Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
télécharger ce texte

[ texte précédent ] [ retour au sommaire ] [ texte suivant ]

Les mystères de Tanarès
Etude hydrogéologique : incompétence ou omission volontaire ?

Les spéléos se posent bien des questions aujourd'hui à propos du secret qu'ils font peser sur leurs découvertes. A cause de cela, la SITA n'aurait pas pu connaître le réseau souterrain tout proche du site de Tanarès, réseau qui risque fort d'être contaminé, si le projet de décharge aboutit.
Mais qui a commis une erreur ? Les spéléos qui ont voulu protéger les richesses du sous-sol ? Ou la SITA qui n'a guère cherché les infos ?

En effet, on peut se poser la question : pourquoi la SITA et son bureau d'études n'ont-ils pas consulté les gens du terrain ? Cela se fait pourtant. Il n'y a pas bien longtemps, on a utilisé leurs services : les services hydrogéologiques du département, pour connaître les origines de la source du Jaur, ont convié à la tâche les spéléos de notre région pour faire des prélèvements d'eau dans les lacs souterrains en amont de la source.

Ici, rien de tel, pas la moindre consultation. Rien ne devait donc "filtrer" ? La SITA conclut à l'absence de nappe sur le site ! Raisonnement rapide quand on sait que notre petite région est truffée de rivières souterraines, de grottes, très belles, dont une déjà classée (celle de Lauzinas). Il est notoire aussi que le classement au patrimoine de l'humanité par l'UNESCO est demandé pour toute la bande calcaire qui va de Cabrespine à Olargues. La carrière Carayon et le site de Tanarès en font partie !
Le secret spéléo a été, en l'occurence, mis à mal (c'était plutôt un secret de Polichinelle). Malgré tous les indices, la SITA passe sous silence un réseau hydraulique important à proximité immédiate de Tanarès. Voyez plutôt :



La grotte-source de Rocheba, avec sa rivière souterraine permanente, dont les eaux aboutissent dans le ruisseau de Cassilhac, à moins d'un km ! Tout comme les grottes sources de Marso où on peut voir une nappe phréatique profonde, qui n'a encore pu être sondée. Elles ne sont même pas citées ! Et le Ravin Mort avec ses nombreux siphons qui ne peuvent qu'aboutir à une nappe importante. Et encore les cavités du Verdiau, l'Aven et le gouffre d'Euzèdes... Tout au long de cette vallée, il y a une constante circulation d'eau et une nappe importante à telle enseigne que, dans le goufre d'Euzèdes, des galeries de 20m de diamètre sont pleines d'eau en hiver et que les hauteurs d'eau dans les siphons varient de 40 mètres entre l'été et la saison humide ! Comment ne pas conclure à l'importance du réseau d'eaux souterraines dans cette zone ?

Et pourtant... C'est bien ce que la SITA s'est abstenue de faire. Elle s'est bien gardée de prendre en compte ces données locales, elle a soigneusement évité de consulter les spéléos qui savent bien, eux, que les dolomies sont fracturées, karstifiées, et que celles de Tanarès ne font pas exception. Cette lacune nous fait une curieuse impression.
Une impression corroborée par les forages et les tests inadaptés, mal situés et... peu profonds. Que penser de ces "erreurs" techniques et de toutes ces omissions ? Une société et un bureau d'études aussi expérimentés ont-ils ignoré tous ces éléments par incompétence ?
Ou alors ?....

[ haut de page ]