Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
télécharger ce résumé

  [ retour au sommaire ] [ suivante ]

Déchets ultimes de Tanarès à Riols
Pierre Mailhé - Ingénieur Géologue Génie Civil - E.N.S.G. Nancy



Mr Mailhé a remis au commissaire-enquêteur un document de huit pages dont il nous donne résumé ici :
En fait, le site étudié se trouve à la carrière Carayon, à l'entrée de Saint-Pons en venant de Béziers. Le géologue B. Gèze le décrit comme suit : "Dans la carrière de Bégot, un contact anormal majeur plongeant à 70/80°SE séparenles grès verts de Marcory de calcaires dolomitiques broyés appartenant à la zone du Saint-Ponais".
Grâce à cette faille, on peut produire, sur un même site, des granulats à béton et des granulats routiers. Mais, en haut de la carrière, une autre faille très importante, amène des schistes sans intérêt en tant que granulats; ils viennent d'être étudiés en tant que site de stockage.

Ce contexte général de terrains très fracturés est très défavorable pour l'étanchéité. De plus, il est bien connu que la présence, côte à côte, de schistes et de calcaires dolomitiques favorise l'apparition de grottes.

Effectivement, les sondages montrent un terrain très fracturé. De plus, ils n'ont pas rencontré d'eau. C'est également un signe très défavorable, surtout dans un fond de ravin : une nappe très basse montre que le drainage naturel est fort et la perméabilité élevée.

Il existe des techniques classiques pour créer un écran étanche afin que les jus de percolation n'aillent pas dans la nappe : écrans souples de produits bitumeux ou écrans plus rigides en dalles de béton. Ces techniques ont largement fait leurs preuves mais elles sont onéreuses.

Le projet met en oeuvre des techniques beaucoup moins chères avec des matériaux modernes : géotextiles et écrans minces souples. La mise en oeuvre en est délicate : risque de déchirures et de mauvaises soudures. On maîtrise mal le comportement sous la charge, notamment au passage d'engins (risque de déchirures par tassement différentiel).
On connait mal l'évolution de ces matériels à long terme et ils risquent d'être très vulnérables en cas d'incendie.

De plus, le projet ne comporte aucun système de drainage sous l'écran d'étanchéité, afin de localiser et de récupérer les fuites éventuelles. En cas de fuites, les possibilités de réparation sont très problématiques.
Enfin, les bassins de rétention sont calculés pour des pluie ayant une probabilité d'occurence décennale. C'est tout à fait insuffisant ; cela voudrait dire que, sur vingt ou trente ans, on a de très fortes probabilités de subir un ou deux accidents.

Par ailleurs, le site présente un second inconvénient majeur. Il n'est pas besoin d'être spécialiste pour savoir que, chez nous, les vents de Sud - Sud-Est (le marin et le grec) sont fréquents. Dans ce cas, tous les effluents gazeux vont s'accumuler sur Saint-Pons qui constitue un véritable cul de sac.

Par contre, il faut être un spécialiste pour connaitre la véritable composition de ces rejets. Néammoins on peut se poser des questions :
Ces stockages produisent de grandes quantités de gaz hautement inflammables. Un incendie, surtout s'il est profond, sera long à maîtriser. On peut alors craindre les émanations de vapeurs très toxiques que le vent du Sud accumulera sur Saint-Pons.

En fonctionnement normal, les gaz seront brûlés sur le site à une température de 900°. Ils contiendront, inévitablement, de l'hydrogène sulfuré qui, à la combustion, produira du dioxyde de soufre. On sait que ce dernier produit les pluies acides et des maladies respiratoires.
De plus, la production de méthane étant irrégulière, on peut craindre une baisse transitoire de la température de combustion entrainant des rejets très toxiques.

Enfin, la circulation journalière de plusieurs dizaines de camions et la manipulation de déchets produiront des mauvaises odeurs et des nuisances pour le tourisme.
Un accident à Poussarou risque d'être dangereux, d'abord pour le chauffeur du camion mais, surtout, pour l'environnement. Et s'il s'agit d'un camion de "lixiviats", ces jus hautement polluants se répandront dans le ravin.

[ haut de page ]