Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint- Ponais ?
 

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Les associations de parents d'élèves et les personnels des établissements
d'enseignement des communes de Saint-Pons et de Riols (Hérault)
à Monsieur le Ministre de l'Education Nationale

Saint-Pons, le 19 janvier 2004

Monsieur le Ministre,

Monsieur le Préfet de l'HERAULT vient d'autoriser, par un arrêté en date du 29 octobre 2003, la société SITA SUD, filiale du groupe SUEZ, à exploiter, au lieu-dit TANARES, commune de RIOLS, près de SAINT-PONS DE THOMIERES, un centre de stockage de déchets ultimes au rythme de 75 000 tonnes par an pendant 20 ans.

En fait, il s'agira , non pas de déchets ultimes, mais pour l'essentiel, pendant les premières années, des déchets bruts, non triés et non traités, qui s'accumulent depuis plus de 2 ans dans les zones de stockage de certaines villes du département, et dont l'enfouissement tels quels est illégal depuis le 1er juillet 2002 (loi du 13 juillet 1992). La fermentation de ces déchets entraînera, au bout de cinq à six mois de stockage, la production de biogaz et de lixiviats.
Une partie non négligeable de ces biogaz ne sera pas brûlée et se répandra telle quelle dans l'atmosphère. Les gaz de combustion produits par les torchères seront très dangereux en cas de dysfonctionnement.
Tous les spécialistes admettent des risques d'explosion ou de combustion interne avec rejets de gaz très toxiques (occurrence: une à deux fois par an).

Or, la ville de Saint-Pons, avec ses établissements d'enseignement : Lycée Professionnel (avec internat) et écoles primaires, se trouve à moins de 1,5 km à vol d'oiseau du site prévu et à l'Ouest de celui-ci, autrement dit exactement sur le trajet du vent marin, et dans l'axe du vallon.
Quant au collège de la ville, construit sur une éminence à 1,2 km du site, ses 200 élèves, dont 32 internes, et ses personnels seront particulièrement exposés, puisqu'aucun obstacle ne les protégera des émanations toxiques.

Suite à un premier courrier des personnels du collège, en date du 10 février 2003, à destination de Monsieur le Recteur de l'Académie, de Monsieur le Préfet et du directeur de la DDASS, un inspecteur d'hygiène et de sécurité de l'Académie, Monsieur Yves TARBOURIECH, s'est rendu au collège. Arrivé un jour où soufflait le vent marin, il a pu vérifier le bien-fondé des craintes des personnels et des parents.

Quelques jours plus tard, le 24 avril 2003, le Comité Départemental d'Hygiène a approuvé le projet SITA (8 voix pour, 7 contre, 2 abstentions et 9 absents !), alors qu'aucun des représentants de l'Etat, qui ont tous voté "pour", n'avait mis les pieds sur le site (ni même à Saint-Pons). Sans doute se sont-ils fiés à la société SITA pour laquelle le vent marin n'existe pas à Saint-Pons puisqu'elle a fait établir l'aérologie du site à l'aéroport de Castres (bassin océanique).

Les parents d'élèves, Monsieur ZABATTA, alors Principal du collège, par lettre, le Conseil d'Administration des collèges de Saint-Pons et d'Olargues, par une motion, ont à leur tour alerté les autorités compétentes, et n'ont à ce jour reçu aucune réponse.

Devant ce mur de silence, il ne nous restait plus qu'à nous adresser à vous, Monsieur le Ministre. Certes, notre département a pris du retard dans le tri et le traitement des déchets, certes les ordures ménagères brutes se sont accumulées, certes les décharges sauvages sont nombreuses. Mais est-ce une raison suffisante pour mettre en danger la santé des populations, alors que des solutions alternatives existent ?
Nous faudra-t-il, au nom du principe de précaution, fermer les établissements d'enseignement chaque fois que soufflera le vent marin ?
Comment enseigner à nos élèves la protection de l'environnement et la citoyenneté quand le représentant de l'Etat dans le département autorise, dans le Parc Naturel Régional du Haut Languedoc, l'exploitation d'une énorme décharge parfaitement illégale, au lieu de promouvoir les initiatives visant à composter, stabiliser et valoriser les déchets ?

Ou bien faut-il croire que la tranquillité de Monsieur le Préfet et les intérêts de la société SITA, filiale du groupe SUEZ, priment sur toute autre considération ?

Les représentants de parents d'élèves et les personnels soussignés vous demandent donc, Monsieur le Ministre, d'user de votre autorité pour que la décharge de TANARES, si elle doit se faire, n'accueille que des déchets non susceptibles de polluer l'environnement et de mettre en danger la santé des populations en général et en particulier des enfants dont nous avons la charge.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l'assurance de nos sentiments respectueux et dévoués.

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