Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
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Post-scriptum à la note sur la perméabilité du sous-sol et les risques pour l'eau souterraine
Robert POLS, consultant en hydrogéologie, irrigation et conservation des sols

* Le site de Tanarès n'apparaît pas comme le résultat d'études préalables et exhaustives sur le plan hydrogéologique et environnemental, résultat suivi d'une sélection rigoureuse à l'échelle départementale ou régionale. Le dossier SITA Sud se présente plutôt comme une justification a posteriori d'un choix basé a priori sur la disponibilité d'un terrain quelconque.

Bien entendu, aucun site ne serait totalement sans risques, mais, suite à cette approche opportuniste, le site de Tanarès en accumule un maximum.

* On aura constaté dans cette note que l'interprétation des faits dans le dossier SITA Sud, ainsi que ses conclusions, sont en général orientées dans un sens aussi favorable que possible pour "conforter a priori un projet de stockage" (suivant une expression dans le dossier). Cela est choquant pour une étude qui se présente comme scientifique, et on est mal à l'aise devant un tel manque d'objectivité.
Certains diront qu'il est peut-être légitime, ou de bonne guerre, de défendre un projet et les intérêts en jeu. Oui, mais pas en déformant la réalité. Cette étude est de mauvais augure : comment faire confiance à SITA Sud pour la réalisation et la gestion d'un tel projet, alors que de prime abord, les faits techniques sont dénaturés ou détournés ?

* Cette note met l'accent sur le risque pour l'eau souterraine d'un projet de ce type à cet endroit. Ce sont les infiltrations extrêmement polluantes qui sont en cause. Celles-ci auraient un effet désastreux et cela quelle que soit la dimension du projet. En effet, un centre de stockage plus petit ne changerait pas fondamentalement le problème.

* Devant la menace qui pèse sur l'aquifère patrimonial de la région, il convient de rappeler à quel point les ressources en eau du Haut Languedoc, véritable "château d'eau" régional, sont un atout pour le Département ou la Région.

Il a été dit que, si 20ème siècle était celui du pétrole, le 21ème siècle serait celui de l'eau. Apparemment, le pétrole a la vie dure, mais pour une grande partie de la planète, l'ère de l'eau a déjà commencé et pas seulement en Ethiopie ou autour de la Mer d'Aral. L'eau est un enjeu primordial au Proche Orient, et la Libye construit un pipe-line, mais maintenant, c'est pour l'eau. Plus près de nous, la Catalogne est obligée d'en livrer à l'Andalousie. En France, les nappes s'épuisent comme dans le Sud-Ouest ou sont trop polluées comme en Bretagne ou en Ile de France. Il n'est pas exclu que certaines régions de France ou d'Europe soient amenées à importer de l'eau d'ailleurs.

Ainsi, l'eau n'est plus une ressource inépuisable, elle devient rare et, de plus en plus, un atout humain et économique. Dans cette perspective, les ressources en eau souterraine du Haut Languedoc sont d'une valeur inestimable. Cette eau est d'une pureté exceptionnelle, car les pollutions industrielles et agricoles par engrais et lisiers y sont faibles. Espérons que le Parc Naturel Régional préservera cet environnement.
Notre génération et nos dirigeants se doivent de sauvegarder ce capital, ce patrimoine. Les générations futures ne nous pardonneraient pas de l'avoir pollué et gaspillé par imprévoyance et manque de vision, et de l'avoir sacrifié à nos préoccupations à court terme.

Ces temps-ci on cite parfois cette sagesse amérindienne :
"La Terre ne nous appartient pas, nous l'avons emprunté à nos enfants."
Serait-il trop idéaliste de s'en inspirer ?

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