Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
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Lettre à Monsieur le Commissaire Enquêteur
Michel PLESSIER rue du Plan de la Chapelle 34390 Olargues

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Riols, le 17 décembre 2002

Monsieur le Commissaire Enquêteur

Ancien membre de divers clubs de Spéléologie de la Région, ex-vice président du Spéléo Club de la Montagne Noire et de l'Espinouse, dont je suis encore membre actif, et en quelques quarante années d'expérience en ce domaine, je pense avoir acquis une certaine expérience en hydrologie souterraine pour me permettre de formuler les critiques suivantes à votre projet d'implantation d'une décharge départementale, sur le terrain de l'ancienne carrière de Tanarès , sur la commune de Riols.
En effet, je pense qu'il présente des lacunes importantes quant à l'expertise qui nous a été soumise à approbation, lors des différentes réunions d'information à la population, pouvant générer une pollution de l'environnement .

1) Tout d'abord je précise que le Site est dans une région karstique très importante, si l'on en croit le répertoire du B.R.GM, il n'y a pas moins d'une centaine de cavités ne serait-ce que pour les communes de St Pons et de Riols , dont 18 pour la vallée du Ruisseau de Cassillac, au Nord, et 11 pour celle de la Margue, au Sud, les plus proches du lieu indiqué. Même si ce dernier se trouve sur une nappe de Grès de Marcory (K1) plus ou moins imperméable, le contact avec les calcaires perméables est flagrant. Aussi, la moindre fuite fera communiquer les effluents nocifs (Il nous a été précisé qu'en plus des ordures inertes recyclées, trente pour cent de déchets industriels y seraient adjoints) dans les réseaux noyés des grottes les plus proches et ainsi rejoindre le Jaur aussi bien que la nappe phréatique.(Voir Alinéa 2)

2) La position orographique du Plo de Bellegarde qui domine, est prédominante dans la distribution hydrologique de la zone. Divers ruisseaux en déferlent en éventail dans toutes les directions comme l'indique l'extrait de la carte I.G.N. 2444 Est, jointe.

Même si le plus souvent ils sont taris, par forte pluviométrie ils font monter les cours souterrains des grottes voisines comme en particulier celui de Rochéba (   Topo en insert, aux coordonnées x 637,90- y 133,04- z 285) dont l'origine est le ruisseau du ravin de Cavaillé. Comme cette rivière pérenne est loin d'être négligeable (Env 750 rn) quel en est son alimentation ? A moins d'un kilomètre du lieu-dit, nous ne pouvons avoir des doutes, et vous ? Pourquoi la Garonne n'est pas un affluent de l'Ebre; pourquoi la Salesse est une résurgence du Thoré, et rejoint le Jaur plutôt que le Tarn; quel est le mystère de la Fontaine de Vaucluse ? Je pense que vous n'avez pas l'opportunité de prendre des risques sans un complément d'enquête par des spécialistes, afin de ne pas transformer un Parc Régional en poubelle, par une pollution de sa nappe aquifère, car :

3) Les forages de seulement 50 rn, me semblent insuffisants, pour déterminer avec certitude l' abscence de cours souterrains, compte tenu de l'épaisseur du sol (Près de 200 rn) par rapport au niveau des rivières et des cavités environnantes .

En conclusion (Avis purement personnel) je pense qu'il ne faut plus jouer les apprentis sorciers, notre pauvre Terre étant suffisamment dégradée par ailleurs, sans en rajouter par de simples spéculations politiciennes. Et pourtant je ne vote pas Laguiller !

Veuillez agréer, Monsieur, l'expression de mes sentiments distingués

Michel Plessier .

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