Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
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Le compostage individuel ? Pas si simple !
reçu par email - Source : le compostage individuel, guide pratique ADEME

Notre correspondant nous fait immédiatement part de ses réserves :
"Suite à l'article paru sur Midi Libre je vous adresse mes réflexions: le compost individuel s'adresse généralement aux jardiniers, agriculteurs ou personnes voulant réaliser du compost personnel,..... cette action nécessitant 4 à 8 mois. La réalisation d'un bon compost est une démarche spécifique et prenant du temps; sans cela, ce seront des immondices en container livrés à eux-mêmes et nauséabonds, attirant les nuisibles sans parler des sangliers qui mettront à mal les composteurs....
Je ne pense pas qu'une telle solution pour tous serait retenue sur nos cités côtières ou thermales à plus forte densité touristique...
Aussi une réflexion plus approfondie s'impose quant à l'avenir de la collecte et traitement des déchets avec une approche de tous les procédés existants dont les meilleurs, à priori, seraient ceux imposant un tri simplifié et 0 déchets ultimes, ce qui aurait pour effet de diminuer le nombre à venir de décharges..."

Petit guide pratique :

1- Règles de base
· Mélanger les différentes catégories de déchets
· Aérer
· Brasser
· Surveiller l'humidité
Adresses utiles :

· Humus et vie
· 25 questions sur le compostage
· compostage à domicile (Québec)
· Trucs et conseils : fabrication de compostage

2- Différentes catégories de déchets
· Déchets plutôt carbonés : tailles, branches, paille, écorce, feuilles mortes, sciure, copeaux, herbes sèches, papier, carton, etc. Ils compostent très lentement seuls, voire pas du tout s'ils sont secs.
· Déchets plutôt azotés : déchets de cuisine, tontes de gazon, pousses vertes, ... etc. Ils se dégradent très facilement et ont tendance à pourrir.
· Déchets humides : gazon, déchets de cuisine, etc. L'eau qu'ils contiennent est très utile au processus. Seuls, ils se tassent et s'asphyxient, générant des odeurs désagréables et des écoulements de jus.
· Déchets secs : branches, paille, papier, sciure, etc. Ils ne peuvent pas composter seuls.
· Déchets grossiers : taille, déchets fibreux, etc. Par leur enchevêtrement, ces matériaux structurants créent des vides dans lesquels l'air circule, facilitant ainsi l'aération. S'ils sont en excès, ils entraînent un déssèchement rapide des déchets en compostage.
· Déchets fins : déchets de cuisine, tontes de gazon, etc. Ils se tassent facilement, interdisant le passage de l'air.

Pour bien démarrer le compostage, on mélangera des catégories opposées : carbonés avec azotés, humides avec secs, grossiers avec fins. Pour réaliser le mélange, on peut soit brasser les différents types de déchets dès le départ, soit les disposer en couches minces alternées.

3- Aérer et brasser
Le compostage est un procédé de traitement biologique qui repose sur la fermentation au cours de laquelle les matières organiques sont transformées par les micro-organismes. L'activité microbienne provoque une montée en température à 30, 40 voire 60°C au coeur du tas : c'est un témoin de la transformation en compost.
Les micro-organismes ont besoin d'oxygène. Ils sont asphyxiés si l'air ne circule pas. Il est donc recommandé de brasser et de mélanger les déchets organiques pour faciliter l'aération et éviter le pourrissement des déchets. Cela est tout particulièrement important au début du compostage lorsque l'activité des micro- organismes est la plus forte.
Le brassage favorise aussi un processus régulier de transformation dans toutes les zones du tas. C'est la condition pour obtenir un compost de qualité homogène.

4- Surveiller l'humidité
Le maintien d'une humidité adéquate est nécessaire au bon déroulement du processus. Si l'humidité est insuffisante, les déchets deviennent secs, les micro- organismes meurent et le processus s'arrête. En cas d'excès d'humidité, il y a d'une part baisse de température, ce qui freine le processus de fermentation, d'autre part asphyxie et dégagement d'odeurs désagréables. Il faut donc surveiller l'humidité et intervenir à temps : arroser quand c'est trop sec, assécher quand c'est trop humide. Pour cela, on pourra étaler le compost au soleil pendant quelques heures ou le mélanger avec du compost sec ou de la terre sèche.
Déchets ligneux et difficiles à composter : si on veut composter des végétaux durs, longs et encombrants, des os et autres déchets difficiles à composter, il faut les sectionner, les fragmenter, les écraser ou les broyer. On facilitera ainsi l'action des micro-organismes. A défaut, il faut leur faire subir plusieurs cycles de compostage.

5- Tas ou composteur : que choisir ?
Il faut d'abord prendre en compte la place disponible, la quantité de déchets à composter, la proximité du voisinage, le temps à consacrer au compostage, etc. Quelle que soit la technique retenue, l'important est de bien suivre le processus de compostage.

