Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint- Ponais ?
 

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Réunion avec le Syndicat Mixte de l'Ouest
le jeudi 13 novembre 2003, Cazouls, 15h

Présents : Syndicat Mixte :
M. Bozzarelli, président
F. Pla, directeur
G. Caubet

Association "Pavé dans la Mare" :
M. Jalabert
C. Mende
L. Rougier
et deux autres représentants
Association Patanares :
Jean Sabench

et de la commission Alter-Déchets :
Raymond Sabat
Olivier Thouin
Marc Bricard
Sylvie Cerni

on suivra peu ou prou l'ordre du jour

La collecte des toxiques

A l'invitation de M. Bozzarelli, Sylvie rappelle le contenu du rapport Prévost de 2001 sur le traitement des déchets.
En juillet 2002, il dit que le seul problème est la présence de toxiques et de métaux lourds dans les déchets.
Il suffirait donc d'avoir à domicile deux containers : un pour les toxiques et un pour le reste.
Il faudrait mette en place la collecte des toxiques en porte à porte, en donnant d'abord une information complète puis en passant tous les deux mois.
Les toxiques sont alors renvoyés à l'industrie (par le biais des déchetteries).
Un complément d'étude pour le papier/carton serait nécessaire pour choisir entre compostage et recyclage.
Les documents sur les toxiques sont téléchargeables sur le site de Patanares :
Si la collecte des toxiques est mise en place, le compost obtenu à partir des O.M. devient au moins de qualité forestière ; de plus, s'il n'y a pas de produits toxiques lors du tamisage, on obtient des matières recyclables qui ne seront plus refusées.
On se retrouverait dans l'idéal avec zéro dechets ménagers, excepté les plastiques qui sont de la responsabilité des industriels, non ?

Quelles relations avec le Parc Naturel Régional ?

Les toxiques empoisonnent les décharges : ils détruisent les géomembranes, "empoisonnent" le biogaz et les lixiviats. Ils nuisent également à la qualité du compost.
Nous pensons à Alter-déchets que la collecte des toxiques en porte à porte est indissociable du Compostage Rustique® et nous la proposerons en priorité sur le territoire du Parc.
Pour un passage à domicile tous les deux mois, un seul camion et son conducteur suffit.
Il y a une logique économique et environnementale par rapport à l'image du Parc. Le Parc devrait soutenir la collecte des toxiques.
On ne parle pas du traitement car il doit, de toutes les façons, être fait via la déchetterie.

Pavé dans la Mare : Et pour les communes hors du Parc ?
Ça fonctionnera si tout le monde s'y met, pas que pour le Parc, mais le Parc pourrait être l'exemple à suivre.

La plate-forme de compostage

Nous ne reviendrons pas sur le fait qu'il est nécessaire qu'elle soit le plus accessible possible et pérennisable, donc qu'il n'y a aucune raison de la situer à Rosis.
Sylvie : l'unité idéale pour le Compostage Rustique® est de 15 000 t/an.
Il faudra donc trouver des capacités d'enfouissement dans l'ouest de l'Hérault mais, grâce au compostage, on gagne en volume avec une réduction de 50% du volume à enfouir. L'enfouissement en devient moins cher et on peut donc payer les salaires des personnes qui travaillent au compostage. On peut commencer dans 15 jours et, pendant le compostage, on a un an devant nous pour trouver des solutions à l'enfouissement.
On peut mettre simultanément en place la collecte des toxiques.
Pour les plastiques, on les met en balles et on les stocke sans contraintes.
On obtient aussi un compost qui peut attendre.
On passe d'une gestion des déchets de flux à une gestion des déchets de stock et ça nous laisse un peu de temps.

Pavé dans la Mare : Il faudrait s'attaquer au vecteur de sources, c'est à dire aux fabriquants. Il faudrait rendre les sacs plastiques payants et éduquer les consommateurs.
Il y a un problème de quantité. Il faudrait des solutions très locales et très limitées. Pourquoi 15 000 tonnes concentrées en un seul endroit ? Peut-on découper cette quantité en petits morceaux ?

Sylvie : Notre étude montre que 15 000 tonnes occupent deux personnes à plein temps (sans surcharge de travail).
On obtient un abattement de 50% pour la mise en décharge.
Il faut alors deux décharges dont une réversible pour les plastiques qui puisse permettre d'utiliser ces plastiques plus tard (une sorte de stock de matière première secondaire).

G. Caubet : Pour votre compost forestier, est-ce une prévision ou avez-vous déjà des autorisations ?
Sylvie et Raymond : Nous avons déjà une demande pour 100 ha de couverture avec du compost forestier et pour 150 tonnes de compost de qualité. Mais nous n'avons pas du tout prospecté : nous avons déjà beaucoup de travail avec Patanares.

