Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
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Lettre au commissaire-enquêteur
Gabriel Rodriguez - Président du Groupe Archéologique Saint-Ponais
Président de l'A.P.E.P.M.H.L. - Président Fondateur de la Fédération Spéléologique de l'Hérault
Président Fondateur de la Fédération Archéologique de l'Hérault - Président Fondateur du Spéléo Club de Saint-Pons

Saint-Pons, le 18 décembre 2002
A l'attention de Monsieur le Commissaire enquêteur

Le G.A.S.P. (*) en sa qualité d'association de défense du patrimoine s'est réuni en séance extraordinaire le 13 décembre 2002 pour débattre du problème de l'implantation d'un site de traitement et enfouissement des ordures, dans la commune de Riols, par la société SITA SUD, ce site devant accueillir 100 000 tonnes/an pendant 15 à 20 ans, provenant des communes des deux tiers du département de l'Hérault.
Après discussions diverses sur le projet, l'unanimité s'est faite pour le rejet total de ce projet surdimensionné. Le texte qui suit en explique les raisons.

La communauté saint-ponaise a fait ses dernières années des efforts plus que méritoires pour le tourisme : sentiers de découverte de la géologie, particulièrement le marbre, suivi de 2 symposiums qui ont mis en valeur cette richesse de notre commune.
Il faut aussi ajouter la valorisation de notre sous-sol avec le safari spéléo dans les grottes de Ponderach et du Saint-ponais en général.
Nous soulignons particulièrement l'engagement très important pour la réalisation du musée de la préhistoire et du mégalithisme.
Ceci et d'autres actions de ce type ont été couronnées par l'aménagement de la Maison du Tourisme, centre névralgique de cette activité si porteuse d'avenir.

Nous craignons que créer une gigantesque verrue par l'accumulation des ordures des 2/3 du département de l'Hérault ne soit un véritable refouloir pour les touristes que nous voulons attirer.
Nous sommes contre ce projet démesuré. Nous devons rester maître de notre territoire et le gérer dans l'intérêt de ses habitants, de son économie, de son environnement.
Il est impératif, cela est toujours possible lorsqu'on le veut, que le schéma départemental du traitement des ordures soit revu à une échelle plus modeste : un, deux, voire trois cantons au plus par secteur géographique.
Ceci partagerait équitablement les nuisances que nous produisons tous. Il est anormal qu'une petite partie de la population de notre département, supporte les nuisances des autres.

Le coût de cette réduction d'aire de dépôt d'ordures à plus petite échelle n'est pas un problème majeur. A l'échelle d'une année, ce coût par famille est acceptable.
La citoyenneté est synonyme d'égalité à tous les niveaux y compris et particulièrement dans le cas qui nous occupe, le traitement de nos ordures.
A chaque citoyen de l'Hérault de prendre ses responsabilités dans le cadre de son environnement local ou cantonal.

VOLETS TECHNIQUES

L'AQUIFERE

Le périmètre immédiat du site de Tanarès est riche d'un aquifère particulièrement important. Il est connu par les études qu'ont réalisé les clubs spéléologiques du secteur, le spéléo-club de Saint-Pons, le spéléo-club Montagne Noire-Espinouse, le spéléo-club de Béziers.

Les cavités principales de cet aquifère sont :
a) La grotte source d'Aupigno
b) La grotte source de St-Symphorien :
Plusieurs campagnes, avec un puissant matériel de pompage pour désamorcer les siphons de ces cavités, ont été réalisées par le spéléo-club de St Pons.
Elles n'ont pas permis de baisser significativement le niveau des eaux.
Celles-ci s'écoulent en période d'étiage dans le massif encaissant. En période de fortes pluies, les bouches de ces deux cavités servent d'exutoire et débitent plusieurs m3/seconde et affluent sur le ruisseau de Condades. Le débit souterrain d'étiage resurgit dans plusieurs sources sur la rive droite du Jaur à l'aplomb et à l'aval du Plô de Bellegarde, château d'eau du secteur.
c) La rivière souterraine de Rocheba : ce réseau fort de 1350 m de développement, est parcouru par une rivière souterraine dont l'origine est le ruisseau qui coule dans le ravin de Cavailhé qui prend sa naissance non loin du sommet du Plô de Bellegarde. Ce talweg recueille le ruissellement du massif. Ces eaux se perdent au contact des calcaires marmoréens du Cambrien

Des colorations à la fluorescéine ont été réalisées en 1966 par le spéléo club de St Pons, elles ont prouvé la liaison entre les pertes du ravin de Cavailhé et la rivière souterraine de la grotte de Rocheba entièrement alimentée par ce phénomène. Les eaux souterraines resurgissent dans le lit même de la rivière de Cazilhac à l'aplomb de l'entrée de la grotte. Il ne semble pas que l'étude hydro-géologique réalisée par SITA SUD, ait tenu compte de ce drainage souterrain que représente l'aquifère que nous décrivons partiellement et donc le danger d'une propagation de ou des pollutions produites par le site et aboutissant par la force des choses au Jaur.

ARCHEOLOGIE

Il existe dans un périmètre inférieur à 1 km, plusieurs sites archéologiques qui ne sont pas répertoriés dans l'étude de SITA SUD.

1) Important site mégalithique au lieu dit " le Triby " : dolmen, menhirs, tumulus.
2) Grotte II d'Aupigno qui recèle des vestiges de la préhistoire récente : Néolithique saintponien, et Bronze final.
3) Grotte de Roulio. Elle recèle les mêmes types de vestiges.

Ceci prouve que dans ces zones très abruptes et boisées, il peut encore être découvert des sites nouveaux.
Cette zone n'est pas un désert archéologique.

(*) G.A.S.P. = Groupe Archéologique Saint Ponais [ retour au texte ]

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