Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint- Ponais ?
 

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Conférence sur le traitement des déchets du bâtiment
le dimanche 15 juin 2003 à 9h, à Bédarieux, salle Achille Bex

La réunion était programmée à 9h dans le cadre de la journée ECO-BATIMENT.
Mais à 9h, il n'y avait que 2 personnes comme public alors la conférence n'a commencée qu'à 9h30. Nous étions alors 7 personnes pour le public et 5 intervenants. D'autres personnes arriveront pendant la conférence dont Mr MIQUEL, président du SICTOM de la Haute Vallée de l'Orb.

En plus du conférencier, les intervenants étaient :
- un représentant de la CAPEB (groupement des artisants)
- Mr MONARD de la DDE au service de l'urbanisme
- Mr SERVAN de l'entreprise SERVAN des AIRES
- un représentant des architectes

Nous étions si peu nombreux que nous avons fait un tour de table.
Le public comprenait :
- deux architectes
- une représentante de l'association de consommateurs CLCV (Montpellier)
- un artisan
- un représentant de la mairie de Bédarieux
- deux particuliers

Début de la conférence :

La conférence a débutée par un diaporama informatique sur les déchets.
Une première définition : "un déchet est un élément destiné à l'abandon".
Le problème est de gérer cet abandon.

Les déchets inertes peuvent être utilisés dans les travaux routiers ou placés dans des décharges de classe 3.
Il a parlé de stockage de type H (inertes naturels : terre), type G (inertes presque purs), type F.
Les déchets plâtre + polystyrène vont dans des centres de stockage de classe 2 alors que plâtre + laine de roche semble aller dans des centres de classe 3.
Puis il a cité les DIS : déchets dangereux dont une liste européenne est établie (liste qui semble varier assez souvent).
Le DIB est entre le déchet inerte et le déchet dangereux.

Répartition des déchets du bâtiment Prix minimal de mise en décharge
Construction11% classe 3 :6 euros/tonne (40 F/t)
Démolition52% classe 2 :60 euros/tonne (400 F/t)
réhabilitation : construction3% classe 1 :600 euros/tonne (4000 F/t)
réhabilitation : dépose34%


Intervention de Mr MONARD :

La parole est ensuite donnée à Mr MONARD de la commission départementale Déchets Bâtiment Travaux Publics.
Cette commission est composée de 80 personnes :
- des administrateurs
- des professionnels
- des communes (syndicats)
- des maires
- SNCF, EDF/GDF, ...
- SOREMI, NICOLLIN, ...
- Fédération des magasins de bricolage
- FNAD (professionnels des déchets)
- Association CLAPE

Mr MONARD espère voir le nombre des associations participant à cette commission augmenter.
Cette commission est en train d'établir une charte pour le département de l'Hérault donnant un peu les règles à suivre pour gérer les déchets de construction.
Elle propose des engagements comme par exemple le non mélange entre inerte et DIB sur le chantier.
Elle demande au maître d'ouvrage de se préoccuper des déchets de sa construction en demandant au maître d'oeuvre d'en indiquer les coûts sur les devis.
Mr MONARD estime le prix de la gestion des inertes autour de 5 euros la tonne.
La charte n'est pas terminée et encore moins signée mais quelques conventions sont déjà mises en place comme par exemple l'autorisation donnée aux artisans de déposer 1m3 gratuit par semaine dans les déchetteries.
Je crois que la charte demande que le prix des dépôts d'inertes soit différent du prix de dépôt des DIB.
La DDE avait réalisé un document-enquête distribué aux artisans avec une enveloppe T pour la réponse mais il n'y a pas eu beaucoup de retour.

Intervention de Mr MIQUEL :

Il explique d'abord les réalisations du SICTOM :
- 2 déchetteries (Lunas, Bédarieux)
- un projet d'une troisième déchetterie à St Gervais mais Rosis va en faire une aussi ! ce qui va annuler celle de St Gervais. (ambiance dans le SICTOM)
- instauration du m3 gratuit pour les artisans.
Il y a eu un essai d'ouverture d'un centre d'inertes à Lunas mais qui a dû être fermé (je crois pour cause de dépôt de n'importe quoi) et maintenant Mr MIQUEL (maire de Lunas) doit payer pour réhabiliter cette décharge. (Il n'est pas content)
Désormais, les inertes vont soit chez SERVAN soit chez LOPEZ (à La Tour sur Orb).

