Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?

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Commentaires aux conclusions du BRGM - septembre 2003
par nos spécialistes


La lettre de Monsieur le Préfet du 1er Septembre 2003 nous a permis de prendre connaissance des conclusions de l'expert du BRGM en ce qui concerne l'orientation de la nouvelle campagne de reconnaissances sur le site de Tanares.

Une phrase a particulièrement retenu notre attention : "Donc, en terme de vulnérabilité potentielle des eaux souterraines, pour les formations schisteuses, le site apparaît bien adapté".

N'ayant pas eu connaissance de la totalité du rapport, il nous est difficile de connaître la portée réelle de cette affirmation. Il semble que ce jugement ait été formulé avant même d'avoir les premiers résultats des reconnaissances complémentaires. Dans ce cas, il faut rappeler que le législateur ne demande pas à l'expert un avis géologique personnel sur l'étanchéité d'ensemble des terrains de fondations ; il lui demande, de façon très précise, si ce terrain de fondation est conforme aux prescriptions légales.

Par conséquent, si cette affaire devait être portée devant les tribunaux, les experts devront répondre par oui ou par non, et sous leur propre responsabilité, à la question suivante : est-ce que le terrain de fondation du site de Tanares qui doit être utilisé comme centre de stockage de déchets ultimes, a naturellement les critères d'étanchéité définis par l'Arrêté Ministériel du 9 Septembre 1997, et destinés à créer une barrière de sécurité passive ?

On rappellera les prescriptions de l'article 11 de cet Arrêté Ministériel : "la barrière de sécurité passive"est normalement constitué par le substratum du site qui doit présenter, de haut en bas, une perméabilité inférieure à 1.10-9m/s, sur au moins un mètre, et inférieure à 1.10-6m/s sur au moins cinq mètres... ".

La première condition est très sévère et en même temps extrêmement importante : c'est cette couche de 1 mètre d'épaisseur qui contrôle les débits de fuites, puisque la couche sous-jacente est mille fois plus perméable.

Sur le site de Tanarès, il est rigoureusement impossible que l'exploitant trouve, en fond de fouille, une couche continue de 1 mètre d'épaisseur avec une perméabilité de 1.10-9 m/s. Par conséquent cette première barrière de sécurité passive, la plus importante, n'existe pas de façon naturelle. D'autre part, l'apport d'un mètre de matériau argileux compactable en fond de fouille proposé par la SITA n'apparaît pas comme une solution viable, d'autant plus que la nature et la provenance de ce matériau reste inconnu.

En dessous, il peut arriver que certains essais d'eau fassent apparaître des zones relativement étanches où l'on pourrait admettre que la perméabilité est inférieure à 1.10-6m/s. Mais, les essais déjà réalisés montrent une forte dispersion des résultats, de sorte que, inévitablement, certaines zones auront une perméabilité trop élevée vis à vis de la Loi. Là encore, la barrière de sécurité passive n'existe pas. Dans ce cas, il ne saurait être question d'éluder le problème en faisant référence à une sorte de "perméabilité moyenne", qui n'est absolument pas prévue par la Loi et à juste titre : il est bien évident que sur une passoire l'étanchéité du métal ne compense pas les vides des trous.

Dans ces conditions, nous souhaitons que le problème de la perméabilité des schistes soit enfin résolu et que cette nouvelle étude puisse permettre de répondre aux questions suivantes :
- est-ce que les nouveaux essais d'eau montrent que le terrain a une étanchéité naturelle conforme aux prescriptions légales ?
- si les terrains sont étanches comment expliquer l'absence de niveau piézométrique dans les forages de la campagne précédente ?
- quelles sont les conditions exactes de la mise en œuvre de ces nouveaux essais d'eau ?

Compte tenu des difficultés et des anomalies rencontrées jusqu'à présent, on ne peut demander au sondeur de résoudre tout seul les problèmes qu'il pourrait rencontrer au cours de ces nouveaux essais. La présence de l'expert géologue est indispensable sinon la validité des résultats serait sérieusement sujette à caution.

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