Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint- Ponais ?
 

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ENVIRONNEMENT Hier, nouvelle réunion préparatoire à la constitution d'une CLIS
Projet Sita Sud : Patanarès et la stratégie de la chaise vide ?

article paru dans Le Midi Libre du 16/04/2003

Les opposants ne veulent pas entendre parler du projet de centre d'enfouissement de Riols
La seconde des réunions informelles devant aboutir à la constitution en bonne et due forme d'une Clis (commission locale d'information et de suivi) consacrée au projet Sita Sud de centre d'enfouissement des déchets au lieu-dit Tanarès (commune de Riols, près de Saint-Pons), s'est déroulée hier après-midi en sous-préfecture.
Que retenir de cette table ronde associant services de l'Etat, élus et associations mobilisées en faveur de la défense et de la promotion de l'environnement et du cadre de vie, sinon qu'elle a révélé la différence de stratégie entre ceux qui ont en charge l'examen de ce dossier...et ceux qui ne veulent pas en entendre parler, même du bout des lèvres. Préférant travailler aux côtés du syndicat Ouest-Hérault d'élimination des déchets, à la recherche de solutions alternatives "moins risquées pour l'environnement et moins onéreuses", qui pourraient passer par l'aménagement, d'ici 2006, de trois sites d'enfouissement plus modestes, répartis sur l'ensemble du territoire. Au cumul, ils pourraient accueillir quelque 300 000 tonnes de déchets domestiques - soit les volumes de tout l'ouest du département - sous réserve de sondages plus précis. "Le projet Sita Sud n'est pas acceptable. Nous avons étudié leur dossier dans les moindres détails et nous ne souhaitons pas nous asseoir à leur table. Ce serait admettre que cette société puisse imposer son projet avec quelques aménagements qu'elle observera ou non une fois établie. Ce dialogue ne me parait pas nécessaire, la population a posé toutes les questions qui la préoccupaient lors de l'enquête d'utilité publique, Sita Sud a répondu en se payant notre tête", a commenté André Pruneddu, président de l'association Patanarès. Comme une fin de non-recevoir (ou presque) à la proposition du sous-préfet Alain Koegler et de Michel Bozzarelli, président du syndicat Ouest- Hérault d'élimination des déchets, qui souhaitent confronter Patanarès (1 200 adhérents revendiqués), le collectif de citoyens du Saint- Ponnais et les associations environnementales à la société Sita Sud, au cours d'un grand oral programmé pour ce mardi 22 avril en matinée.
"Il n'est pas question pour nous de cautionner une telle rencontre", a ajouté André Pruneddu, qui a toutefois choisi de consulter à nouveau le conseil d'administration de Patanarès, avant de communiquer une réponse définitive. A cette occasion, sans doute, se fera-t-il l'interprète des élus et des divers services de l'Etat qui, au nom de la "démocratie et de la déontologie", estiment nécessaire - sinon indispensable - d'auditionner à voix haute le porteur de projet. Même s'il doit être malmené par ses plus farouches opposants. "Nous souhaitons entendre Sita Sud devant des témoins. La mobilisation des populations dans la rue constitue, certes, une forme d'expression, mais elle n'est pas, à mes yeux, un vrai débat. On ne peut se contenter d'informations à sens unique. Sita Sud partira de cette confrontation peut-être défait, mais la bataille aura été franche et ne se sera pas limitée à la seule hostilité de la rue", a commenté Alain Koegler, qui serait pas franchement ravi "d'être ainsi abandonné en rase campagne", après avoir été l'artisan de la concertation, le soit-elle à retardement.
Alors, les chaises de Patanarès et du collectif de citoyens seront-elles vides lors de la prochaine réunion qui interviendra seulement deux jours avant la convocation du comité départemental d'hygiène? Hier soir, à l'issue des travaux, André Pruneddu, qui a sollicité la solidarité des autres associations de protection de l'environnement, ne cachait pas son scepticisme. Redoutant deux fois plutôt qu'une de voir Sita Sud non pas soumis à un grand oral, mais à un oral de rattrapage lui permettant de réorienter son dossier pour le rendre plus présentable aux populations locales.
G.L.

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