Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint- Ponais ?
 

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Alter-Déchets visite la plate-forme de compostage d'Aspiran
le jeudi 27 octobre 2004 à 10h30

Monsieur Donnadieu n'est pas là et s'en excuse. C'est un grand jeune homme, M. Piquemal, qui nous accueille, accompagné par son jeune collègue, M. Lautier.
Tous deux nous font visiter la plate-forme de compostage qui fait 8000 m² (en gros 1,5 m² sont nécessaires pour une tonne).
M. Lautier nous quittera un peu plus tard pour continuer son travail. M. Piquemal nous guidera jusqu'à midi. A l'entrée de la plate forme il y a une petite guérite et un pont bascule.
Derrière la maisonnette, il y a un espace où sont déposés les biodéchets de la collecte selective.
Nous voyons d'ailleurs un minuscule tas de biodéchets car, le jeudi, seule une petite tournée vient vider ses camions. Tous les autres camions versent leur chargement les lundi mercredi et vendredi. D'où le rendez-vous un jeudi (c'est plus calme !).
Chaque véhicule apporte 4 tonnes de biodéchets.
Le petit tas contient des sacs que M. Piquemal nous dit biodégradables. On voit quelques erreurs de tri comme une boîte de conserve, un pot de yaourt, un sac plastique non biodégradable.

Juste à côté de ce petit tas, il y a un gros tas de broyat de déchets verts. Ce broyat est en fait mélangé aux biodéchets avant d'être mis en andain dans les casiers.
Un peu plus loin, il y a un gros tas de déchets verts bruts (branches avec des feuilles ) et juste devant, le broyeur qui attend un réparateur.

Nous nous approchons du premier casier.
Les casiers sont en fait des espaces séparés par des cloisons en bois. Dans le sol de ces casiers, il y a des conduites percées des trous par lesquelles l'air est aspirée permettant d'oxygéner les déchets.
Les andains restent entre un mois et demi et deux mois dans les casiers puis ils sont sortis des casiers à l'aide d'un gros chargeur. Ils sont ensuite placés juste devant pour maturation pour une durée de deux mois. Ensuite ils sont tamisés et le compost est mis en tas, la part fermentescible du refus de tri retournant pour sa part dans le tas derrière la cabane d'accueil pour y être mélangé avec de nouveaux biodéchets.
Le reste du refus de tamisage (non compostable) est enfoui dans le CSDU de Soumont avec les autres déchets.

Revenons aux casiers.
Les casiers sont numérotés et à chaque lot dans le casier est attribué une lettre. Ainsi on peut nommer précisément les lots par exemple 2A ... ce qui permet d'avoir un suivi très précis des tas et donc une traçabilitée du compost final.
D'ailleurs pour cette traçabilitée, une feuille de renseignements très complète est remplie pour chaque déversement de biodéchets. Et lorsqu'un chargement de biodéchets est trop mauvais, il peut être refusé. On le remet dans le camion, et il part directement au CSDU.
La température dans les andains des casiers varie entre 60° et 80°.
Les 4 lots d'un casier, au bout de deux mois, deviennent un seul lot lorsqu'ils sont sortis du casier pour être mis en maturation.

Derrière les casiers, nous voyons le système de ventilation qui est un système rustique composé de tuyaux et de ventilateurs. Il n'y a pas de système sophistiqué avec électronique et c'est voulu.
L'air aspirée passe ensuite dans un filtre d'écorces de pin. C'est un grand bac en bois rempli d'écorces de pin dont il faut surveiller la température et l'humidité pour que les micro-organismes qui filtrent puissent se développer sans que les écorces ne se mettent à composter.

Après les casiers, nous regardons les andains de maturation. Ils sont juste en face du casier dont ils sont issus. Ils ont déjà la couleur bien sombre du compost.
Ils sont eux aussi repérés par un code : M1 ...

Un peu plus loin, il y a le trommel. Un andain a commencé à être passé au crible mais l'opération a été stoppée car le taux d'humidité est trop élevé dans l'andain (Il pleuvine !).
Derrière cette rangée d'andains en maturation, se trouve une rangée de tas de compost tamisé et prêt à être vendu.
Les tas de compost sont codés :
• B1 ... pour les composts provenant d'un mélange de biodéchets et de déchets verts
• V1 ... pour les composts provenant uniquement des déchets verts.

Le compost est toujours en lot traçable.
L'analyse par lot coûte 1000€. Ils envoient 3 kg de compost pour l'analyse.
Ils visent la norme éco-label qui est plus stricte que la norme habituelle mais ne l'ont pas encore atteinte.

Le choix de la collecte des biodéchets a été fait avant 2001.
La plate-forme a commencé à recevoir les biodéchets le 12 mai 2002.
Le prix du traitement est évalué en gros à 60 €/tonne mais le prix exact n'est pas encore calculé.
Pour connaître l'état du compost, l'équipe utilise deux tests dont l'un s'appelle Rötergrad (orthographe à vérifier) et qui consiste à humidifier du compost puis à le mettre dans une bouteille thermos avec un thermomètre pour voir si la température augmente (dans ce cas le compost n'est pas encore prêt ) ou non (dans ce cas le compost est bon pour la vente).
Le refus de crible est de 150 tonnes (? je ne suis pas sûr de mes notes).

Il n'y a pas d'odeur désagréable sur la plate-forme qui est parfaitement propre.
En sortant, nous regardons le grand bassin de 1000m3 qui reçoit les eaux de ruissellement de la plate-forme et dont ils se servent pour arroser les andains.
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M. Piquemal nous guide pour cette passionnante visite

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Les bio-déchets issus
de la collecte sélective


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Le tas de déchets verts
en attente de broyage


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Les tuyaux d'aération
au sol d'un casier vide


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Le chargeur qui permet de manipuler les déchets

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Le trommel sépare le
compost des indésirables


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Ce système assure une bonne aération des andains

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Vue plongeante dans le bio-filtre aux écorces de pin

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Le bassin recueillant
les eaux de ruissellement

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