Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint- Ponais ?
 

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Comité de pilotage - Syndicat Mixte de l'Ouest par stabilisation organique
le vendredi 11 juillet 2003, Béziers, 18 heures

Sur le podium :
M. Bozzarelli Michel, président du SMO,
M. Villeneuve Claude, Sictom du Littoral,
M. Cobet Gabriel, Sictom de Béziers,
M. Donnadieu, Sictom Centre Hérault.

Les associations :
AGATHE, Bessan
ARBRE (?), éducation à l'Environnement Béziers,
CASSIOPEE, Bessan,
CLAPE-LR (R. Clavijo),
Comité Héraultais de Sauvegarde de la Nature,
Ecologistes du Caroux (Mme Coupiac),
MNLE Béziers,
Patanarès (André et Jean) et sa commission Alter-déchets (Raymond et Sylvie),
TERRE-MERE Hauts Cantons (Jean Coupiac), ... et trois autres au moins.

Dans le public :
Xavier Camps, chargé de mission auprès du SMO,
M. Cros, président du Sictom de Pézenas, Agde,
Richard Cavaillé, technicien du SMO....

Excusés :
M. Desmet Björn, de la DDAF.
M. Pla Francis, directeur du SMO, en congé.

C'est M. BOZZARELLI qui s'y colle pour les salutations d'usage.

La CLI créée par le Préfet

• M. BOZZARELLI : Elle semble faire double emploi avec le présent comité de pilotage.
• R. CLAVIJO :Le Clape-LR a demandé la participation à cette CLI de toutes les associations de l'Ouest de l'Hérault, ce qui a été refusé par le Préfet au motif que cela nuirait à son bon fonctionnement. Pourtant, au Parlement, ils sont bien plus nombreux et on ne met pas en doute leur travail, n'est-ce pas ?
Cette CLI est informelle, c'est une structure qui n'est pas prévue par la loi.
Nous souhaitons donc que le Comité de Pilotage soit maintenu parallèlement à cette CLI.

Etat d'avancement des projets de l'Ouest

• M. BOZZARELLI : le projet actuellement le plus avancé est celui de Rosis bien qu'il commence à soulever des résistances parmi la population locale. Nous travaillerons à en faire un modèle de transparence. C'est la Safege-Setiis qui est le bureau d'étude chargé de superviser l'opération.
• ANDRE : ceux qui travaillent aussi pour la Sita-Sud ?
• X. CAMPS explique d'une voix timide ce qu'est la stabilisation organique par la méthode Hantsch.
• M. DONNADIEU explique la collecte et le compostage des fermentescibles et déchets verts mis en place dans le Centre Hérault - conformément au Plan Départemental.
20 000 habitants sont actuellement collectés, 20 000 de plus le seront dès l'automne et le reste début 2004. La plate-forme d'Aspiran fonctionne depuis deux mois et pourra présenter du produit fini dans quatre mois. Ils accepteront alors des visites des associations.
• X. CAMPS : deux tests de compostage sont à l'étude dans l'Ouest, un de la société Hantsch géré par le SMO (à Pézenas ou autre) et un piloté par l'association Patanarès proposé à Rosis.
• M. BOZZARELLI : on a d'autres sites pour CSDU en vue : Pézènes les Mines où la maîtrise du foncier serait aisée mais où on doit vérifier le sous-sol, et deux ou trois autres à explorer en plaine (Cazouls, ...).
Il y aura peut-être aussi une opportunité pour des encombrants sur Pézenas.
• PEZENES les MINES : pour nous, ce n'est pas acquis côté associatif et j'ai vu le maire qui dit qu'il n'est absolument pas au courant de ce qui se trame.
• M. BOZZARELLI : c'est amusant mais nous avons eu au moins un contact en réunion et quelques coups de fil sur le sujet.
• RAYMOND : garantissez-vous l'origine des déchets sur chaque CSDU ?
• M. BOZZARELLI : c'est évidemment à définir. Par exemple, pour Rosis, je préfèrerais - personnellement - 15 000 tonnes par an pendant plus longtemps.
• C. VILLENEUVE : nous traitons 25 000 tonnes l'an dans notre secteur.
• RAYMOND : comptez-vous reprendre le principe du zonage de niveau II (où les Hauts Cantons forment une entité indépendante)?
• M. BOZZARELLI : en principe oui ! mais ça risque de dépendre des sites choisis ou possibles.
• R. CLAVIJO : les terres de notre région manquent cruellement d'éléments organiques (quasiment plus d'élevage) et de souplesse (d'où les problèmes d'inondation !) . La production de compost agricole serait très intéressante…. et il ne sera possible de respecter les normes en vigueur que si on met en place la collecte des toxiques "au plus près" de la population (une déchetterie à 15 km ne suffit pas).
L'usine de compostage de Vendres a un certain âge mais elle propose une méthode intéressante. Peut-on la visiter à nouveau ?
• C. VILLENEUVE : bien sûr, mais en octobre après le départ des touristes car ils ont trop de travail l'été.
• M. DONNADIEU : je reviens sur les toxiques dont vous parliez, M. Clavijo. La collecte - que nous faisons en déchetterie - coûte excessivement cher mais nous la continuons car elle est indispensable.
• R. CLAVIJO explique le système labellisé par l'ADEME de la "marque retour" et les actions des associations auprès des élus et des ministres pour l'intégrer dans la nouvelle loi sur les déchets qui sera débattue à l'automne.
• RAYMOND : - je demande cela sans agressivité ni ironie mais nous avons besoin de savoir puisque nous vous avons délégué notre pouvoir de décision en la matière - qu'ont fait les élus entre 92 (début de l'expérience de La Crouzette à Béziers) et 2003 ?
• M. BOZZARELLI (souriant mais un peu gêné) répond qu'ils ont travaillé et il fait un petit historique du Syndicat Mixte mais il a fallu du temps pour construire un Plan Départemental qui satisfasse les 223 communes de l'Ouest. Et dix ans, c'est à la fois long et court.
• RAYMOND : donc le SMO ne s'est pas prononcé contre Tanarès parce que tout le monde n'est pas d'accord au sein du SMO ?
• M. BOZZARELLI : exactement.
• JEAN : le site de Tanarès a été introduit après coup (en cours de procédure, après les études géologiques qui l'auraient à coup sûr rejeté) par la Safege-Setiis qui travaille aussi pour la Sita !
• ANDRE : où en est-on sur l'identification de nouveaux sites ?
• M. BOZZARELLI : ça avance mais...
Là, altercation entre André et M. Cros qui dit que Patanarès veut mettre ses ordures chez le voisin.
M. Cros : "j'aurai 45 000 tonnes sur le dos en janvier 2004" (c'est pas une raison pour les mettre à Tanarès chez le voisin, M. Cros !)
• SYLVIE : Patanarès a contacté les élus des Hauts cantons pour les inciter à la recherche de CSDU sur leur territoire et elle ré-explique l'intérêt de la proximité dans la responsabilisation des populations.
• M. BOZZARELLI : une dernière question avant de passer au point suivant ?
• SYLVIE : pouvez-vous nous préciser combien de tonnes de déchets seront enfouis à Rosis ?
• M. BOZZARELLI : 40 000 tonnes après compostage mais je vais essayer de négocier - à titre personnel - pour un maximum de 15 à 20 000 tonnes.
• SYLVIE : il faudrait pour cela composter et trier dans la vallée pour n'enfouir que des déchets sans risques et éviter les problèmes routiers en réduisant de beaucoup le tonnage annuel.

