vue, laisse d'autres plus ambitieux, ou plus haut placés, décider en toute discrétion l'abandon des services publics aux multinationales du privé. Lesquelles sont intéressées, non par la réduction des déchets à la source et par le recyclage, mais par l'accroissement de tous les volumes.
La rentabilité de ces géants a pour prix tous les manquements à la sécurité possibles, les C.L.I.S. et autres organismes ne servant que de caution et n'ayant aucun vrai pouvoir de contrôle. L'avenir à long terme, SITA/SUEZ s'en fout. C'est le public, les contribuables donc qui paieront les pots cassés de la pollution. Nous le savons assez aujourd'hui : SITA fuit, SITA pue, SITA pollue partout. (Nous vous invitons à consulter le site www.decharge34.com pour vérification sur ce sujet) le scandale "Tanarès" illustre donc parfaitement l'incohérence globale face aux problèmes environnementaux. Le manque de vraies réflexions laisse toujours la place aux multinationales, reines de l'inconséquence et adeptes du " Après nous le déluge ".
Devant ce triste constat, nous avons agi "local". Nous avons réfléchi à l'évidence qu'on ne peut pas être contre un projet sans en avancer un autre et nous proposons aujourd'hui une exemplarité exportable. Rappelons ici qu'un Parc Naturel Régional a justement vocation à exemplarité.

La méthode alternative, appelée Compostage Rustique®, que nous proposons doit s'accompagner de mesures rigoureuses en amont (que nous revendiquons auprès des responsables concernés) et dont les principales sont la réduction des déchets à la source (suremballage) et la collecte efficace de déchets toxiques. Ce procédé innovant de traitement de la poubelle grise brute par compostage est issu d'un long travail basé sur une expérience effectuée par des professionnels. L'idée fondamentale est le principe de "Zéro décharge". Pour réaliser ce projet et supprimer les ordures ménagères, il ne manque plus, à l'heure actuelle que le feu vert et l'appui des élus conscients que Tanarès ne se fera pas et qu'il faut néanmoins arrêter d'exporter nos déchets hors du département ! Tout le monde y gagnera (sauf SUEZ mais nous ne pleurerons pas sur le sort de ce groupe).
Le Compostage Rustique® c'est :
- Réduire le coût global du traitement et du transport des ordures ménagères,
- Réduire au maximum le stockage des ordures ménagères,
- Valoriser au mieux les matières premières contenues dans les ordures ménagères,
- Réduire la consommation d'énergie fossile,
- Supprimer totalement les éléments polluants issus des ordures ménagères,
- Ne stocker que des déchets vraiment ultimes.
- Une solution de proximité, moins de camions sur les routes (pollution, accidents)
- Pas de lixiviats, pas de biogaz, pas de dioxine, pas d'odeurs
- Après compostage, tamisage et sur-tri d'affinage, la masse est réduite de plus de 50%, avec d'un coté un compost stabilisé (que l'on peut utiliser ou stocker sans danger de pollution) et de l'autre des balles de matières à fort pouvoir calorifique que l'on peut stocker sans danger de pollution et qui pourront être utilisées comme combustible en substitut des énergies fossiles en voie d'épuisement.
- La transformation des ordures ménagères en matière totalement "inertisée".
- Un procédé immédiatement applicable.

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