Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?

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PREMIERS COMMENTAIRES
Jean Sabench - Conseiller municipal chargé de l'Environnement à la mairie de Riols

Sur la nature de la filière de traitement des déchets :

Les déchets ménagers seront enfouis tels quels à l'issue de la collecte, le tri sélectif intervenant avant. Ces déchets hautement fermentescibles, compactés et enfouis vont fermenter pendant très longtemps, générant encore 90rn3/heure de biogaz, ainsi que des lixiviats trente ans après la fermeture du site.

Le procédé choisi ne me paraît pas conforme aux prescriptions de l'arrêté ministériel du 9 septembre 1997 modifié qui précise que les installations de stockage ne recevront pas des déchets "n'ayant subi aucun processus de tri pour extraire. Leur fraction fermentescible ou biodégradable en vue de leur traitement biologique (compostage, méthanisation) ".
Le compostage ou la méthanisation permettent d'obtenir des produits quasiment inertes pouvant être stockés ou recyclés dans des conditions moins problématiques.
La masse de produits en fermentation va attirer des animaux et des insectes. Le site sera donc mis en état de dératisation permanente et des traitements insecticides seront effectués.
En 50 ans, combien de tonnes de pesticides hautement toxiques seront déversées sur cette zone ?

D'autre part les mâchefers issus de l'incinération des ordures ménagères ne devraient pas être admis car ils sont chargés de dioxines.

En conclusion, ce n'est pas le meilleur procédé qui a été choisi, mais le plus facile à mettre en œuvre à court terme.

Sur sa dimension :

Le centre peut recevoir 75.000 à 100.000 tonnes/an et couvrir une grande partie des besoins de la zone Ouest du département qui regroupe près des deux tiers du territoire.
Une des conséquences sera l'augmentation prévue du trafic routier avec 12% de poids lourds en plus sur la RN 112 entre St-Chinian et St-Pons.

Pour compléter les éléments de réflexion il faudrait mentionner le nombre d'accidents impliquant des poids lourds sur ce même tronçon routier, le nombre de blessés et de morts de ces dernières années.

Le site à été conçu pour faire face à une pluie maximum décennale de 152mm ce qui paraît insuffisant si on se réfère aux pluies qui sont tombées sur les départements voisins ces derniers mois.
Il aurait été préférable de réaliser plusieurs centres de stockage, moins importants sur la zone Ouest ce qui diminuerait les nuisances dues au transport. Dans le cas d'une pollution par infiltration les conséquences seraient diminuées d'autant.
Pour réduire le problème posé par les déchets il faut agir à la source, au niveau du citoyen, en le sensibilisant sur sa responsabilité de producteur de déchets et la collectivité qui en assure la collecte à un rôle important à jouer à ce niveau.
Dans le projet qui nous est présenté c'est tout à fait le contraire qui est réalisé : on ramasse les ordures et on va les jeter dans un trou caché dans la montagne ! En agissant ainsi on déresponsabilise tout le monde.

Sur la nature privée de la société qui présente le projet :

Dans le contexte économique actuel, dans les décisions concernant la gestion des entreprises les considérations financières pèsent souvent plus que les compétences industrielles.
Rappelons-nous le sort fait à l'entreprise des biscuits LU, malgré ses produits de qualité, sa bonne notoriété, et les bénéfices dégagés, les actionnaires, ayant d'autres objectifs ont décidé sa fermeture.
Dans ce contexte donc, voir une entreprise prendre des engagements pour une durée minimum de 50 ans est tout à fait surréaliste, et on ne peut guère accorder de confiance à un tel engagement.

En cas de défaillance prévisible de la société, les collectivités locales devront prendre le relais, selon le principe bien établi de la privatisation des bénéfices et de la collectivisation des risques et déficits.
Bien entendu il y a les garanties financières, mais en 2025 elles ne seront plus que de 729.431€ pour couvrir les 28 ans de surveillance obligatoire, soit un montant dérisoire de 26.051€/an pour continuer à extraire et traiter le biogaz et les lixiviats, effectuer les analyses et contrôles, dératiser, et maintenir le bon état des lieux.

Les garanties financières sont tout à fait insuffisantes.

CONCLUSION

Bien sûr, ce projet représente une amélioration par rapport à la situation actuelle et il faut bien trouver une solution pour nos déchets, mais il existe des procédés plus fiables et présentant moins de risques.

Pour les motifs énoncés ci dessus j'ai une opinion défavorable sur ce projet.

Les habitants de nos communes se demandent eut égard aux inconvénients réels ou possibles, quels avantages ce projet peut-il leur apporter ? Il faut bien reconnaître qu'à part 4 ou 5 emplois et quelques taxes professionnelles pour la Communauté de Communes, il n'y a pas grand chose à mettre sur l'autre plateau de la balance.
Beaucoup de gens ne savent pas qu'il y aune enquête encours.

Je demande donc que la durée de l'enquête publique soit prolongée.

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