Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?

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Délégation à la sous-préfecture
le lundi 27 octobre 2003 à Béziers

Une action avait été décidée en direction du sous-préfet de Béziers, en raison des promesses qu'il nous avait faites de transparence et de concertation sur la contre- expertise, et que le préfet n'a pas tenues.

Une forte délégation est arrivée en milieu de matinée à la sous-préfecture. Elle a été accueillie par les médias (journaux et radio). Une petite conférence de presse a été donnée dès cet instant et un communiqué a été remis.

Le sous-préfet était absent, mais, prévenu par téléphone, il a fait dire qu'il nous recevrait à son retour, à 15 H 30.

L'après-midi, dès 15 H, il était prêt à nous recevoir, d'abord seuls, puis avec la presse. Nous avons signifié que notre désir était d'être accueillis d'emblée avec la presse. Un bras de fer à ce sujet a duré un bon moment jusqu'à ce que le sous-préfet descende dans le hall pour dire, en présence de la presse, qu'il ne l'acceptait pas dès le début. Il a ajouté que l'association recevrait très vite les documents qu'elle réclamait, la semaine prochaine, dès que le préfet aurait pris sa décision. Il s'y engageait personnellement.

L'entretien a commencé par une déclaration de notre part concernant l'absence de transparence, le fait que ce qui s'était passé pendant l'été, ce n'était pas une contre- expertise du BRGM, mais une étude faite par la SITA, que nous n'avons pas pu surveiller, contrôler, contrairement à ce qui avait été promis par lui, le sous-préfet.
Par ailleurs, le préfet ignore tout des travaux du SMO. A chaque intervention de notre part, pas la moindre réponse. Ses chiffres, concernant en particulier la circulation routière, sont erronés...

A suivi une longue discussion pendant laquelle nous avons à nouveau développé nos arguments. Le sous-préfet nous a dit qu'il était intervenu, que, pour cette raison, les nouveaux sondages avaient été faits à plus de 50 mètres de profondeur, qu'il ne comprenait pas l'attitude de la SITA qui avait refusé la création d'une station d'épuration sur le site et qui ne retient pas la stabilisation organique. Il a assuré de nouveau que nous aurions les documents très vite....

Nous avons indiqué que nous ne comprenions pas que le préfet s'obstinait sur un projet incohérent et dangereux. Le préfet tient à l'accepter, c'est flagrant. Cette complaisance nous paraît suspecte.
Le sous-préfet nous a dit d'attendre ce que contiendrait l'arrêté, que le préfet venait de recevoir le dernier rapport du BRGM et qu'il allait passer l'après-midi à l'étudier. Il a ajouté que les solutions autres étaient insuffisamment ficelées et qu'elles ne seraient pas prêtes à accueillir la grande masse de déchets prévues dès janvier prochain.

Nous lui avons alors rétorqué qu'elles pouvaient être prêtes aussi rapidement que la "solution" SITA, ce d'autant plus qu'elle a de fortes chances de s'embourber par suite de notre recours en justice. Il vaudrait mieux pour le préfet aider les projets en cours du SMO et se mettre, tout de suite, à travailler sur autre chose. Le préfet est responsable de l'ordre public. Une mauvaise décision pourrait être à l'origine de troubles importants. Il ne règlera pas son problème sans accord avec la population.

Nous avons réitéré l'existence de projets alternatifs, en particulier celui de notre commission Alter-Déchets. Le sous-préfet a estimé que c'était intéressant et qu'il nous conseillait de continuer dans cette voie : conformémént à la loi du marché, cette solution, plus économique, pouvait tarir l'"approvisionnement" de la SITA !

Au contraire, avons-nous affirmé, les entreprises privées font ce qu'elles veulent et peuvent accueillir les déchets industriels venant de partout et, par dérogation (facilement obtenue), le tout-venant des déchets. Le danger pouvait être plus grand.

A la sortie de cet entretien, notre intervention a été reprise par notre président. Et l'initiative a été prise par les journalistes qui ont posé des questions sur les promesses non tenues de transparence, d'intégration de Patanarès à l'étude "indépendante" prévue...

Le sous-préfet n'avait évidemment pas de réponse satisfaisante et a fait ce qu'il a pu pour s'en tirer le moins mal possible. Le pouvoir réel est entre les mains du préfet et toute la pression que nous avons pu faire sur le sous-préfet ne pouvait aboutir à la communication immédiate des documents que nous réclamions. De plus, le rapport le plus important, le plus récent, venait seulement d'arriver sur le bureau du préfet. Force nous était d'attendre quelques jours, notre action ayant eu pour résultat d'accélérer la communication de l'ensemble des documents. Pour le reste de ce moment devant la presse, il vaut mieux se reporter aux journaux.

Notre but était de faire parler de notre association, d'être présents sur les médias, de peser sur le préfet.
Ce but a été atteint.

DECHETS : Projet de décharge de Riols
Patanarès s'invite à la sous-préfecture

article paru dans Le Midi Libre du 28/10/2003

La délégation est arrivée dans l'idée de mener un coup de force. Elle est repartie avec... une nouvelle promesse

"Aujourd'hui (hier, NDLR) nous sommes à la sous-préfecture de Béziers pour réclamer la communication de ces documents et nous ne quitterons les lieux de notre plein gré qu'après avoir obtenu satisfaction de notre légitime demande."
Une douzaine de personnes représentant l'association Patanarès, forte de 1 300 adhérents, est arrivée vers 10 h 30, bien décidée - semblait-il - à ne sortir qu'après avoir obtenu les documents promis par Alain Koegler, le sous-préfet, lors d'une précédente réunion, dans le cadre de l'étude du projet de création d'un centre de stockage de déchets ménagers au lieu-dit Tanarès, sur la commune de Riols.
"Le sous-préfet de Béziers s'était engagé à ce qu'on puisse suivre les contre-expertises demandées et réalisées par un bureau d'étude indépendant. En fait, il n'y a eu que des études complémentaires et sous contrôle de Sita-Sud, soit le promoteur du projet actuel", indique André Pruneddu, le président de Patanarès.

Photo P. SALIBA
Hier, une nouvelle entrevue pour... pas grand-chose
L'association réclame notamment les résultats de la première analyse effectuée par le Bureau de recherche géologique et minière (BRGM). "Nous n'avons toujours pas connaissance de ce document, même après avoir saisi la commission d'accès aux documents administratifs", précise le communiqué.
André Pruneddu reproche encore à Francis Idrac, le préfet de l'Hérault, de n'avoir aucune écoute pour les solutions alternatives proposées. "Nous sommes obligés de constater que les services de l'Etat semblent vouloir faire passer ce projet à tout prix."
Alain Koegler a finalement reçu la délégation, réduite alors à quatre personnes, vers 15h30. A l'issue de cette entrevue, il s'est engagé à envoyer les documents réclamés "très prochainement. Les documents qui fonderont la décision du préfet, dont la 2e contre-expertise qu'il a reçue aujourd'hui (hier), vous seront remis."
Il a d'autre part affirmé qu'après la décision du préfet, une commission locale d'information et de surveillance "musclée" serait mise en place et que Patanarès en ferait partie.

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