Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
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Lettre aux habitants de Riols et des vallées du Jaur et de l'Orb
collectif Yes Futur

Une fois de plus, dans sa recherche continuelle du profit, le monde de la finance hypothèque notre avenir et celui de la planète. La société SITA SUD, filiale du groupe SUEZ, projette sérieusement de développer quatre super-décharges dans la région. Sous la mention de " centre d'enfouissement de déchets ultimes ", sous-entendu non recyclables, ni incinérables, 1,5 million de tonnes de déchets de toutes sortes vont être déchargés par camions sur la commune de Riols, pendant une durée de 20 ans.

Une bombe écologique est sur le point d'être amorcée, ayant entre autres conséquences:
- L'enfouissement sauvage des déchets recouvert par de la terre.
- L'émanation de millions de tonnes de gaz de fermentation (biogaz), dont une partie seulement sera récupérée pour être brûlée sans utilisation. Le méthane (CH4) contribue 20 fois plus que le C02 à l'effet de serre, responsable actuellement des dérèglements climatiques (tempêtes, inondations, etc....).
- La contamination de l'air par l'odeur, mais aussi des nappes phréatiques et des cours d'eaux (déjà très pollués par les égouts), par écoulement et infiltration des jus de fermentation.
- L'augmentation du trafic routier (41 camions/jour), donc par voie de conséquence du réseau routier, du nombre d'accidents, du bruit.
- La dégradation du paysage environnant par les plastiques en cas de vent.
- La destruction de la faune et de la flore locale, par l'utilisation de produits insecticides et raticides, par l'arrivée d'autres espèces d'oiseaux...
Bref, un cadre charmant pour développer le tourisme local !

SITA SUD, dans son document " Demande d'autorisation de projet ", prétend naturellement vouloir respecter la nouvelle législation sur l'environnement. Il n'y a qu'à se promener autour des décharges de Vitrolles (13), Entressen (13), ou Palavas les Flots pour se rendre compte de leur sincérité.
La notion de déchet ultime reste, selon un "Code de l'Environnement" contradictoire, une notion très floue et "fourre-tout". Par exemple, les déchets classés ultimes ne sont plus valorisables au sens légal, mais produisent quand même une fermentation et des jus qui sont polluants sans récupération, et qui seraient de l'énergie s'ils étaient recyclés. Le traitement se fait selon "les conditions techniques et économiques du moment". Au-delà des promesses, on se rend bien compte de la supercherie que représente ce dossier. Une fois installé, plus personne ne pourra contrôler le centre et les déchets qui y pénètrent, et tous les abus seront permis.
La gestion des déchets est un business juteux entre les mains des multinationales. Soyons réalistes : nous consommons largement trop de produits qui posent d'énormes problèmes de destruction. Dans bien des régions (notamment celle d'Albertville), les incinérateurs (qui brûlent une partie des déchets) provoquent des taux de dioxine très élevés, qu'on retrouve par exemple dans le lait maternel. La dioxine provoque le cancer.

Ce n'est pas une fatalité!

Face à cette situation, on se retrouve devant un choix important :
Ou bien : Réduire progressivement, puis stopper l'utilisation des produits qui génèrent cette situation (emballages plastiques etc..), et s'occuper de gérer et valoriser nos déchets nous même par des techniques adaptées.
Ou bien : Ne rien changer à nos habitudes et payer une entreprise pour gérer les déchets à notre place, sachant que les intérêts financiers de celle-ci passent avant notre santé et notre qualité de vie. Ce sont surtout les enfants de demain qui payeront la facture.
Que se passera-t-il lorsque le contrat avec SITA SUD prendra fin, alors que les émanations vont continuer jusqu'en 2050?
Ces méfaits à venir sont étroitement liés à ceux des marées noires actuelles, des OGM, des déchets nucléaires, de l'explosion de l'AZF à Toulouse, des épidémies types "vache folle", de la pollution généralisée des cours d'eaux, de l'asphyxie des villes, de la destruction systématique du vivant (forêts, espèces animales et végétales, stérilisation de la terre).

Quels sont les mécanismes qui nous conduisent à détruire plutôt qu'à construire en harmonie avec notre environnement ?

1. Les êtres humains " civilisés ", citoyens et consommateurs, sont dépossédés de leurs moyens d'existences et déresponsabilisés dans leur choix et actes. En reléguant la gestion des détritus, maïs également celle de l'énergie, de l'alimentation, de l'eau, de la construction..., à des entreprises privées qui recherchent le profit rapide au lieu du bien être commun, on perd le pouvoir de décision sur notre propre existence.

2. Les moyens qui permettraient de sortir de cette situation (énergies renouvelables, valorisation des déchets, traitement des eaux usées...) sont systématiquement la propriété exclusive de ces mêmes multinationales. Il existe de très nombreuses a lternatives et innovations techniques qui respectent le vivant, mais que le pouvoir financier freine au moyen de brevets, taxes, législations, pour ne pas en perdre le contrôle (voir par exemple: La société VALENERGOL, productrice à AGEN d'huile de tournesol brute comme bio-carburant pour moteur diesel, condamnée en appel le 25/11/02 par les douanes à payer les taxes pétrolières (TIPP) plus une amende !!!)...et pendant ce temps, le PRESTIGE coule au fond de la mer!!!

