Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
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Lettre à Mr le Commissaire-Enquêteur


Suite à la lecture d'une partie du document déposé en enquête publique, je tiens à vous faire remarquer plusieurs erreurs contenues dans ce document, concernant la pluviométrie :
Il est dit que les références prises en matière de pluviométrie concernent la pluviométrie de Courniou, qui est supérieure à celle de Saint-Pons, ce qui semble exact. Toutefois, cette différence de pluviométrie vient essentiellement du fait que Courniou est davantage soumis aux intempéries venant de l'ouest (proche de la zone océanique, de l'autre côté du col de La Fenille).
Lorsqu'il s'agit de pluies décennales telles que définies dans le document, on peut constater que les quantités d'eau lors des pluies importantes ou très importantes, dites "du marin", peuvent être parfois plus abondantes à Saint-Pons qu'à Courniou. Ainsi, par exemple en 1996 les pluies du mois d'octobre ont été inférieures à Saint-Pons (263,5mm à Saint-Pons et 286,6mm à Courniou), mais le 14 octobre 1996 il a été relevé 177mm à Courniou (station de Prouilhe) et 198mm à Saint-Pons (station de Roque Pistole).
En outre, le chiffre avancé sur le document soumis à enquête publique est inexact. La quantité de pluie décennale retenue ne peut être 152mm, puisque le 12 novembre 1999, il a été relevé 256,4mm de pluie en 24 heures, soit une différence de 104,4millimètres de pluie pour une durée de 24 heures (c'est à dire plus de 68% d'augmentation).
Pour un site dont l'aire est supérieure à 9 hectares, cela représente une quantité d'eau supérieure à :
90 000m2 x 0,1044 = 9396 m3. Ce sont donc 9 396 mètres cubes d'eau qui ont été oubliés.

Les pluie supérieures à 152mm en 24 heures ont été fréquentes en dix ans : on peut parler du 16 décembre 1995 (175mm d'eau en 24 heures à Courniou) et les pluies ont duré plusieurs jours de façon importante.
Le dossier dit qu'il est possible d'intervenir dans un délai de 24 heures : qu'est-ce que cela signifie ? Envisage-t-on de mettre une bâche de 9 hectares sur le site, ou de pomper les lixiviats qui débordent dans des camions ?
En outre des lixiviats seront présents pendant plus de cinquante ans : il convient donc d'observer non pas une pluie décennale, mais il faudrait faire référence aux pluies centenaires.
Pour toutes ces raisons, je demande, si ce projet venait à être confirmé, que soit surdimensionné le bassin de rétention des lixiviats (cette surdimension devrait être au moins égale aux 9396 mètres cubes d'eau qui n'ont pas été comptabilisés dans cette étude).

Vous trouverez ci-joints les tableaux relatifs à la pluviométrie issus des annales climatologiques départementales des années 1995, 1996, et 1999, publiées par le Conseil Général de l'Hérault et réalisées avec le concours de Météo-France et l'Association climatologique de l'Hérault.    voir les documents

Je tiens également à ajouter que notre département a été très récemment (en 2002) frappé par des pluies torrentielles dans l'est, mais que ce genre de phénomène peut tout aussi bien se présenter chez nous : inondations catastrophiques à Labastide-Rouairoux (située sur le versant océanique, mais à de 15 kilomètres seulement de Saint-Pons) en 1999, drame de Puisserguier,... (ces deux événements ont malheureusement fait la Une des journaux télévisés à ce moment).
Le passé nous pousse également à être méfiant puisque Riols fut touché au siècle dernier : on vit des boeufs attachés au ratelier passer sous le pont de Riols. Un monument est situé dans le village de Saint-Chinian pour commémorer la crue meurtrière du Vernazobre dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle (en 1861 me semble-t-il).
La météo est particulièrement capricieuse dans nos hauts-cantons et nous réserve des surprises bien désagréables hélas, dont l'éventualité n'est pas à négliger.

Souhaitant que ces quelques lignes vous permettent de mieux appréhender la question sur cet aspect précis, je vous prie d'agréer,........


SUITE....Rectification de Mme Gisèle Pons - Gartoule, Riols ou Narbonne:
la crue de st Chinian n'a pas eu lieu en 1861 mais vers 1870 ; en 1861 c'est la crue qui a emporté la batisse de la Fourberie Haute où vivaient mes arrières-arrières grands parents : les vaches vues sous le pont de Riols venaient de là et il y a eu des morts à Riols.En 1870, St Chinian et St Pons ont été ravagés, je possède un petit livre édité par les st-Chinianais où il y a tous les témoignages de l'époque, en particulier du sous préfet de St-Pons(lac au niveau du pont du Martinet,etc...)

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