Est-ce le début de la fin pour la décharge de Balançan, qui, en trente ans, a enfoui
cinq à six millions de tonnes d'ordures? Ce centre de stockage des déchets ménagers,
utilisé par quatre-vingt-dix communes, peine en effet à s'agrandir car installé au
coeur du site protégé de la plaine des Maures. Le préfet lui-même a prévenu "Le
maintien de ce centre n'est pas envisageable sur une période longue".
Et l'Europe fait les gros yeux.
Devançant donc la mort programmée de Balançan, la société SITA appartenant au groupe
Suez vient de boucler un projet sur la commune de Cabasse, à quelques kilomètres de là,
dans le centre Var. Mais sur un terrain de vingt hectares qui, lui, n'est pas classé.
Là, serait implanté un important centre d'enfouissement, avec une partie, en amont, de
traitement. La SITA y travaille depuis un an et demi. Le dossier déposé
en préfecture sera examiné dans quelques jours par la DRIRE (direction régionale de
l'industrie la recherche et l'environnement). La municipalité de Cabasse a déjà donné
son accord de principe. Ensuite, si la DRIRE donne son feu vert, l'enquête publique
suivra, occasion de concertation avec les habitants et les associations.
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La société SITA, elle, a décidé de jouer franc jeu. Oui, dit son directeur du
développement, Jérôme Martin, le projet se situe sur une nappe, mais à 120 mètres de
celle-ci.
"Et sur les 500 ou 600 centres de traitements en France, les trois-quarts sont dans le
même cas. Vous pensez bien que nous nous sommes entourés de spécialistes en hydrogéologie,
d'experts indépendants. Le terrain sera rendu complètement étanche".
Pour M. Martin donc, aucune crainte, car le site n'aura "aucun contact direct avec le
lac. Nous ne sommes d'ailleurs pas dans le périmètre de protection de ce lac".
Voici une petite dizaine d'années, un projet proposait déjà un Ecopole (avec centre de
traitement des déchets) dans d'anciennes mines de bauxite, toujours à Cabasse, mais dans
le périmètre de protection du lac. Le dossier a coulé pour cette raison. L'histoire
sera-t-elle différente ?
CATHERINE AUBRY
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Le site de Cabasse, s'il voit le jour, comportera trois activités :
- un centre de stockage des déchets ménagers classiques, si ce n'est que ces ordures
auront été triées en amont (les matières organiques au compostage, les papiers et cartons
recyclés)
- un pôle pour les déchets industriels banals (DIB), c'est-à-dire les métaux non
dangereux, et un centre de traitement du bois provenant des déchets.
Sur les 50 000 tonnes de déchets ménagers ramassés, il en restera 35 000 à 40 000 après
tri. Plus 10 à 15 000 tonnes pour le bois.
Au total, avec les déchets industriels, le centre de Cabasse devrait recevoir sur son
site chaque année 150 000 tonnes.
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