Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
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Lettre ouverte : Plaidoyer pour la faune locale
Propos recueillis par Mme Maryse Salvo, Association AVISE et par Mr Gösta

Après avoir pris connaissance de l'aspect environnemental du dossier, et plus particulièrement de la partie " Etude des dangers ", nous avons constaté :

1371/ que votre étude floristique était incomplète et pas fiable. En effet, elle a été réalisée au mois d'avril et :
- les observations doivent être faites sur une année
- le maximum de floraison se situe sous nos latitudes au mois de juin-juillet

1372/ que votre approche au niveau des espèces animales était vraiment simpliste et que de nombreuses espèces n'étaient pas prises en compte.

Nous avons remarqué également qu'il n'y avait aucune évaluation des populations animales remarquables et en particulier des espèces pour lesquelles l'état français s'est engagé dans la Directive Oiseau et la Directive Habitat.
Ces oiseaux sont susceptibles de fréquenter la décharge et être influencés par la présence de celle-ci.

Les détritus stockés en grande quantité vont perturber les bases de la chaîne alimentaire de plusieurs manières : qualitatives, quantitatives, sans parler de tous les risques de toxicité.

Cette aire de stockage de déchets va favoriser la mise en place d'un Système Artificiel. Ceci va changer les habitudes alimentaires de nombreuses espèces.

A/ La décharge en tant que ressource alimentaire pour les détritivores :

De nombreuses espèces d'oiseaux protégés et inscrits dans la Directive Oiseau vont être intoxiqués :
Les oiseaux de passage tel le vautour percnoptère,
Les oiseaux migrateurs et nicheurs tels le milan noir, le milan royal, nicheur et hivernant dans le secteur, la cigogne blanche qui lors de ses migrations prélève sa nourriture dans les décharges.
D'autres espèces sédentaires vont être attirées en fortes colonies par ces détritus notamment les corneilles noires, les pies bavardes, les choucas et le grand corbeau qui est également protégé.
Les rassemblement des jeunes oiseaux de ces espèces perturberont la nidification des espèces plus fragiles.

B/ La décharge en tant que ressource par rapport aux prédateurs et la présence massive des surmulots qui seront soumis à une dératisation intense.
Connaissant les capacités d'adaptation des surmulots et leurs techniques avancées, nous doutons fortement de l'efficacité de vos propres techniques de compactage et de recouvrement afin de les décourager.
De plus, les raticides utilisés actuellement n'entraînent pas une mort instantanée. Ils vont donc s'éparpiller et polluer sûrement les rivières.
Ces rats intoxiqués pourront être consommés par les prédateurs présents sur le site et autour du site. Ces prédateurs seront même attirés par cette aire artificielle. Ceci deviendra une ressource alimentaire importante pour eux : ils auront même les emballages comme dans un supermaché.
Le grand duc d'europe, espèce protégée et inscrit à la Directive Oiseaux, est présent sur le site et consommera des surmulots puisque sa principale nourriture est le lapin, le hérisson et le surmulot.
De nombreux prédateurs tels, la Genette qui est fortement protégée, le renard et le sanglier qui, en plus d'être prédateur sont détritivores, vont subir les conséquences de cette dératisation.
La fouine et le putois seront aussi concernés.

C/ Le territoire est reconnu par les ornithologues comme étant une zone d'intérêt pour les erratiques : l'aigle royal, l'aigle de bonelli, le faucon pèlerin, l'autour des palombes qui sont des prédateurs d'oiseaux, vont être attirés par la présence des corvidés et des goélands qui peuplent communément les décharges.

D/ Un impact non négligeable, aurait du être étudié en rapport avec les espèces pouvant pâtir des effets secondaires de cette décharge :
Le circaète jean le blanc et la perdrix rouge. Ces oiseaux seront dérangés par la présence des corvidés et leurs nids pillés. D'où la disparition de ces espèces déjà fragiles.

Vous faites mention dans vos méthodes d'effarouchement des oiseaux, de l'utilisation de la fauconnerie.
Qu'entendez vous par fauconnerie ?
Nous vous rappelons que l'introduction d'espèces sur un territoire est soumise à des lois très sévères régies par le Ministère de L'Environnement et de l'Ecologie.
L'utilisation d'un fauconnier est elle réaliste ?

Il existe dans ce secteur de très nombreuses grottes abritant des colonies importantes de chauve souris, toutes protégées, parmi lesquelles certaines sont rares : rhinolophus euriales, miniopterus schreibersi.
On sait que les chauve-souris sont des insectivores et qu'elles subiront les conséquences des traitements intempestifs d'insecticides. De plus, avez-vous étudié l'impact de ceux-ci sur les décomposeurs et la toxicité et la sélectivité de ces produits ?

Proche du site, en contrebas, existe une ZNIEFF (La vallée de Cassilac). Le ruisseau de Cassilac est l'un des derniers ruisseaux du département possédant, une population d'écrevisses indigènes : écrevisse à pied blanc, astacus pallipes, inscrite dans la Directive Habitat. Ainsi que le barbeau truité.
Dans ce secteurs de nombreuses résurgences et grottes témoignent de l'importance du réseau d'eau souterrain.

Nous invoquons le principe de précaution pour surseoir à la décision.

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