Installation de gazéification des déchets ménagers et assimilés

• M. BOZZARELLI : nous avons eu le 30 juin une réunion avec les services de l'Etat sur le sujet. L'étude est à son terme. C'est un projet porté par Solena, sous brevet américain Westinghouse.
C'est un procédé totalement innovant qui permettra une valorisation énergétique des ordures ménagères.
Seraient traitées 240 000 tonnes de déchets (moitié OM après tri mécanique du verre et du métal, moitié DIB) qui produiraient 60 mégaWatts d'électricité rachetée par EDF dans le cadre des énergies renouvelables.
Il s'agit au départ d'une expérimentation entièrement portée par l'entreprise hors la propriété du terrain qui resterait au SMO. Le dossier serait pris en charge par ANTEA (filiale du BRGM) et l'expérience expertisée à la fois par INERIS et par des ingénieurs d'EDF (du site de la Renardière qui utilise déjà une torche à plasma).
Les questions sur le fonctionnement fusent !
• M. BOZZARELLI avoue pouvoir difficilement répondre aux questions techniques mais on a des dossiers et une réunion est prévue en octobre avec les promoteurs du projet.
• RAYMOND : on est encore dans le cadre de l'industrie lourde avec soumission à Westinghouse et quasi-monopole. Quel coût et quel zonage ?
• M. BOZZARELLI : Le coût global est de 90 millions d'€ et tout l'Ouest après 50% de valorisation par tri sélectif.
• RAYMOND : Quels avantages ? Pour fournir 240 000 tonnes par an, cela va annuler tous les efforts de recyclage.
• M. BOZZARELLI : par exemple, recycler le papier/carton coûte trop cher.
• R. CLAVIJO s'inscrit immédiatement en faux et précise que, sur le plan environnemental, c'est très rentable (surtout au niveau de l'eau).
• M. BOZZARELLI : en fait, c'est General Industries qui fournirait l'essentiel des DIB avec des plastiques issus de l'industrie automobile, venant de (là c'est confus) Montpellier, Toulouse ou Toulon ?
Les DIB entrants seraient facturés à 75 € la tonne. Pour les OM, avant amortissement technique, ce serait 18 € la tonne puis ce serait gratuit voire ils paieraient pour les avoir (!)
Les déchets vitrifiés sortants représenteraient 3 à 5% (ce qui fait tout de même 12 000 tonnes à transporter et à caser) de l'entrant et les rejets dans l'atmosphère seraient ceux d'une usine à gaz classique (est-ce rassurant ? à vérifier)

La séance est levée à 21h15 … et la discussion s'est poursuivi de façon informelle autour d'un verre avec M. BOZZARELLI et M. CROS.

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