Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?

[ texte précédent ] [ retour au sommaire ] [ texte suivant ]

Des dizaines d'hectares pollués par les sacs plastique des Marseillais
dépêche AFP du 25 novembre 2004

ENTRESSEN (Bouches-du-Rhône)
Une pluie de sacs plastique, emportés par un violent mistral, s'est abattue depuis la mi-novembre sur les champs environnant la décharge à ciel ouvert d'Entressen, provoquant une nouvelle guerre entre les écologistes et la communauté urbaine de Marseille qui exploite le site.

Sur le haut du talus sud de la décharge où s'entassent depuis 90 ans les ordures de Marseille et des communes voisines, le mistral, avec des pointes de 130 km/h, a déchiré les filets de la clôture dite de Grand vent, qui empêchaient les envols de plastique.

La pollution s'étend sur plusieurs dizaines d'hectares.
En contrebas, le long du canal Centre Crau, des dalles de béton portant les piquets qui tendaient d'autres filets de protection, ont été renversées sur des centaines de mètres, laissant s'échapper des myriades de détritus.

A l'extérieur de la décharge, une allée plantée d'arbres
qui devait être majestueuse. Photo Greenpeace
Au pied du talus, des moutons broutent des prés jonchés de sacs plastique. Ceux-ci recouvrent aussi les platanes alentour. Une odeur fade et nauséabonde flotte dans l'air. Dans le canal, parmi les ajoncs, flottent des amas de plastiques de toutes couleurs.

"C'est hallucinant! Depuis plus de dix jours, rien n'est fait pour nettoyer ces champs. Si la pollution touchait une centaine d'hectares au départ, c'est au moins le double à présent", s'exclame Patrick Cozza, président de l'association Ecolog'Istres.

Interrogé par l'AFP, il souligne qu'un arrêté préfectoral fait obligation à l'exploitant de la décharge, la communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM), de nettoyer le site et ses abords une fois par mois et après chaque épisode de grand vent.

Le président d'Ecolog'Istres a demandé, dans une lettre au préfet des Bouches-du-Rhône, des mesures d'urgence pour imposer à MPM le ramassage des sacs, sous peine de sanctions financières.

"Il est temps d'enclencher les procédures pénales et administratives qui vous sont dévolues à l'encontre d'un exploitant que l'on peut qualifier de multi-récidiviste afin que cesse cette situation d'impunité", écrit-il.

Quelque 460.000 tonnes d'ordures sont chaque année déversées dans la décharge d'Entressen qui s'étend sur 80 hectares dans la plaine de la Crau, à quelque 70 km de Marseille.

Directeur général adjoint de l'écologie urbaine à MPM, Jean-Marc Mertz, interrogé par l'AFP, évoque "un événement exceptionnel": "On va accélérer les nettoyages et remettre les barrières en place le plus rapidement possible, d'ici une semaine", assure-t-il. Selon lui, les experts des compagnies d'assurance devaient, avant tout nettoyage, constater les dégâts pour éventuellement indemniser les communes alentour.

La communauté urbaine a lancé en mars 2003 un projet d'incinérateurdes déchets qu'elle voudrait voir installer à Fos-sur-mer, à une dizaine de km d'Entressen. Les écologistes s'y opposent, le jugeant "trop polluant" et préconisent plutôt le tri des déchets et leur recyclage.

"Ça fait 35 ans que j'habite là, affirme Marcel Richard, un habitant d'Entressen qui se promène à vélo près de la décharge. C'est pas joli. Mais je préfère cela à un incinérateur, autrement toxique".

"En montagne, on a les loups, ici on a les plastiques", constate, fataliste, un berger dont les moutons paissent sur des terrains loués à la ville de Marseille qui a racheté 350 hectares autour de la décharge.

[ haut de page ]