Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
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PARTICIPATION A L'ENOUETE D'UTILITE PUBLIOUE
RESUME DU PROJET

Jean Sabench - Conseiller municipal chargé de l'Environnement à la mairie de Riols

Vu la complexité du dossier soumis à l'enquête il me paraît nécessaire, avant d'émettre toute considération, de repréciser le projet. Toutes les données mentionnées ci dessous sont tirées du dossier présenté par la société SITA Sud.

Où se situe le site de Tanarès?
[carte]
D'où viennent les déchets ?
[schéma]
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projet fait par SitaSud]

Volume des déchets :

Le centre de stockage est prévu pour recevoir une quantité moyenne de déchets de 75000 tonnes/an pendant 20 ans, et pour recevoir un maximum de 100.000 tonnes/an. Le flux de véhicules généré est estimé à 41 camions/jour.

Nature des déchets :
(hypothèses retenues pour le calcul des volumes de biogaz et de lixiviats)

Ordures ménagères (fortement à moyennement fermentescibles) : 55 %
Déchets industriels banals(moyennement à peu fermentescibles) : 30 %
Boues de stations d'épuration (fortement fermentescibles) 3% (2.250T/an)
Déchets inertes (non fermentescibles) 12 %

Parmi les déchets industriels admissibles on trouve ceux provenant de l'industrie du cuir, du textile, des produits laitiers, de la transformation des viandes, de la pâte à papier, etc.

Parmi les inertes admissibles :
des déchets industriels et commerciaux assimilables aux O.M.,
des résidus de broyage de biens d'équipement,
des cendres et suies de combustion du charbon, et des mâchefers issus de l'incinération des ordures ménagères, etc.. . . les déchets de type E4 pouvant contenir de l'amiante lié doivent être stockés dans un casier dédié.

Traitement :

Les déchets sont compactés et enfouis sans aucun tri ou traitement préalable. Après enfouissement les déchets vont fermenter pendant plus de 30 ans en produisant des effluents polluants : biogaz et lixiviats (jus de fermentation), et attirant des insectes et des animaux.
Les cellules de stockage sont creusées dans un substrat peu perméable. L'étanchéité est assurée par une couche d'argile d'un mètre d'épaisseur couverte par une géomembrane et un géotextile.
Les différents sondages effectués ont mis en évidence de faibles circulations localisées d'eau, sans relation directe avec l'aquifère profond local, les études concluent à la faible vulnérabilité du site.

Collecte et traitement des flux polluants :

Lixiviats : collectés par un réseau de drainage et des canalisations en fond de cellules et stockés dans un bassin de rétention. La production maximum est évaluée à 20.000 T/an, soit 400T/semaine, ils seront traités hors du site. Ils présentent des risques bactériologiques et chimiques.

Biogaz : la production maximum sera atteinte 21 ans après l'ouverture du site, en 2024, avec 1.115 m3/heure soit prés de 10 millions de m3/an. Elle diminuera progressivement, et en 2054, à la fin du suivi trentenaire du site elle sera de : 90m3/heure soit 780.000m3/an.
Le biogaz est collecté par des puits creusés dans la masse et conduit vers une torchère, pour être brûlé à haute température, la production d'énergie électrique pourrait être envisagée.
Les techniques récentes de dégazage ont des performances de récupération en général voisines de 70%.
Composition du biogaz :
- méthane 50%,
- gaz carbonique 35%,
- hydrogène sulfuré(à l'odeur nauséabonde) 0.4g/m3,
- vapeur d'eau 11.7g/m3,
- des composés organiques volatils 0,1 à 0.25 mg/m3(hydrocarbures, cétones, alcools, aldéhydes, esters),
- composés halogènes 1.4mg/m3

Oiseaux, rongeurs, insectes : attirés par la nourriture, et par la chaleur dégagée par la masse enterrée en fermentation(35°) pour nidifier (rongeurs et insectes).
Les oiseaux seront chassés par effarouchement (fauconnerie, bruit...), le site sera mis en état de dératisation permanente, et désinsectisé.

Nuisances :

Air :

Biogaz : Le rendement de la récupération étant de 70% cela signifie qu'en période de pointe 3 millions de m3 de biogaz seront lâchés annuellement dans l'atmosphère. Dans ces mêmes conditions 3200g d'hydrogène sulfuré suivront chaque jour le même chemin (les mercaptans, autres produits malodorants ne sont pas dosés).

Gaz de combustion de la torchère : il contient 10%de gaz carbonique (maximum annuel 4.8 millions de m3), 0.35mg/m3 de CO, 0.01% de méthane.

Rejets de gaz à effet de serre : le volume total maximum annuel est de 7,3 millions de m3 (20.000 m3/jour), dus au biogaz non collecté et au gaz carbonique produit par la torchère.

Dioxines rejetées par la torchère : une étude INERIS précise que les concentrations de dioxines et furanes sont très inférieures à la valeur limite relative aux incinérateurs d'ordures ménagères et non significatives.

Eau :

Eaux de pluies : les eaux de ruissellement extérieures sont recueillies par une tranchée en pourtour du site. Les eaux de ruissellement intérieures, non susceptibles d'avoir été en contact avec les déchets sont recueillies dans un bassin "eaux propres " conçu pour une pluie maximum décennale de 15cm. Les eaux en contact avec les déchets font partie des lixiviats.

Lixiviats : ils sont contaminés biologiquement et contiennent de nombreux produits chimiques, et des métaux lourds.
Les risques potentiels concerneraient l'ingestion d'eau contaminée par les lixiviats ou l'ingestion de ceux-ci par des animaux entrant dans la chaîne alimentaire. Les métaux lourds peuvent être fixés par les racines de certaines plantes et intégrer la chaîne alimentaire.
Les lixiviats collectés dans le fond des cellules étanches et stockés dans un bassin de rétention. L'étude incendie mentionne que dans de tels centres il y a un incendie tous les ans ou tous les deux ans, des composants du biogaz étant combustibles et pouvant, dans certaines conditions provoquer des explosions. Les feux profonds peuvent endommager la membrane d'étanchéité ainsi que les réseaux de drainage des lixiviats et du biogaz.
Ces effets potentiels peuvent se définir comme une probabilité d'altération de la santé des populations riveraines suite à l'exposition à des dangers représentés par des substances. En l'absence de toute exposition, le risque sera nul quel que soit le niveau de danger considéré.

Conclusion : " le centre de stockage projeté ne pourrait être à l'origine d'effets directs ou indirects sur la santé des populations environnantes. "

Circulation routière :

Le nombre moyen de véhicules d'apport de déchets attendus est de 41 camions par jour, soit 82 passages. Ceci correspond à une augmentation de 12% du trafic poids lourds sur la RN 112 entre St-Chinian et St-Pons. Le trafic génère par l'enlèvement des 20.000 tonnes de lixiviats (maximum annuel prévu) n'a pas été pris en compte dans cette estimation.

Contrôles :

Les émissions de gaz de combustion, la nature de lixiviats ainsi que la qualité des aménagements d'étanchéité seront suivis par des analyses et des contrôles internes et externes.

Immobilisations financières :

Elles seront évolutives avec le temps : maximum 1.792.84 euros en 2010 ; 729.431 € l'année 2025 en début de période de post exploitation.

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