Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint- Ponais ?
 

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Inauguration du collège d'Olargues :
le sous-préfet de Béziers reçoit une délégation Patanarès

le lundi 10 février 2003 à 16h


ENVIRONNEMENT Sursis pour la décharge de Tanarès
Une nouvelle expertise du site de Tanarès est prévue
Article paru dans La Dépêche édition du Tarn du 11/02/2003 "Je peux simplement vous dire aujourd'hui que le préfet arrêtera dans les jours à venir la création d'une commission locale d'information. J'en assumerai la présidence. Elle sera composée d'élus, des services de l'Etat concernés et de représentant d'associations. Le premier travail de cette commission sera de sélectionner un cabinet d'experts qui effectuera une nouvelle expertise du site. Nous sommes je crois appelés à nous revoir assez souvent". C'est par ces quelques mots, qu'hier, le sous-préfet de l'Hérault Alain Koegler a conclu l'entrevue qu'il a eue avec une dizaine de membres de l'association Patanarès, opposés au projet de décharge sur la commune de Riols.
Il est vrai que dans les hauts cantons de l'Hérault, la mobilisation des opposants au projet ne faiblit pas. Et hier encore, près de cent cinquante personnes ont assuré le comité d'accueil des personnalités, à l'occasion de l'inauguration du collège d'Olargues. Mais une fois le ruban coupé, le sous-préfet et le député, conseiller général et maire de Saint-Pons Kléber Mesquida n'ont pas vraiment eu le temps d'évoquer les questions d'éducation. Leurs interlocuteurs d'un jour voulaient en savoir plus, surtout après l'annonce faite enfin de semaine dernière, comme quoi le commissaire enquêteur avait donné un avis favorable au projet.

L'ÈRE DE LA CONCERTATION EST OUVERTE
Tour à tour les représentants de Patanarès allaient prendre la parole, ici pour dénoncer "la démocratie flouée" et, là "une véritable mascarade d'enquête publique", plus loin "un projet à la faillite programmée" ou encore le "manque d'objectivité du bureau d'études qui a réalisé les investigations, lequel était payé par le promoteur du projet : Sita-Sud".
Kléber Mesquida relevait à son tour : "J'ai écrit au préfet pour lui demander la mise en place d'une nouvelle expertise. En réponse il m'a été dit 'que des études avaient déjà été effectuées'. Inutile de vous dire que cette réponse ne me convient pas et qu'elle me blesse. J'ai ensuite transmis un message à la ministre de l'environnement et depuis un mois j'attends sa réponse. Demain, je vais à nouveau la solliciter. C'est sûr que l'on ne peut accepter de mettre en danger les générations futures et là dessus, tous les élus de la vallée sont d'accord." Hier à Olargues, certaines personnes demandaient même à tous les maires concernés de démissionner. Il ne sera peut-être pas nécessaire d'en arriver là. Après la levée de boucliers des opposants, il est vrai pris par surprise, la détermination qu'ils démontrent à chaque "sortie", on entre désormais dans l'ère d'un vrai examen du projet. La CLI même si son avis n'est que consultatif, sera écoutée par les services de l'Etat et le préfet, seul maître à bord au moment de la décision. Si le préfet a proposé la création de cette commission, ce n'est pas pour signer immédiatement l'avis du commissaire enquêteur, faisait remarquer Alain Koegler qui visiblement semble vouloir prendre à bras le corps ce dossier. Le géographe de formation et le passionné de géomorphologie qu'il est, ne pouvait passe dérober face à un crucial problème d'environnement.
Robert ROSSIGNOL

MANIFESTATION - Le collectif Patanarès a interpellé Alain Koegler
Avec du cœur et de la raison
article paru dans Le Midi Libre du 11/02/2003

