Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint- Ponais ?
 

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Conférence de presse inter-associative

Propositions pour un autre traitement des déchets
Article de L'Hérault du Jour le 22/05/2003
Une quinzaine d'associations du département ont présenté, samedi matin, leur plate forme "pour une gestion héraultaise des déchets" qui se veut force de proposition face à une politique qu'ils jugent d'un commun accord désastreuse dans l'ensemble du département.
Les associations APPEL, APAM, Maguelone Guardiole, Patanarès, CLE Villeveyrac, CLAPE-LR, Coordination Gestion Ecologique des Déchets de l'Agglomération de Montpellier, Gardarem St Christol, Gardarem St Genies, ICI-ROM, MNLE, UFC Lunel et les Mouettes Frontignan-La Peyrade sont les signataires de la plate-forme.
Leur conception de la gestion des déchets ? "Moins risquée pour notre santé et celle de nos enfants, plus respectueuse de l'environnement, moins chère pour le contribuable à court comme à long terme".
Une volonté qui demande une politique différente de celle des pouvoirs publics du département, "inacceptable car les pratiques et les projets en cours comportent des risques très importants et durables de pollution grave de l'air, de l'eau (nappes phréatiques, rivières, étangs...), de la faune et de la flore sur une majeure partie du territoire, présentent un réel danger immédiat et durable pour notre santé et pour celle de nos enfants, coûtent cher au contribuable aujourd'hui et plus encore demain".
Convaincues qu'une autre politique est possible, moins risquée et moins chère, les associations demandent aux autorités compétentes de l'Hérault (Préfet, services de l'Etat et collectivités territoriales) "d'assurer leur mission et de mettre en place sans délai une politique de traitement des déchets qui aille réellement dans le sens de l'intérêt général".
Refusant les solutions industrielles lourdes et concentrées (usines d'incinération et CSDU à grande capacité) ils font six propositions (voir encadré). Bob Latapy (ICI ROM), compare le problème des déchets "à une baignoire qui déborde et qu'on écope au lieu de fermer le robinet".
Toutes les associations rassemblées se sont battues et se battent encore face à l'opacité de l'administration qui leur laisse penser que les lois ne sont pas souvent respectées en la matière. Les exemples pleuvent, venant de Lunel, Sète, du Thôt... Avec force d'exemples de ces usines qui deviennent hors normes tous les cinq ans du fait des nouvelles réglementations.
L'exemple sétois est remarquable : "Nous avons un rapport définissant la capacité du four à 6,5 tonnes par heure. Mais la circulaire Voynet oblige les fours traitant plus de 6 tonnes à être munis de filtres à dioxine. Depuis, ils ont décidé que la capacité du four est dorénavant de 5,6 tonnes !".
Une marche de sensibilisation dans le département avant la manif de samedi.
"Demain, les déchets seront le poison de l'Hérault !", annonce Robert Clavijo (MNLE). Une perspective à laquelle les associations ne peuvent se résoudre et qui guide leur combat. Une marche est ainsi partie de St Pons, samedi dernier, dont l'objectif est de sensibiliser la population tout au long de la semaine, avant la manifestation prévue samedi.
A partir de 15h, place de la Comédie, l'appel sera fort, samedi, en direction des autorités pour les conduire à prendre en compte un point de vue forgé par l'observation attentive des politiques mises en oeuvre.
Quentin LE CLEAC'H

Les six propositions :

- Une politique volontariste et ambitieuse de réduction des déchets à la source tant locale que nationale,
- Une politique de traitement des déchets qui respecte le principe de proximité, avec des zones de traitement qui ne dépassent pas 100 000 habitants,
- Une valorisation maximale des déchets à partir de collectes séparatives adaptées avec une priorité donnée à la collecte et au traitement des matières fermentescibles et des produits toxiques,
- La stabilisation organique des déchets restant après tri/collecte (poubelle grise), puis l'enfouissement de ces déchets stabilisés dans des CSDU de petite capacité,
- Une grande campagne d'information/sensibilisation de la population héraultaise sur ces bonnes pratiques de traitement des déchets,
- Une politique et des pratiques de gestion des déchets qui soient démocratiques, transparentes et strictement conformes aux lois en vigueur dans ce domaine.
Ils ont dit :

Bob Latapy (ICI-ROM)
"Le système actuel de taxes ne valorise pas ceux qui trient, il faut qu'il y ait une incitation pour une réduction des déchets dès la source".

Maurice Sarazin (ARPEL)
"A Lunel, après cinq ans de fonctionnement, l'incinérateur est déjà hors normes. Le contrôle est scandaleux, les consignes d'exploitation ne sont jamais respectées".

Robert Clavijo (MNLE)
"Alors que la priorité dans le traitement devrait concerner les déchets toxiques (produits ménagers, piles, médicaments...), seulement 4% sont traités. D'autre part, 60% des déchets sont des fermentescibles, de la matière organique. On nous propose deux types de solutions: l'incinération qui produit du gaz carbonique et la mise en décharge qui produit des jus toxiques qui s'infiltrent. C'est pourtant une matière que l'on peut valoriser sous forme de compost ou de méthane".

Jean-Paul Aubert (Maguelone-Gardiole)
"Le sol de la décharge du Thôt n'est pas imperméable. Les eaux souterraines sont polluées gravement par les jus toxiques. Il faut annuler la réouverture des jardins de Maguelone".

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