Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?

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Plan de Prévention de la production des déchets
La réaction du CNIID

Reçu par mail le 11 février 2004

L’augmentation croissante de la production de déchets en France, conjuguée à une pénurie des capacités de traitement a poussé le ministère de l’environnement à prendre en compte la nécessité de réduire les déchets à la source. Ainsi vient de nous être présenté un plan d’action pour la prévention de la production de déchets. Ce document a le mérite de donner à la prévention une place importante dans la politique des déchets. Toutefois, il est à craindre que comme les précédentes réglementations, celle-ci reste un vœu pieux.
Ce plan d’action prévoit une stabilisation de la production de déchets ménagers et de déchets industriels d’ici à 2008. "Cet objectif est peu ambitieux, en 10 ans, l’Etat du Massachusetts a réussi à réduire sa production de déchets toxiques de 50%" explique Florence Couraud, chargée de Campagne Production Propre au CNIID. Nous pourrions raisonnablement envisager une diminution de 30% de notre production de déchets d’ici à 2008. Ceci pourrait être réalisable grâce à une généralisation du compostage (30 à 40% du contenu de notre poubelle) et une promotion du réutilisable à l’instar du jetable.
Le ministère de l’environnement n’envisage que des actions à long ou moyen terme, pourtant sur le court terme des résultats pourraient déjà être escomptés avec tout les effets positifs que cela engendre ; forte symbolique, compréhension et adhésion des citoyens. En Irlande, une taxe de 15 centimes d’euros sur les sacs plastiques a permis de réduire leur consommation de 90 % en quelques mois. Les citoyens ont adhéré à l’initiative et ont compris l’intérêt de la démarche et sont donc sensibilsés à poursuivre dans cette voie.
Ce programme de prévention veut privilégier l’accord volontaire sur la réglementation, pourtant au vu des expériences passées et de ce qui a été exposé durant les deux journées consacrées à la prévention des déchets, organisées par le MEDD et l’ADEME, sans objectifs chiffrés, ni contraintes financières ou règlementaires, il y a peu de chances que la prévention prenne enfin la place qu’elle mérite dans le paysage des déchets.
Enfin, il apparaît important de souligner un paradoxe. Le MEDD déclare placer la prévention en tête des priorités nationales de la politique des déchets, pourtant il projette également la construction de nombreux incinérateurs sur l’ensemble du territoire. Si nous disposons d’incinérateurs capables d’éliminer les millions de tonnes de déchets de façon "hautement écologique" qu’est-ce qui nous incitera alors à réduire notre production de déchets ?
La nouvelle réglementation sur la mise en décharge constitue une opportunité de changer d’approche en matière de gestion des déchets, malheureusement le gouvernement a décidé de se réfugier dans la solution de facilité que constitue l’incinération. "Le choix d’une telle stratégie de gestion des déchets se fait au détriment des alternatives et de la prévention des déchets" regrette Florence Couraud. Pour être crédible un programme de prévention doit s’accompagner d’une politique cohérente de gestion de l’actuel flux de déchets ! Or l’incinération ne répond pas à ces exigences et ne permet pas une transition vers la réduction des déchets.
Qu’attend la France pour donner la priorité aux procédés alternatifs ?
Il existe pourtant des alternatives économiquement rentables et écologiquement efficaces de gestion des déchets en dehors de l’incinération.

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