M. Bozzarelli : à la suite du rapport Prévost, les toxiques sont pris en charge par les déchetteries.
Il y a un aspect psychologique : des gens trient, d'autre non.
Toutes les déchetteries offrent la possibilité d'apporter des toxiques.
Il y a d'autres aspects du problème psychologique et comportemental. Tout est perfectible .
Il n'y aura plus du tout de problème si nous avons la torche à plasma.
Il y a aussi du tri à Béziers et malgré la collecte, personne ne veut du compost.
De même au Sictom du littoral, personne ne veut du compost sauf quelques-uns.

Partout on souffre de ce qui est répandu dans l'agriculture. Il vaudrait mieux mettre du compost que des engrais chimiques. Vous êtes à un niveau théorique.

Sylvie : Si vous mettez 100 000 tonnes de déchets dans les Hauts-Cantons, ça ne responsabilise pas les gens qui les produisent. Par contre, si on a une mise en place exemplaire dans les Hauts-Cantons (plan 1995) et si la décharge est près de chez eux, les gens seront sensibilisés.
L'image du compost industriel n'a pas bonne presse, c'est sûr mais est-ce une raison pour baisser les bras? Il faut 50 ans (2 générations) pour qu'une bonne idée soit vue comme évidente. Il est temps de se mettre au travail !
Et puis, rien n'empêche, dans un premier temps, de mettre le compost en décharge même si c'est idiot :
- économiquement parce que la décharge devra être aux normes donc coûteuse,
- environnementalement car il s'agit d'un gaspillage de ressources.
Le plan départemental de 1995 était parfait - il prévoyait des unités à échelle humaine -, la correction de 1999, passe encore mais la modification de la notion de déchets ultimes en 2002 est une vraie catastrophe.

Olivier : Il vaut mieux stocker du compost que des déchets bruts.

M. Bozzarelli : La collecte des fermentescibles a lieu au SICTOM du littoral.

G. Caubet : à Béziers, on n'a même pas assez de compost issu des déchets verts et petit à petit les particuliers viennent prendre du compost de poubelle grise.

M. Bozzarelli : En bord de mer, le vignoble Listel a utilisé du compost d'il y a 20 ans mais c'était un mauvais compost et tous les plastiques et autres ressortent aujourd'hui. C'est pour cela que les gens n'en veulent plus.

Pavé dans la Mare : aujourd'hui, il est difficile pour les gens de croire que ce qu'on leur propose soit convainquant. Il faut aller plus en avant et plus clairement.

M. Bozzarelli : Je me fais l'avocat du diable mais il a fallu la proposition de SITA Sud de 1,5 millions de tonnes pour réagir.
Le S.M.O. travaille à Rosis pour quelque chose de local. Il y a une taille acceptable (pas 3000 t ni 5000 t, tout de même).
Il faut un bureau d'étude pour dire si c'est jouable ou pas.
Pour les décharges sauvages, personne n'a réagi.

Olivier : Ce n'était pas nouveau.

M. Bozzarelli : Pas nouveau mais grave.

Jean : la décharge du Roc est un scandale mais elle ne concerne que 30 000 tonnes au total (sur 30 ans!) c'est à dire trois mois du projet SITA.

Raymond : En 1982, il y a eu une proposition de lombri-compostage sur brut.
Après la Couzette en 1992, il y a eu une demande d'étude sur St Julien d'olargues mais M. Saumade, à l'époque, s'est opposé à l'expérimentation. Les élus des Hauts-Cantons attendaient l'installation d'un incinérateur dans la plaine.

M. Bozzarelli : Il y a une responsabilité collective.

Raymond : Il y a 20 ans ... on ne se posait aucune question sur les cendres d'incinération qui se retrouvent en sous-couche routière.
Une matière organique minéralisée peut être mise en décharge sans grand danger.
Eco-emballage masque le problème ; il est inutile de se focaliser sur moins de 20% de la production (collecte bleue) ; il faut examiner, au-delà, le secteur vert, le secteur gris et le secteur rouge.

M. Bozzarelli : avant, ça ne posait pas de problème car les décharges des Hauts-Cantons sont petites.

Pavé dans la Mare : Le SICTOM de Rosis compte 812 personnes. Le volume est faible.
Une majorité de la population prend conscience des problèmes, finalement, il n'y a que 2 élus qui sont pour le projet.

M. Bozzarelli : Les gens se réveillent pour du stabilisé, pas pour les décharges sauvages.

M. Jalabert : on a été naïfs et sous-informés mais les jeunes sont sensibilisés.

Olivier : il y a 20 ans, il n'y aurait pas eu deux pages dans le journal sur les déchets.

