Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
 

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Lettre du Président de la Chambre d'Agriculture de l'Hérault
à Monsieur le Président du Syndicat Mixte de traitement et de gestion
des déchets ménagers de la zone Ouest de l'Hérault

copie envoyée au président de Patanarès

Lattes, le 27 janvier 2003

Monsieur le Président,

Je tiens à vous faire part de ma plus vive inquiétude concernant le devenir de l'agriculture de la zone du Saint-Ponais, et notamment celui des filières de qualité.
Plusieurs associations et organismes, parmi lesquels le Parc Naturel du Haut-Languedoc, m'ont informé du choix du col de Tanarès pour le futur site de déchets "ultimes" de la zone Ouest.

Je m'étonne tout d'abord que la Chambre d'Agriculture n'ait pas été associée, par exemple à travers un comité de pilotage, à l'étude du choix de ce site : l'organisme public que je préside, en tant que Chambre consulaire, représente les intérêts des agriculteurs du département.
L'agriculture, en tant que secteur économique, est pourtant directement touchée par l'impact du projet. Celui-ci a en effet des conséquences, à la fois sur le foncier et sur l'image d'un territoire, aui définissent les conditions d'exploitation et de vente des produits. Ainsi, l'implantation d'un CSDU agit directement sur l'une des activités économiques principales de cette zone rurale. Plus que les seuls produits agricoles, c'est l'ensemble de la branche agricole qui est touchée :
- L'agritourisme, notamment le réseau "Bienvenue à la ferme" subira forcément des retombées négatives liées à la détérioration de l'image du territoire.
- Les productions viticoles situées en aval du bassin versant qui risque d'être touché ensuite, dont les exploitations communiquent aussi sur leur environnement et leur territoire.
- Enfin, le manque de garanties de sécurité (lié à l'exploitation par une entreprise privée - manque de transparence - et aux failles techniques du dossier relevées lors de l'enquête publique) fait peser un risque sur la zone A.O.C. toute proche : quels moyens d'action, quelles retombées en cas de pollution des sols, de l'eau ou de l'air par exemple ?
Le défaut de concertation avec la profession agricole me sempble particulièrement préjudiciable à la validité de l'étude.

Certain de l'importance que vous saurez donner à l'agriculture, essence même de l'économie et outil du développement et du tourisme de cette zone, je vous demande de bien vouloir reconsidérer le choix du site, ou, tout au moins, d'apporter des garanties pour minimiser l'impact et les risques potentiels liés à son exploitation. L'apport de ces garanties m'apparaît nécessaire pour prévenir tout risque de mécontentement et de conflits locaux.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes sentiments les meilleurs.
Le Président, Jacques Gravegeal

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