Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
 

[ texte précédent ] [ retour au sommaire ] [ texte suivant ]

Demande d'inscription à l'ordre du jour du C.M. de Bédarieux
pour un centre de stockage de déchets vraiment ultimes
à l'échelle des Hauts-Cantons et en gestion publique

Christian Olive, conseiller municipal à Bédarieux

Monsieur le Maire

Un peu d'histoire, la question des déchets n'est certes pas nouvelle. Selon Jean Gouhier, l'origine du mot est double. L'une signale l'insulte, le pas propre : c'est l'immondice, du latin "immondus", source de nuisances dont les habitants de la Rome Antique se plaignaient abondamment. L'autre "dérive du verbe déchoir, au XIIIe siècle, on parle de deschié (!) en évoquant un bien déchu". Dans les campagnes, et de tous temps, on ne créait pas de déchets : comme Mr Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, on RE-UTILISAIT.
Le déchet n'est donc pas obligatoirement sale, c'est simplement ce que l'on abandonne, il est constitué des objets dont on se débarrasse et qui parfois peuvent servir aux autres ou d'autres façons.
Parler de déchet c'est reconnaître que nous sommes impliqués dans sa création et que cet objet que nous avons dans la main nous encombre. Ce n'est plus le réflexe de l'ordure sale qui culturellement se purifie par le feu en choisissant l'incinérateur ou plus moderne la torche à plasma.
Parler de déchet c'est s'apercevoir que cet objet que l'on destine à l'abandon, est le résultat d'un choix que l'on peut maîtriser, comme l'on peu maîtriser les coûts des factures qui en découlent.
Une grande partie de notre poubelle, vous le savez bien, est le résultat de notre mode de consommation et est constituée d'emballages qui sont recyclables et n'ont rien à faire dans une décharge ou dans un incinérateur. Il semble de bon sens de trouver inintéressant de fabriquer, en mobilisant beaucoup de matière première, d'ingéniosité, de machine, d'énergie, un sac plastique pour l'utiliser au maximum une heure et ensuite aller le brûler dans une installation sophistiquée.
L'autre grande partie, représentant plus de la moitié de notre poubelle, est constituée de matière "fermentescible", c'est à dire de matières qui peuvent dans certaines conditions retourner à la terre et qui sont composées comme le corps humain en grande partie d'eau. Il semble de bon sens de redonner à la "Terre" ce qu'on lui à pris et de ne pas aller incinérer des produits principalement composés d'eau.
La petite partie de déchets restante et composant notre poubelle pourrait être incinérée, "elle est sale". Malheureusement elle représente si peu qu'un incinérateur aux normes ne peut pas être rentable avec si peu de quantité.......

Depuis juillet 1992, l'ensemble des élus est tenu de mettre en oeuvre les moyens nécessaires aux traitements et à la collecte des déchets en respectant le plan départemental des déchets ménagers et ceci avant juillet 2002.
Bédarieux, commence tardivement à répondre à cette obligation en mettant en place une collecte sélective qui va appuyer la démarche déjà initiée par l'ouverture de deux déchetteries. La collecte sélective et la déchetterie ayant pour cible principale les déchets recyclables.
Pour les autres déchets nous avons peut être beaucoup trop délégués nos obligations à une association regroupant l'ensemble des communes de l'ouest du département.
Aujourd'hui, cette association n'a pu initiée aucune démarche concrète, malgré la nécessité impérieuse de trouver des sites d'accueils pour les déchets ultimes.
D'un côté les communes produisent des déchets qu'elles ont l'obligation de traiter, et de l'autre elles délèguent une partie de ses obligations à des regroupements qui ont pour objectif d'attendre ou de susciter des initiatives privées, avec l'ensemble des impacts négatifs qui les accompagnent et qui sont principalement liés au seuil de rentabilité économique de telle entreprise.

Le cas de l'éventuelle décharge de la SITA à TANARES en est l'exemple parfait. Le projet de SITA SUD prévoit de recevoir de 75 000 t à 100 000 t /an pendant 20 ans (au total 1,5 millions de tonnes de déchets). Cette quantité correspond à la totalité des besoins en capacité de stockage de déchets ménagers ultimes (hors DIB) de la zone Ouest à l'horizon 2005.
Le transport d'une grande partie des déchets ménagers de la zone Ouest, depuis l'Agathois , le Piscénois ou le Clermontais vers un secteur aussi excentré que celui de St Pons-Riols ne répond pas à l'application du principe de proximité demandé dans la loi et par le plan départemental.
En effet une démarche de responsabilité consisterait à rechercher et à proposer des sites d'accueils pour les déchets ultimes le plus proche des lieux de production. Ces sites seraient de dimension raisonnable. Chacun chercherait à préserver le plus longtemps possibles la décharge de son secteur et favoriserait au maximum le recyclage et ainsi diminuerait notoirement les impacts environnementaux.
Une démarche moins responsable consiste à laisser faire l'initiative privé agir seuls, dans le choix des terrains et dans ce cas le choix du site n'est peut-être pas le meilleur. De plus la rentabilité veut la concentration et débouche sur des sites qui en fin de vie seront des friches industrielles dangereuses. Dangereuses car l'objectif d'une initiative privée n'est pas de faire durer le plus longtemps, mais de remplir au plus vite - le tri des déchets devient moins important et le risque d'accident à long terme augmente.
C'est pourquoi, nous pensons qu'un centre de stockage pour l'ensemble de la zone ouest n'est pas souhaitable et qu'il serait nécessaire d'envisager rapidement de trouver des lieux d'accueils pour la mise en place de plusieurs CSDU sur la zone Ouest en relation avec les secteurs énoncés dans le Plan : Hauts Cantons , Biterrois 1 et 2 , Centre Hérault , Piscénois -Agathois.

Un Centre de Stockage pour les Hauts Cantons serait à une échelle raisonnable, permettrait de limiter les transports et répondrait au principe de proximité. De plus, les citoyens sont plus responsabilisés et peuvent mieux contrôler les choix, et les coûts, qui les concernent directement, puisque c'est de leur vie et de leur argent qu'il s'agit, si la gestion est faite par la collectivité.

Une gestion ou l'initiative publique est prise en compte nous semble préférable. Nous demandons donc au conseil municipal de Bédarieux de s'engager à créer les conditions avec les communes de son secteur pour que soit mis en place un CSDU pour les Hauts cantons - dont la dimension correspondra au tonnage de déchets ultimes de notre secteur - pour lequel existera une vériatble mobilisation citoyenne pour définir le lieu d'implantation - et qui n'écartera pas l'initiative publique dans sa gestion.
Vous remerciant par avance, cordialement
Christian OLIVE

[ haut de page ]