M. Bozzarelli : l'Hérault a pris beaucoup de retard. C'est à la fermeture des décharges que les problèmes se sont posés (sic).

Raymond : sur les Hauts-Cantons, c'est un problème d'engagement.
Il faut décider ce qu'on va faire, avec qui on va le faire et comment on va le faire.
La vision a changée, au début on voulait récupérer (collecte bleue) et incinérer.
Comment et avec qui peut-on travailler ?
Il y a des éléments que l'on peut mettre en place.
On peut envisager une collecte des fermentescibles. On peut arriver à 40% du stock théorique.
Début 2003, sur Saint-Pons, il n'y avait pas encore de collecte bleue et il n'y a toujours pas de déchetterie.
Il y a pourtant une expérience à Vieussan sur la collecte du papier.

M. Bozzarelli : vous demandez avec qui on peut travailler :
- Le S.M.O. recherche des sites pour déchets ultimes.
- Les syndicats primaires des communes s'occupent de la collecte sélective et de la mise en valeur des papier/carton. Par exemple, à Cazouls, il y a un C.E.T. de classe III provisoire pour les inertes (papier/carton + encombrants).

Le S.M.O. a des difficultés à vivre financièrement. Il est payé par les syndicats primaires. Il y a le problème de l'aspect financier pour l'expérimentation.

Raymond : si vous ne pouvez pas vous engager, on peut trouver un financement privé.

M. Bozzarelli : mais ça peut s'arranger avec la décentralisation. Si les départements prennent la responsabilité des déchets, ça ira peut-être mieux.

F. Pla : la décision sera prise au 1er trimestre 2004.

Présentation des problèmes de ROSIS par Le Pavé dans la Mare
Présentation par ordinateur avec également le témoignage de M. Léon ROUGIER sur les mines de la région de Rosis

F. Pla : La proposition de M. Sabat résout le problème des lixiviats.

Sylvie explique la différence entre les lixiviats (jus de poubelle toxique) et les lessiviats dû au ruissellement de l'eau de pluie sur la matière stabilisée (non toxique).

Jean : Sur les matières ultimes, on peut mettre une bâche.

Pavé dans la Mare : On ne sait pas la solution qui sera retenue. On ne va pas décider demain, mais il faut réfléchir.

M. Jalabert indique qu'il y a un feu permanent sous la décharge (feu de mine). Sur la carte du parc, il nous montre les zones Natura 2000, les lieux de nidification des aigles royaux. Il insiste sur la qualité de l'environnement et la dynamique de repeuplement.

Pavé dans la Mare nous montre des photos des problèmes sur les axes de circulation, qui par endroit sont fort étroits ou sans visibilité. Il y a des fois des camions qui restent coincés dans le col des treize vents. Les routes ne sont pas appropriées.

Pavé dans la Mare a fait des calculs de quantité d'argile à apporter, de quantité de gazoil et du nombre de kilomètres parcourus par les camions par an.

F. Pla demande la photocopie de la présentation.

M. Jalabert indique qu'elle lui sera envoyée après mise en forme.

Pavé dans la Mare rappelle que le rapport de l'étude préliminaire est scandaleux, que ce n'est que du copier/collé d'une vieille étude.
La présentation suivante ne peut se faire pour un problème technique mais elle sera montrée à la prochaine réunion.

Pavé dans la Mare présente la partie géologique du dossier. Sur la carte du BRGM, il montre les failles, les différentes roches.

M. Bozzarelli remarque que l'eau de la source est de bonne qualité malgré la décharge actuelle.

Pavé dans la Mare indique que l'eau sort à 14°C - 16°C ce qui est plus élevé que la normale mais que l'on ne sait pas pourquoi. On ne comprend pas l'aire de captage.

M. Jalabert signale qu'il n'y a pas de délimitation de la grande zone de la source.

Pavé dans la Mare : La source coule à 280 l/s, c'est une résurgence, le débit peut aller jusqu'à 1000l/s. Rosis est une zone de fortes précipitations puisqu'elles peuvent aller jusqu'à 3m/an.

M. Bozzarelli propose que l'on se rencontre à nouveau.

Sylvie et Raymond proposent de scinder les réunions, une pour Patanres et une pour Rosis, pour avoir davantage de temps. Chaque association étant bien sûr invitée aux réunions de l'autre.

M. Bozzarelli propose le 4 décembre à 15h pour Patanares et le 18 décembre à 15h pour l'association Le Pavé dans la Mare.

Sylvie indique que l'unité de stabilisation ne peut pas se faire à Rosis.

Raymond demande que l'ordre du jour soit ce que l'on peut faire ensemble pour que ça avance.

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