Type de compostage Avantages Inconvénients Observations Comment choisir
Compostage en tasGrande souplesse d'utilisation.
Pas de contrainte sur le volume : on peut jouer sur la hauteur, la longueur et le nombre de tas
Interventions faciles : les déchets sont accessibles
Surveillance aisée : les déchets sont visibles.
Manque de protection contre l'action de certains animaux qui peuvent être attirés par des déchets frais et disperser les autres déchets.
Exposition aux aléas climatiques, ce qui ralentit le processus en l'absence d'interventions.
Compostage lent.
Encombrement important et esthétique discutable.
Il s'accommode mieux que les autres d'un déficit d'intervention. Le manque d'arrosage est compensé par les pluies périodiques. L'aération naturelle, souvent importante, limite l'asphyxie. L'évaporation relativement aisée combat l'excès d'eau. Vous avez peu de temps à consacrer à l'opération mais vous n'êtes pas trop pressé, vous avez un grand jardin et beaucoup de déchets à composter avec des pics de production, et vos voisins sont un peu éloignés
Compostage en bac Encombrement réduit.
Accès propre.
Moins de nuisances visuelles.
Maîtrise du compostage en le mettant à l'abri des aléas climatiques et en assurant une décomposition homogène.
Compostage rapide.
Contrainte de volume : il est courant d'y remédier en utilisant deux composteurs, voire plus, afin de prendre en compte une grande quantité de déchets.
Risques de dérives irréversibles : sécheresse, pourrissement nauséabond.
Observations difficiles.
Interventions malaisées du fait du confinement des déchets.
Avec un composteur fermé, ces avantages sont renforcés. De plus, les composteurs fermés placent les déchets hors de portée des animaux. Les risques sont cependant augmentés dans le cas de composteurs fermés. Vous avez du temps à consacrer à l'opération, vous avez un petit jardin dans un cadre très soigné, peu de déchets, mais de façon régulière, et vos voisins sont proches.

Acheter ou construire un composteur : ils sont vendus dans les grandes surfaces, les jardineries, les quincailleries. Ils peuvent aussi être proposés par des collectivités locales dans le cadre d'opérations de promotion du compostage individuel. La marque NF Environnement "composteurs individuels de jardin" apporte certaines garanties, se renseigner auprès de l'AFNOR (01 42 91 59 26).
Vous pouvez aussi le fabriquer, en bois avec des planches ou des rondins, ou avec un treillis métallique cylindrique éventuellement entouré d'une toile, d'une natte de roseaux ou d'une feuille de plastique perforée.

6- Où composter ?
Une petite zone de 2 m² est nécessaire.
Elle sera : proche de la maison, facilement accessible depuis le jardin, légèrement ombragée et à l'abri du vent.
Il faut éviter : de la placer en limite de propriété pour respecter les rapports de bon voisinage, de la mettre dans un creux où l'eau pourrait s'accumuler.
Entre le sol et le compost, on pourra disposer 5 à 10 cm de matières ligneuses pour faciliter l'aération et l'absorption d'éventuels excès d'eau.

7- Conseils pratiques
· Favoriser le démarrage du processus : une pelletée de compost ou de terre, au démarrage, facilitera l'ensemencement des déchets. De plus, mise en couverture, elle permettra de soustraire les déchets frais à la vue et à l'odorat des animaux indésirables.
· Couvrir pour protéger : une couverture peut être utile pour protéger du dessèchement par le vent et le soleil, du détrempage par les précipitations, et du lessivage des éléments nutritifs par la pluie. Utilisez de la paille ou des branchages, ou des herbes sèches, ou une bâche spéciale imperméable à l'eau mais perméable à l'air.
· Gérer les gros volumes saisonniers : certaines saisons apportent des quantités importantes d'un même type de déchets (gazons, tailles, feuilles mortes...). Les gazons peuvent être coupés fréquemment et laissés sur le sol, fanés avant compostage, disposés en surface au pied des arbres. Les tailles peuvent être stockées et compostées au fur et à mesure des apports de tontes, déchets de cuisine, etc. Si vous n'arrivez pas à gérer les flux importants, pensez à la déchetterie !
· Apprécier la maturité du compost : au bout de plusieurs mois (4 à 8, voire plus selon la méthode utilisée), le compost est mûr. Il se caractérise par un aspect homogène, une couleur sombre, une agréable odeur de terre de forêt, et une structure grumeleuse. Il est fin et friable. Les déchets de départ ne sont plus identifiables à l'exception de bouts de bois et de certains déchets difficiles à composter qu'il est intéressant de remettre en compostage.
· Bien utiliser son compost : avant maturité, il peut être disposé en paillage sur la terre, au pied des arbres ou de cultures déjà avancées. Il convient d'attendre plusieurs semaines à plusieurs mois avant de l'incorporer au sol. Compost à maturité : il peut être utilisé comme amendement organique ou comme constituant de support de culture.
Comme amendement organique, il peut être répandu en couches minces (1 à 5 litres par m²), puis incorporé au sol superficiellement par binage (sur 5 à 15 cm).
Comme support de culture, il est préférable de préparer un terreau en mélange avec de la terre car il faut absolument éviter de semer ou de planter directement dans le compost. Certaines plantes peuvent s'en accommoder (tomates, potirons...), mais la plupart ne le supporteraient pas. Un mélange (1/3 compost, 1/3 terre, 1/3 sable) est en général bien adapté aux plantes en pot.
· Le tamisage : il permet d'affiner le compost et de l'utiliser plus facilement. Un simple grillage posé sur un cadre de bois permet de séparer les éléments grossiers (bois, cailloux...). On projette le compost avec une pelle sur le cadre grillagé appuyé sur un support (mur, piquet). Les refus de tamisage sont réutilisables en paillage ou peuvent être recyclés dans le tas ou le composteur. Ils aident à démarrer le compostage et à améliorer le rapport carbone/azote.

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