Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint- Ponais ?

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Courriers officiels

Lettre à M. le Préfet du 29 septembre 2004
Monsieur le Préfet,

Le projet de création d'un centre de stockage de déchets ultimes (C.S.D.U.), au lieudit de Tanarès, a provoqué une vive réaction des populations concernées devant les risques engendrés par ce genre d'installation.

Plusieurs accidents sur la route nationale 112, entre St Pons et St Chinian, ont confirmé les dangers d'une augmentation du trafic " poids lourds "...
Et un nouveau fait divers apporte la preuve de l'impuissance des pompiers devant certains types d'incendies.
Le samedi 18 septembre 2004, Midi Libre titrait en gros caractères : "Alès, ville menacée par un terrible feu".
Et, toujours en première page, ce journal ajoutait :
" Un incendie d'été a rallumé le cœur de charbon du Mont Ricateau, brûlant les arbres par les racines. "
" Personne aujourd'hui ne sait éteindre le brasier ".
" Principale crainte : la formation de nappes de monoxyde de carbone "
Plus loin, en page 13, ce journal nous apprend que ce type d'accident s'est déjà produit dans cette région et un témoin de l'époque raconte : " Ça a brûlé pendant des années ". À l'heure actuelle dans ce domaine, les efforts passés et présents des pompiers n'ont pas été couronnés de succès : "Forts de ces expériences, les autorités préfectorales - le Ricateau est propriété de l'Etat - n'ont pas de solutions-miracles à proposer… " " Et depuis, nul ne sait que faire. Laisser brûler est devenu le mot d'ordre résigné ".
Pourtant, cet incendie n'est pas sans danger pour les riverains. Pour le moment, la principale crainte est la formation de nappes de monoxyde de carbone qui est extrêmement toxique. De plus ce gaz est inodore. Par contre, " les voisins immédiats se plaignent d'odeur de soufre ". En effet, les terrils contiennent très fréquemment de la pyrite (sulfure double de fer) qui existe matériellement dans ces terrains. Le " grillage " de la pyrite est le procédé industriel qui permet la fabrication de l'acide sulfurique. Dans le cas présent, au contact de l'humidité de l'air, il se produit des aérosols très agressifs pour les voies respiratoires.
" Pour la ville c'est une catastrophe " dit le directeur de cabinet du maire de la ville d'Alès.

Ce serait une catastrophe bien plus dramatique si un incendie se déclarait dans la montagne de détritus que Sita-Sud envisage d'entasser aux portes de St Pons de Thomières.
D'abord, la tâche des pompiers serait encore plus difficile. Dans un terril, la proportion des matériaux combustibles est faible par rapport aux matériaux inertes (schiste). Dans un centre de Stockage de Déchets Ultimes, c'est exactement l'inverse. De plus, ces matériaux en putréfaction produisent des quantités importantes de méthane, le " grisou " des mineurs. En fonctionnement normal, ce gaz est récupéré par aspiration et brûlé dans une torchère. En cas d'incendie, si l'aspiration est maintenue, le feu va se propager rapidement en profondeur ; si elle est arrêtée, il se produira des émanations de méthane qui, au contact de l'oxygène peuvent rapidement devenir explosives.
Il est possible d'entreprendre des terrassements, c'est à dire des "reprises de déchets" pour atteindre les zones en combustion. Mais c'est une opération très délicate car il faut protéger le personnel d'intervention, à la fois de la chaleur et des gaz toxiques (fumées, hydrogène sulfuré). Dans la pratique, cette solution a toutes chances de se révéler irréalisable parce que les volumes de déchets à déplacer seraient beaucoup trop importants et parce que le feu progressera plus vite que les terrassiers.
Actuellement, Sita-Sud devrait apporter son aide au maire d'Alès, ce qui lui permettrait de donner la preuve de sa compétence en matière maîtrise d'incendie.