Mr MIQUEL parle ensuite des ordures ménagères et du problème que cela représente.
Il parle de Tanarès en disant quelque chose comme : "Vous voyez ce qu'il en est !" d'un air de dire : "on n'a que des problèmes".
Il dit que plus personne ne veut de compost issu des OM, que l'AOC perd son label s'il utilise du compost d'OM, que même les forestiers n'en veulent plus.
Il trouve dommage d'enterrer le compost, il ne semble pas voir le gain de volume et la stabilisation organique.
Je lui ai dit que, si on collectait les déchets toxiques, le compost serait de meilleure qualité et qu'il pourrait être de nouveau utilisé en agriculture, mais il n'a pas répondu.

Intervention de Mr SERVAN :

Il nous explique comment il gère les inertes mais il ne nous a pas parlé de coût.
Il a une décharge de classe 3 à St Etienne d'Estréchoux sur une ancienne carrière et trois plateformes de transfert : une à Bédarieux, une à Lamalou et une à Béziers.
Seule celle de Béziers semble se développer.
Sur les plateformes de transfert, il refuse les chargements contenant trop de matériaux non inertes. Ensuite, par camions de 25 tonnes, il emporte tout à St Etienne où un employé trie les déchets non inertes dans des bennes que NICOLLIN vient chercher.
Au niveau des quantités, 40% vient de Béziers, 30% de FEDER Béton (BDI) à Bédarieux mais je ne sais pas si c'est 30% du total ou 30% des 60% autre que Béziers.

Intervention du représentant de la CAPEB :

Il rappelle la loi de 1975 : "tout producteur de déchet est responsable de son élimination".
Dans l'Hérault, 95% des entreprises du bâtiment sont de petites entreprises.
Il compte 800 000 tonnes d'OM et 800 000 tonnes de dêchets du bâtiment.
Il encourage le maintien du m3 gratuit en déchetterie car ce sont en général de petits volumes de déchets que génèrent les artisans (1m3 environ par semaine).
En septembre devrait paraître un guide pour les professionnels et une liste des lieux de dépôts.

Intervention du représentant des architectes :

Pour lui, il l'a dit et répété, c'est l'architecte le mieux placé pour contrôler les déchets car il peut les évaluer en volume et en demander les factures aux entreprises.
Pour lui, il faut interdire la benne unique sur les petits chantiers car elle devient vite une poubelle mélangée. Les artisans doivent donc repartir avec leurs déchets. Par contre, sur les gros chantiers, il conseille plusieurs bennes pour trier les déchets.
Mais il nous expose ses soucis car le gouvernement a sorti un nouveau code des marchés publics qui permet de passer directement par les entreprises et non plus par un architecte comme auparavant. Les architectes perdent ainsi le contrôle de la réalisation et celui des déchets.

Intervention des services techniques de la mairie de Bédarieux :

Le montant de la mise en décharge des déchets représente déjà de 5% à 7% des devis qu'ils reçoivent à la mairie de Bédarieux.
Il pose la question du problème des déchets de démolition et de la mise en place de plateforme de réception.

Intervention de la représentante de la CLCV :

Elle souligne le manque d'information des particuliers sur ce qu'ils peuvent faire de leurs déchets. Elle demande si les associations de consommateurs peuvent participer à l'élaboration de la charte.
Elle s'interroge sur les moyens de réduire les déchets à la source.
Elle parle d'un prix de reprise des emballages vides (la consigne).

Réponses apportées :

Mr MONARD répond qu'il souhaiterait une présence plus grande des associations.
Il indique que certains fournisseurs récupèrent les pots de peinture.
En démolition, il est interdit de brûler le bois sur les chantiers sauf pour le bois contenant des termites ou dans des zones à termites. Ce bois doit être par contre brûlé sur place.

Voilà ce que j'ai pu noter lors de cette réunion qui s'est terminée vers 11h15.

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