Tels sont les éléments que le sous-préfet veut introduire dans le dossier
Profitant de l'inauguration du nouveau collège d'Olargues sur laquelle nous reviendrons dans l'une de nos prochaines éditions, 150 à 200 personnes du collectif Patanarès, ont protesté, hier après-midi, contre la décision du commissaire-enquêteur de donner un avis favorable à l'exploitation d'une vaste décharge, près de Riols.
Derrière les pancartes "Mensonges, trahisons, manipulations sont les devises de notre canton" ou "Projet accepté, patrimoine sacrifié", les manifestants ont interpellé de façon somme toute courtoise, le sous-préfet de l'arrondissement de Béziers, Alain Kœgler, ainsi que le député-maire de Saint-Pons, Kléber Mesquida. A la faveur d'une réunion de travail improvisée, tous deux ont pris l'engagement d'intervenir auprès du préfet de l'Hérault, Françis Idrac, afin que soit constituée, sans plus de délais, une commis-sion locale d'information.
Composée de représentants de l'Etat (Ddass, Equipement, services de l'Environnement, direction de l'industrie et de la Recherche...), d'élus (communes de Saint-Pons, Riols, Pardailhan) et de délégués d'associations représentatives (Patanarès, Attac, Confédération paysanne...), cette commission locale d'information devra répondre à ce qu'Alain Kœgler a appelé "une culture commune".
"Dans ce dossier, j'ai le sentiment qu'on a peut-être mis la charrue avant les boeufs. Aujourd'hui, on a le tiercé dans le désordre, là où l'on gagne le moins. Dans le respect de nos opinions et l'écoute mutuelle, nous devons nous construire une culture commune, en prenant le temps qu'il faudra. Pour une décharge qui doit être opérationnelle des dizaines d'années, nous ne sommes pas à six mois. Nous devons travailler avec le coeur et la raison", a affirmé Alain Kœgler. Sans perdre de vue, pour autant, l'intérêt général qui voudra - si la décharge de Tanarès s'impose - que cet équipement réponde à toutes les normes en vigueur (à commencer par le tri sélectif préalable), préserve l'environnement pour les générations futures et s'inscrive dans une logique de développement durable. Et d'affirmer, sur un ton qui se voulait volontiers rassurant, même s'il n'a vraisemblablement pas convaincu tous les opposants: "Si ce projet est mauvais, je serai à vos côtés pour le dire."

En attendant, Alain Kœgler, géographe de formation, va imposer à la société Sita-Sud, porteuse du projet, de fournir une expertise financière affinée et de réaliser une maquette détaillée des installations...
Parmi les premières dispositions que pourrait adopter la commission locale d'information qui pourra, au besoin, faire appel à des consultants extérieurs, nous retiendrons la nomination d'un laboratoire indépendant et agréé, chargé d'établir une contre-expertise.
Cette proposition formulée le 7 janvier dernier par Kléber Mesquida auprès de Roselyne Bachelot, ministre de l'Environnement, étant restée sans réponse, elle sera réitérée cet après-midi même, lors du débat parlementaire à l'Assemblée nationale. "Les élus de la vallée du Jaur sont déterminés à engager une bataille juridique sur tous les fronts" , a commenté, pour sa part, Kléber Mesquida. S'il n'est pas allé, comme les militants de Patanarès, jusqu'à mettre en cause "la partialité" du commissaire-enquêteur qui aurait affirmé à trois reprises s'opposer au projet avant de changer d'avis et dénoncer les "manipulations" dont les opposants auraient été l'objet, le député-maire de Saint-Pons a émis des réserves quant à "son niveau de technicité". Des faiblesses qui pourraient s'avérer lourdes de conséquences lorsque l'on sait que cette décharge à vocation départementale serait aménagée sur des terrains instables, parcourus par des réseaux aquifères desservant une soixantaine de communes du Saint-Chinianais et classées au titre de réserves patrimoniales. "Nous subissons une double agression : le projet par lui-même, puis la façon dont on nous l'impose. Il y a des risques considérables à aménager cette décharge à Tanarès, nous avons été bernés par la commission d'enquête", ont commenté d'une même voix les opposants. Avant de réclamer un moratoire de 6 mois à 1 an, "histoire de remettre le dossier à plat et faire fonctionner tous les rouages de la démocratie".

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