Ensuite, à St Pons, les conséquences sur l'environnement seraient dramatiques. Des études scientifiques ont montré que les incendies dans les décharges trouvent les conditions optimales pour la production des dioxines qui sont notoirement cancérigènes. Cet été, en cas d'incendie, les vents auraient accumulé sur St Pons, qui se trouve dans un fond de vallée, des produits de toxicité élevée. En effet, cette année les éoliennes installées au-dessus du site de Tanarès ont montré que pendant cette période le " marin " (vent du Sud-Est) a soufflé un jour sur deux. Cette agglomération serait devenue, pour longtemps, un piège à dioxines.
À l'issue de l'enquête publique, le risque d'incendie a été signalé par 44 opposants au projet. Dans le " mémoire en réponse ", Sita-Sud énumère les mesures de protection qui paraîtront bien dérisoires au maire d'Alès : réserve de 40 m3 d'eau, 1000 m3 de terre et extincteurs dans les bâtiments.
Sita-Sud fait preuve de la même désinvolture lorsqu'il s'agit des risques de pollution des nappes phréatiques et des cours d'eau par des fuites de lixiviats ; deux fois par an, l'exploitant doit faire une analyse chimique des échantillons d'eau prélevés dans la nappe sous le C.S.D.U. Si la pollution se manifeste, la seule consigne est l'augmentation de la fréquence des analyses. Par comparaison avec un incendie, cela consiste à appeler les pompiers non pour éteindre le feu, mais pour constater la progression du désastre et prévenir les populations concernées.
Au-delà des problèmes d'incendie et de contrôle des fuites de lixiviats, le projet Sita-Sud comporte des erreurs graves. Néanmoins, il a obtenu l'autorisation d'exploiter. Un tel laxisme est inacceptable pour les populations concernées s'il engage gravement la responsabilité de tous les protagonistes de cette affaire.

Nous vous prions, M. le Préfet, d'agréer l'expression de notre respectueux dévouement.

Association Patanarès
Lettre à M. le Préfet du 16 octobre 2003
Monsieur le Préfet,

Vous allez d'ici peu prendre une grave décision quand à l'avenir de notre région des Hauts Cantons et du Parc Naturel Régional.

L'association Patanarès a clairement démontré les dangers liés à ce projet. L'association a clairement démontré les mensonges et les falsifications de ce dossier. L'association a clairement démontré l'aberration d'accepter un procédé d'enfouissement sans traitement préalable (stabilisation), hors la loi, avant même son autorisation.

La réalité du terrain démontre que les risques routiers ne sont pas un leurre : l'accident du camion d'acide du 15 septembre et celui contenant des ballots de laine sont des graves avertissements. Que va-t-il se passer avec une augmentation de 12% du trafic sur ces routes dangereuses et saturées ? La réalité du terrain montre que les quantités de pluie en 24 h ont été sous-estimées : ce lundi 13 octobre, il est tombé 191mm d'eau de 4 h du matin à 11 h. Nous n'avons eu à déplorer que quelques glissements de terrain, entre St Pons et Olargues, mais si le centre d'enfouissement avait été en exploitation ?

Monsieur Pappalardo, hydrogéologue, au journal de 13h, sur FR3, édition Languedoc, le 9 octobre, précise que l'urgence "n'est pas de trouver de l'eau, mais de préserver les réserves existantes". L'évidence de la mise en danger de cette réserve patrimoniale localisée par le BRGM est sans conteste.
Même si, vu de Montpellier, la décision de l'annulation de la fête de la châtaigne est un épiphénomène, elle n'est que les prémisses de beaucoup d'autres pertes économiques plus graves encore.

L'association ne peut accepter ces nouveaux sondages qui ne sont que des compléments d'études réalisés, comme précédemment par Gester pour la Sita-Sud, sans aucun contrôle des associations ou organisme d'état indépendant.
A l'heure où la préservation de l'environnement est présentée comme un devoir citoyen, dans la charte que propose le Chef de l'état, nous, citoyens, nous n'accepterons, en matière de traitement des déchets que des enfouissements après stabilisation organique géré par un organisme public (comme le Syndicat Mixte) respectant le principe de proximité de 3 ou 4 cantons.
La Présidente du Parc vous a demandé un rendez-vous où nous devons l'accompagner, pour vous présenter les seuls projets acceptables dans un Parc Naturel Régional qui a vocation d'exemplarité.

L'évidence des dangers et du désastre économique lié à ce projet doit vous amener à appliquer le principe de précaution et à refuser l'autorisation d'exploiter. Dans le cas contraire, nous attaquerions bien sûr votre décision auprès du Tribunal Administratif.
Nous connaissons l'origine et les responsables initiateurs de ce projet, mais cela ne vous défausse pas de vos responsabilités. Toutes les collectivités, les institutions, les organismes se sont prononcés contre ce projet et vous ne pouvez pas de pas en tenir compte.

Nous vous prions, Monsieur le Préfet, d'agréer l'expression de nos très respectueuses salutations.

Pour l'association Patanarès, le Président, André Pruneddu

Pièce jointe : historique du projet
Copie à Midi-Libre
Lettre au Président de la Chambre d'Agriculture de l'Hérault
16 àctobre 2003
M. Jacques GRAVEGEAL
Président de la Chambre d'Agriculture de l'Hérault
Mas de Saporta
34 970 LATTES Cedex

Monsieur le Président,

Nous venons par la présente lettre vous demander de saisir le Préfet de l'Hérault sur le projet Tanarès. Si une décision préfectorale venait à autoriser ce projet, l'agriculture sera la première a en subir les lourdes conséquences.

