Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint- Ponais ?
 

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Visite à la COVED à Vendres (34), le mercredi 7 avril 2004

Nous étions cinq à visiter cette usine de compostage sur ordures ménagères brutes mise en place par le SICTOM local et exploitée par la COVED (société privée). Cette visite avait été programmée depuis le 2 juin 2003 lors de la visite du centre Metrocompost à Barcelone A l'extérieur
Ce sont quelques sacs plastiques sur les talus qui nous indiquent que nous arrivons. Nous entrons dans l'enceinte sans contrôle. Une grille ouverte permet d'accéder, sur la gauche à la déchetterie publique et en face à l'unité de traitement. Les camions-bennes d'OM passent devant un détecteur de radioactivité et sur une pesée automatique à badges. Une haie d'arbres cache approximativement l'usine. Les plus proches voisins que nous ayons vus sont à 3 ou 400 mètres.
Près du parking à voitures, sont stockés à même le sol des balles de bouteilles plastique classées par type, des balles de boites métalliques [photo], plus loin, 500 tonnes de bois broyé et quelques centaines de tonnes d'un compost très fin et d'une couleur café invitant à se rapprocher. Au fond, quelques mouettes survolent un petit CET.
Exceptée une odeur surprenante genre vinaigre, ça ne sent pas les ordures ménagères. Notre hôte, trentenaire, tenue décontractée, vif et dynamique, se présente et nous propose de commencer immédiatement une visite qui durera presque deux heures et s'avèrera très instructive.

A l'intérieur
L'usine, composée d'un grand bâtiment (une dizaine de mètres de haut, une trentaine de large et une cinquantaine de long), est divisée en trois parties distinctes et séparées par des cloisons jusqu'au toit:
- La réception des OM
- Ouverture des sacs, tri, mise en balles,
- Compostage.
En période normale, l'usine fonctionne le matin pour les OM brutes (24 000 tonnes sont traitées chaque année) et l'après midi pour le tri des produits provenant des déchetteries voisines.
Dans un vacarme assourdissant, les tapis s'entrecroisent et se superposent jusqu'à 6 ou 7 mètres de haut dans la partie centrale de l'usine [photo].

Le fonctionnement
Une fois déchargées dans le hall de réception, les OM sont poussées par un chargeur sur un tapis pour passer dans un ouvre sacs. Les OM sont alors triées manuellement (bouteilles plastique et cartons) dans une salle spécifique [photo]. Le reste passe par un overband (tri magnétique automatique) puis dans un crible à maille de 150 mm de diamètre. Les refus sont mis en balles et évacués dans le CET voisin. Les autres composants, inférieurs à 150 mm de diamètre, passent par un séparateur balistique avant d'être compostés.
Le compostage
La salle de compostage ressemble à une cuve à vin de 7 mètres de large sur une quinzaine de long sur 3 mètres de haut. Le produit à composter est broyé puis déposé en début de cuve. Il y est ajouté des déchets verts récupérés en déchetterie et broyés.
Deux vis sans fin de 3 mètres retournent en continu le mélange et se déplacent de sorte que le produit entrant passe en trois semaines du dépotage (entrée) au ramassage (sortie) [photo]. Un système d'aération par le sol (invisible et imperceptible) permet un compostage en aérobie. Le produit obtenu de couleur brun foncé est apparemment plus que correct et ne sent absolument pas. Ce compost passe ensuite par un séparateur balistique avant d'être affiné par un crible de 15 mm de diamètre. "Les analyses sont bonnes" : le produit obtenu est soit donné soit vendu [photo]. Il n'est donc pas du tout stocké en CET.
Cette partie de l'usine est la plus propre et la seule odeur perceptible est celle de l'acide dégagé par la fermentation. Je répète : ça ne sent ni le vide ordure ni la poubelle. Incroyable mais vrai !
Le CET voisin
Nous sommes descendus au fond du casier du CET. Il mesure environ 30 mètres sur 30, sur une hauteur d'environ 7 mètres. C'est le troisième casier depuis l'ouverture. Les deux autres sont recouverts et on ne les distingue pas vraiment. Nous remarquons quelques plastiques accrochés au grillage de clôture mais la mise en balles limite considérablement les envols [photo].
Notre hôte est affirmatif : pas de biogaz (pas d'odeurs), les lixiviats sont réinjectés sur les balles et le climat assez sec en assure l'évaporation rapide.

Les bureaux
Nous avons clos la visite par les bureaux où des écrans permettent de surveiller le bon fonctionnement de l'usine. Notre hôte nous a promis de nous envoyer par e-mail tout un tas de chiffres concernant les entrants, les pourcentages de réduction de masse, certains résultats d'analyse... etc. après consultation de son patron.
Pendant ce temps, pas moins de 7 camions bennes ont franchi le détecteur de radiation et la bascule.

Pour conclure
Il n'y a rien de comparable entre le CET que nous promet la SITA (cf. celui de Lambert à Narbonne où l'odeur épouvantable en a fait vaciller plus d'un) et ce site de Vendres, où nous nous sommes baladés sans problème au cœur même du CET.
Les seuls bémols de cette unité de traitement sont visiblement :
- La quantité, non négligeable, de fermentescibles encore contenue dans les balles stockées,
- Les conditions de travail des employés (manque de place, tri manuel, bruit, poussières...),
- La débauche d'énergie utilisée pour son fonctionnement (électricité, carburants...),
- Les difficultés en cas d'incident technique sur les machines,
- Les problèmes de surcharge en été.
Le jeune ingénieur, appuyé par la secrétaire, nous a assuré qu'aucune plainte des riverains n'est à déplorer depuis la mise en place de l'usine et que la maintenance des machines était assurée 24h sur 24.

Le compostage sur brut n'est pas un rêve ! Nous n'avions encore rien vu d'aussi efficace pour le traitement des OM brutes... et cette usine tourne depuis 1993!

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