Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
télécharger ce texte

[ texte précédent ] [ retour au sommaire ] [ texte suivant ]

      Nous publions ici l'avis de Michèle Comps, Porte-parole des Verts Hérault et maire- adjointe de Vieussan qui tout récemment, il faut le mentionner, pensait que le site de Tanares était géologiquement acceptable pour un centre d'enfouissement de déchets ultimes. Celle-ci a revu sa copie après les avis des différents spécialistes....
      Il faut savoir que des groupes associatifs ont participé aux réunions de concertation du SMGTEDMA sous la présidence de Michel BOZZARELLI (*).
      A ce titre, il ont été au courant partiellement d'un centre de déchets ultimes mais non fermentescibles sur Riols le 28/01/02.
(*) C'est le Monsieur qui nous a demandé si gentiment, au cours de la réunion publique, de faire preuve de citoyenneté et d'accepter sans rien dire les déchets du département.

Avis du Porte-parole des Verts Hérault
Michèle Comps - maire adjointe de Vieussan (Communauté de communes Orb-Jaur)

Vieussan, le 19 Décembre 2002

0bjet : Enquête Publique sur la création d'un CSDU
à TANARES, commune de RIOLS par SITA SUD


à Monsieur le Commissaire Enquêteur

Monsieur,

Je suis, à plusieurs titres,très concernée par la gestion des Déchets Ménagers et Assimilés dans le Département de l'Hérault.
J'ai participé à la réflexion sur la révision du Plan Départemental des Déchets Ménagers et Assimilés de l'Hérault en 2000 - 2001 à titre associatif ( CLAPE - LR).
J'ai travaillé en tant qu'élue au niveau de la Communauté de Communes Orb-Jaur à la mise en place de la collecte groupée des OM et de la collecte des recyclables. J'ai parallèlement participé à la réflexion sur la gestion des OM dans les Hauts Cantons, puis au travail initié par le SMGTEDMA de l'Ouest de l'Hérault.
Enfin, j'ai mené et continue à mener une réflexion au sein des Verts (et avec d'autres élus) sur une gestion écologique et citoyenne des Déchets Ménagers.

OBSERVATIONS sur le CSDU/ CENTRE de STOCKAGE de DECHETS ULTIMES de TANARES

1 - CHOIX DU SITE

Le CSDU est proposé par SITA SUD dans le site de l'ancienne carrière Carayon .
Il apparaît que le substratum du site n'est pas homogène, composé de deux roches différentes : schistes et dolomies. Bien que la nature de ce sol soit décrite avec une relative précision , il est à noter que l'avis de plusieurs personnes compétentes est opposé aux conclusions portées sur ce document : le sol serait très fissuré à l'endroit du site et la perméabilité du sol serait beaucoup plus importante que celle qui est évoquée dans le document d'enquête . Dans ce cas, il y aurait de grands risques de pollution du réseau des eaux souterraines, d'autant que le sous- sol de ce secteur est parsemé de grottes.

C'est pourquoi nous demandons une contre-expertise géologique pour préciser avec clarté si les risques liés à ce substratum peuvent permettre ou non l'installation d'un CSDU sur ce site.

2 - DIMENSION DU PROJET

Le projet de SITA SUD prévoit de recevoir de 75 000 t à 100 000 t /an pendant 20 ans (au total 1, 5 millions de tonnes de déchets). Cette quantité correspond à la totalité des besoins en capacité de stockage de déchets ménagers ultimes (hors DIB) de la zone Ouest à l'horizon 2005.

- Le transport d'une grande partie des déchets ménagers de la zone Ouest, depuis l'Agathois , le Piscénois ou le Clermontais vers un secteur aussi excentré que celui de St Pons-Riols ne répond pas à l'application du principe de proximité. Il va occasionner une augmentation conséquente du trafic routier ( 12 %) de camions : 41 camions / jour , qui emprunteront essentiellement (le tonnage le plus important venant des secteurs suscités) la RN 112. Or, sur cette route, on constate ces dernières années de nombreux accidents impliquant des poids lourds.

De plus, le projet prévoit de transporter les lixiviats hors du site : il n'est pas précisé où et pour quel traitement. 20 000 t/an de lixiviats (400t / semaine) augmenteront encore la quantité de camions sur les routes et le danger en cas d'accident et de renversement d'un camion (métaux lourds, produits chimiques).

- L'augmentation de la quantité de Déchets augmente les nuisances prévues sur le site et les risques en cas d'accident non prévu : Odeurs, envols, augmentation de la surface d'exploitation et problème d'insertion dans le paysage, risques de pollution des eaux souterraines par les lixiviats liés à une rupture de la géomembrane, risques lié à l'éventualité hautement probable de précipitations beaucoup plus importantes que prévues (climat méditerranéen) entraînant un mélange avec les lixiviats et un débordement, risques d'incendie (cités comme fréquents dans le document ), nuisances liées au biogaz et aux gaz à effet de serre dégagés... etc.

- L'éloignement du Centre de Stockage du lieu de production des déchets n'incite pas les populations concernées à réduire la production de leur déchets et à en faire le tri pour les valoriser et limiter la quantité mise en centre de stockage. La gestion des déchets est un problème collectif qui nécessite la responsabilisation et la coopération des citoyens.

C'est pourquoi, nous pensons qu'un centre de stockage de cette dimension n'est pas souhaitable : il faut mettre en place plusieurs CSDU sur la zone Ouest en relation avec les secteurs énoncés dans le Plan : Hauts Cantons , Biterrois 1 et 2 , Centre Hérault , Piscénois -Agathois.