Le créneau de marché qu'a majoritairement choisi notre région est sur la qualité des produits. Un grand nombre des exploitants agricoles de la région du Saint Ponais font partie du réseau "Bienvenue à la Ferme", l'image qu'ils véhiculent serait anéantie.

La population agricole de tout horizon a une attente forte. Elle souhaite un positionnement stratégique de la Chambre d'Agriculture pour empêcher ce projet. Nous comptons donc sur votre compréhension pour mener à bien cette défense de notre agriculture.

Nous vous joignons pour information un historique du projet Sita-sud.

Comptant sur votre appui, recevez Monsieur le Président nos sincères salutations.

Pour l'association Patanarès, le Président, André Pruneddu
Lettre au Comité d'Organisation de la Fête de la Châtaigne

à Monsieur Bruno GOYDADIN

Monsieur,

Suite à notre rencontre du lundi 22 septembre 2003, nous vous communiquons notre accord pour la rédaction d'un communiqué commun, qui serait diffusé avant la fête de la châtaigne, pour exprimer notre refus de projet de décharge SITA SUD et notre volonté de voir se dérouler dans les meilleures conditions la fête de la châtaigne chère à tous les habitants des Hauts Cantons.
L'association PATANARES s'engage à tenir un stand d'information et à ne pas perturber les festivités.

Nous vous proposons un projet de communiqué :

"Le Comité d'Organisation de la Fête de la Châtaigne et l'association Patanares font savoir à tous les habitants des Hauts Cantons leur commune opposition au projet de décharge de SITA SUD et leur soutien aux projets alternatifs du Syndicat Mixte de l'Ouest.
Ce projet présente en effet des menaces pour les réserves en eau et l'environnement. En plus des inévitables odeurs, envols de plastiques et proliférations d'oiseaux, il porte atteinte à l'image de notre région, qui est celle d'un espace naturel préservé, et constitue une menace pour l'économie locale.
Ces dangers sont la cause d'un rejet unanime du projet par la population et par l'ensemble des collectivités : Communes, Communauté de Communes, Parc Régional, Office de Tourisme, Association de parents d'élèves, Chambre d'Agriculture, INAO, ...etc.
La Fête de la Châtaigne est un moment festif et convivial important pour la population. La menace que le Préfet fait peser sur notre région ne doit pas empêcher le bon déroulement d'une festivité traditionnelle qui compte dans la vie sociale des Hauts Cantons.
Nous nous engageons ensemble à oeuver pour qu'il en soit ainsi.
"

Nous avons bien compris votre préoccupation dans le cas où le Préfet donnerait un avis favorable au projet, juste avant la fête, et votre souhait de l'annuler dans un tel cas.
Avec nos sincères salutations.
Riols le 23 septembre 2003, Pour PATANARES, André Pruneddu
Lettre au Préfet du 25 septembre 2003
Monsieur le Préfet,

Nous avons l'honneur de porter à votre connaissance des éléments nouveaux qui militent en faveur du refus du projet SITA :

Nos analyses concernant la circulation routière sur la voie d'accès à Tanarès se trouvent confortées par l'accident spectaculaire survenu le 18 septembre dernier : un camion transportant des fûts d'acide est tombé dans le ravin, entraînant une pollution grave de la rivière se jetant dans l'Orb (voir les articles ci-joints).

La pluie diluvienne du 22 septembre s'est opportunément abattue plus tard. Que se serait-il passé si un épisode "cévenol" était survenu dans le même temps ? SITA-Sud a gravement sous-estimé ces risques (voir notre étude ci-jointe).

SITA-Sud a invité les Saint-Ponais à visiter son site "modèle" des Pennes-Mirabeau (visite, nous le savons, préparée pendant des semaines). Vous trouverez ci-joint des documents émanant des riverains de ce site, montrant aux Saint-Ponais ce que SITA leur prépare.

Enfin, pour justifier l'acceptation du projet Tanarès, on peut être tenté d'avancer l'argument de l'absence d'autres solutions. Cet argument ne résiste pas à l'épreuve des faits : le Syndicat Mixte de l'Ouest prépare activement des solutions, dont le compostage (solution économique et de mise en place rapide). (Voir courrier ci-joint).

Monsieur le Préfet, nous pensons que ce projet est inacceptable et ne peut se justifier d'aucune manière. En tout état de cause, votre autorisation engagerait sérieusement votre responsabilité personnelle.

Nous vous prions, Monsieur le Préfet, d'agréer l'expression de notre très respectueux dévouement.

Pour l'association Patanarès, Le Président, André Pruneddu

Pièces Jointes : 4
- Documents Pennes-Mirabeau
- Commentaire sur les épisodes cévenols
- Copie de la lettre du Syndicat Mixte
- Articles journaux (pollution des eaux)

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