3. Le mode de vie est complètement déconnecté du cycle du vivant. Plus que jamais en cette époque de fêtes de fin d'année, le délire de consommation bat son plein.
Culturellement dépossédés, les individus ont des comportements de plus en plus dirigés par les médias et la pub, qui génèrent les montagnes de déchets ultimes, et un gaspillage effréné d'énergie, tandis que le reste du monde crève de faim !
Rappelons que ceux qui produisent les déchets sont les mêmes qui sont chargés de les faire disparaître.

Nous devons rectifier le futur dès aujourd'hui. en commençant par prendre en main la gestion de nos déchets nous-même.

1. Exigeons que la consultation soit élargie aux populations des communes environnantes de la région de RioIs sur le projet de SITA SUD. Nous sommes toutes et tous concernés.

2. Voilà quelques exemples de contre-projets pouvant être proposés aux mairies de Riols, St-Pons, Prémian, St Etienne d'Albagnan, Olargues :

A) Dans 50 ans, les ressources pétrolières seront épuisées et nous aurons bousillé l'atmosphère avec les émissions de gaz, alors qu'ils sont eux-mêmes une énergie.
Lorsqu'elle se décompose, la matière organique produit du Méthane. Une fois récupéré et filtré, ce gaz non fossile est une énergie renouvelable utilisée comme carburant pour moteur ou à usage domestique. Le principe de fonctionnement est relativement simple et de nombreuses expériences ont été faites, en France, en Suisse et en Allemagne:

- recyclage des déchets [   voir document ]
- recyclage du fumier, des eaux d'égouts (voir la revue LES BRICOTHEMES N°38 (07/2002), ainsi que les sites web en fin de document)
- augmentation du potentiel gaz par la culture de macrophytes par lagunage (lentilles d'eau, jacinthes d'eau qui nettoient l'eau jusqu'à 80 % des métaux lourds et autres polluants) et multiplication jusqu'à 16 du rendement en gaz [ voir document ].
En 2005, l'épuration collective des eaux usées devra être aux normes européennes.

Ces systèmes permettent de faire d'une pierre trois coups :
- la gestion d'une partie des déchets.
- la production d'énergie verte.
- le nettoyage des eaux usées en protégeant la bio diversité.

Créons à Riols un projet de bio-station d'épuration des eaux et de valorisation des déchets en mettant ensemble tous les acteurs régionaux. Construisons un exemple pour les autres régions, réellement créateur d'emplois et de nouvelles perspectives pour les jeunes, et gui protège la vallée.

B) Développons-y le compostage individuel et le tri des déchets. Apprenons-le aux plus jeunes qui portent l'avenir. Une personne produit en moyenne 450 kg de déchets organiques par an, qui sont valorisables.

C) Construisons des bâtiments plus sains, plus économes en énergie et moins producteurs de déchets polluants. De nombreuses techniques d'isolation à base de bouteilles de verre, de paille et de chaux, de papier ont déjà fait leurs preuves. Une maison de 100 m2 peut absorber environ 30 tonnes de C02. Avec la chaux, on empêche la décomposition et on minéralise le C02, luttant ainsi activement contre le basculement climatique.

Nous pouvons faire face en développant des solutions concrètes à petite échelle. .... D'autres techniques peuvent être proposées pour stopper le projet de SITA SUD . Il n'existe pas qu'une seule solution.

"Nous n'héritons pas de la terre de nos ancêtres, ce sont nos enfants qui nous la prêtent."

Plus d'info :
- Association EDEN, 31520 RAMON VILLE http://perso.infonie.fr
- Site Biogaz en Suisse
- ARCHEA Etudes, constructions et suivi d'installations biogaz. Hoherkamp7, 31840 HESSISCH OLENDORF 05152527160
- station d'épuration de Mèze. Lagunage, épuration par microphytes et macrophytes.
- Site Tourne-sol.org

Bibliographie :
- Bio-Méthane 1 et 2. Bernard Lagrange/Edisud .La Calade. Aix en Provence.

Le collectif YES FUTUR décembre 2002.



Le biogaz

Dans un digesteur, par l'action des bactéries, il est possible d'obtenir du méthane à partir de plantes ou matières fécales d'animaux. Ce biogaz peut entraîner des moteurs ou produire de la chaleur. Les possibilités en agriculture et dans les stations d'épuration sont très importantes. Brûler le méthane est meilleur que de le laisser s'échapper par molécule. Le méthane induit en effet un effet de serre 20 fois plus fort que le C02.
Utilisé en co-générateur (chaleur et force), le biogaz est la meilleure source d'énergie pour l'environnement. Son développement, bien que régulier, ne reçoit pas les encouragements souhaitables. [ retour au texte ]

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