Un Centre de Stockage pour les Hauts Cantons serait à une échelle raisonnable, permettrait de limiter les transports et répondrait au principe de proximité.

3- NATURE DES DECHETS :

Les déchets prévus appartiennent à la catégorie E, peu évolutifs, et à la catégorie D fortement évolutifs car contenant une fraction organique fermentescible.
Ils seraient composés de :
. Ordures Ménagères : 55% fortement à moyennement fermentescibles.
. Déchets Industriels Banals : 30 % moyennement à peu fermentescibles .
. Boues de Station d'Epuration : 3% fortement fermentescibles . Déchets Inertes : 12 % ( non fermentescibles )
Notons que dans la catégorie Déchets inertes, on peut trouver des mâchefers résultants d'incinération remplis de métaux lourds et de dioxines : cette catégorie de déchets ne doit pas être admise dans aucun CSDU de la zone Ouest puisqu'elle a choisi de refuser ce procédé et donc tous ses dérivés.

Notons également que les collectivités n'ont pas obligation à collecter et à mettre en stockage les DIB , qui proviennent de professionnels. Si des DIB sont acceptés dans un Centre de Stockage privé, la prise en charge du coût de leur stockage doit incomber aux professionnels ou bien ces derniers doivent s'acquitter d'une redevance spéciale si les collectivités collectent leurs DIB qui doivent être également traités et valorisés (pour le recyclable comme pour la fraction fermentescible ).
...Lixiviats : 20 000t provenant de la fermentation des OM, DIB et Boues FERMENTESCIBLES
...Biogaz : composé essentiellement de méthane à 50 %, de gaz carbonique à 35 % et d'hydrogène sulfuré (nauséabond), il se dégagera pendant 50 ans avec une pointe de production au bout de 20 ans de 1115 m3/h soit 10 millions de m3/an. Il sera récupéré à 70% et brûlé par une torchère. En période de pointe , il y aurait rejet de 7,3 millions de m3 annuels de gaz à effet de serre composés du biogaz non collecté : 30% du volume total ( 3millions de m3/an ) et du gaz carbonique produit par la torchère (plus de 4millions de m3 annuels).

Ces quantités de lixiviats et de biogaz prévus, le dimensionnement des installations de récupération de biogaz et de lixiviats, la nature des déchets entrants prévus , tout nous indique que ce Centre de Stockage va accueillir des déchets non traités qui ne sont pas des déchets ultimes.

Or, la loi sur les déchets ménagers et assimilés de 1992, la circulaire Voynet d'Avril 98, et l'arrêté de Septembre 97 modifié disent clairement qu'à partir de Juillet 2002 , les installations de stockage ne seront autorisées à accueillir que des déchets ultimes, le déchet ultime étant constitué de la fraction non récupérable des déchets et elles ne recevront pas de déchets bruts c'est-à-dire "de déchets non issus de collectes séparatives et n'ayant subi aucun processus de tri pour extraire :
- des matériaux en vue de leur recyclage, comme le verre, le papier- carton , plastique, etc...
- de leur fraction fermentescible ou biodégradable en vue de leur traitement biologique ( compostage, méthanisation) ou épandage agricole, - des produits usagés faisant l'objet d'une élimination dédiée... "


Le traitement et la valorisation des déchets fermentescibles des OM et des déchets verts par compostage avec collecte séparative ( FFOM ), ou méthanisation, ou encore de stabilisation par compostage des déchets résiduels (de toutes les OM non collectées en FFOM ou non recyclées) sont inscrits dans le nouveau plan révisé en 2002 et seuls les refus de ces traitements sont considérés comme déchets ultimes. Ces obligations , non seulement réduisent considérablement les nuisances par inertage de la matière organique, mais elle réduisent considérablement les volumes à mettre en Centre de Stockage.
De même, les boues de station d'épuration doivent être traitées par compostage ou desséchées et épandues mais elles ne doivent pas être mises en CSDU.

Il est impossible d'autoriser l'ouverture d'un nouveau CSDU après Juillet 2002, en y envoyant des déchets non triés et valorisés.
Il est indispensable de mettre en place la filière de traitement et de valorisation de la matière organique sur la zone Ouest comme prévu dans le Plan et comme le réalise actuellement le Centre Hérault , avec, à minima, une stabilisation par compostage de cette matière, avant toute autorisation de stockage en CSDU.


4 - SUR LA NATURE PRIVEE DU PROJET DE CSDU

La gestion des CSDU par un privé ne favorise pas la réduction des déchets qui y entrent , puisqu'ils doivent réaliser des bénéfices sur cette activité.
De plus, les citoyens sont plus responsabilisés et peuvent mieux contrôler les choix, et les coûts, qui les concernent directement, puisque c'est de leur vie et de leur argent qu'il s'agit, si la gestion est faite par la collectivité . Une gestion publique , si l'investissement est réalisable , nous paraît bien préférable.


CONCLUSION

Comme exprimé tout au long de ce texte , nous refusons ce projet en l'état et nous attendons que nos demandes soient prises en compte afin que des projets alternatifs correspondant à nos propositions de gestion écologique et citoyenne des Déchets Ménagers et aux exigences légales voient le jour sans tarder.

Pour Les Verts Hérault, Michèle COMPS, porte- parole

[ haut de page ]