Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
 

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Pluviométrie ; dossier en réponse de la société SITA Sud ; commentaires
par Olivier Fuchs

le 28 février 2003
Objet : Projet de centre d'enfouissement au lieu-dit Tanares (commune de Riols)

J'avais fait parvenir à Monsieur le Commissaire enquêteur une lettre dans laquelle je lui faisais part des erreurs relevées dans le dossier. La réponse de la SITA à ce sujet est pour le moins légère :

1- La SITA ne reconnaît pas avoir commis d'erreur :
Tout d'abord page 38, il est dit : "Sur la base d'un relevé de 256,4 mm en 24h intervenu le 12 novembre 1999 (données issues du rapport contradictoire de l'association Patanares), le volume engendré...".
Ces données, qui ne sont pas contestées par SITA sont néanmoins celles qu'elle aurait dû utiliser, puisqu'il s'agit tout simplement de la pluie décennale telle que définie dans le rapport initial, à partir de la station météo de Courniou que SITA elle-même a choisi de considérer. Ce sont d'ailleurs les données utilisées pour l'étude d'impact relative au dossier de régularisation de la société charpentes et sciage du Haut- Languedoc dont l'enquête publique vient de se terminer le 28 février 2003.
Le mémoire en réponse de SITA ne reconnaît pas l'erreur qu'elle a commise puisqu'elle a utilisé pour ses calculs une pluviométrie décennale de 152 mm lors du dossier présenté en enquête publique.

2- La SITA dit prendre en compte une pluviométrie décennale de 256,4 mm et affirme que le bassin prévu pour les lixiviats est suffisant :
La SITA affirme bien qu'en prenant en compte une pluviométrie de 256,4 mm le volume du bassin devrait être de 1200 m3, mais ne compte pas effectuer un tel bassin, se contentant de le remplacer par deux paragraphes de verbiage, méprisant les risques de pollution par les lixiviats. En effet, SITA affirme que le fond de forme contenant des matériaux drainants cela permet une rétention interne d'environ 6450 m3 , et pourrait donc absorber une pluie de période de retour de 357 mm, soit 100 mm de plus que la pluie décennale de référence (p.38 du dossier en réponse).
Or, cette donnée était déjà inscrite dans le dossier soumis à enquête publique (dossier K7117-VP- septembre 2002 p61/105) rédigé par SITA-Sud, et cependant un bassin de stockage étanche des lixiviats de 850 m3 devait être réalisé dès l'origine.
Ce bassin correspondait à une capacité légèrement supérieure à 393m3 de lixiviats (moyenne de bâchée hebdomadaire), ajoutée aux 456m3 de pluie correspondant à une pluie décennale de 152mm. Le pouvoir drainant du fond de forme, s'il était signalé, n'était pas comptabilisé pour absorber le surplus de lixiviats de l'alvéole en cours d'exploitation, car bien entendu, il pouvait déjà être saturé en eau (les pluies du marin dans notre région ont souvent lieu pendant plusieurs jours et descendent dans le bassin des lixiviats de façon gravitaire, comme cela est réaffirmé page 37 du mémoire en réponse ; on peut d'ailleurs noter qu'un pompage des lixiviats dans le fond de forme ne donnerait pas satisfaction en raison de la rétention invoquée pour les matériaux drainants et les ordures). L'ensemble de ces mesures est d'ailleurs tout à fait contestable, puisque apparemment, le seul casier considéré est celui en exploitation. (Les autres sont considérés comme étanches et ne générant pas de lixiviats en cas de pluie ? Ils sont branchés sur le réseau eau propre ? Je n'ai pas le document sous les yeux, donc je m'interroge).

3- SITA dit prendre des précautions en surestimant les quantités d'eau :
Les calculs initiaux de SITA ne sont que des approximations, puisqu'ils sont calculés sur des moyennes annuelles ramenées à la semaine (20447 m3/an soit 56 m3/jour), alors que les pluies dans le midi de la France ne sont pas régulières, mais beaucoup plus intenses à certaines périodes de l'année (automne, hiver). Reflèteraient-ils la réalité, un surdimensionnement du bassin des lixiviats serait indispensable, au minimum comme le dit la SITA elle-même, le bassin devrait être de 1200 m3, ce qui dans en fait serait encore nettement insuffisant.

4- SITA devrait aussi prévoir d'augmenter la capacité du bassin eaux propres :
J'ajouterai enfin que, en prenant les formules de SITA sans les contester le bassin eaux propres doit aussi être surdimensionné, puisque les calculs ont été faits sur la base de 152 mm (p.54 du dossier initial). Le calcul doit donc être, avec une pluie décennale de 256,4 mm,
V = 59400 x 0.256 = 15 200 m3

soit 6200 m3 supplémentaires. Le surdimensionnement serait, de l'aveu même de l'étude, indispensable, puisqu'il est dit page 55 du dossier initial "les eaux du bassin sont rejetées, après contrôle, dans le fossé des eaux de ruissellement externe, situé au nord du bassin". Je n'ai pas vu dans le mémoire en réponse, qu'il était prévu un surdimensionnement de ce bassin eaux propres.

Conclusion
Je terminerai en disant que toutes ces négligences, omissions, calculs faussés qu'a présenté la société SITA-Sud font penser à une action délibérée pour réaliser des économies au détriment de la sécurité, de la qualité de l'environnement, voire de la santé des habitants. (Ceci est d'autant plus dramatique que les pollutions, lorsqu'elles auront eu lieu, seront irréversibles). Je me garderai de conclure de façon formelle qu'il y a eu abus, mais avant que nous n'en arrivions à un jugement administratif qui pourrait conclure en ce sens, je laisse ce soin au jugement de Monsieur le Préfet, qui pourrait permettre, par l'arrêt de ce projet, d'éviter des désastres, des frais inutiles au contribuable qui finance les aménagements externes (routes par exemple), et à la Société SITA-Sud elle-même, qui n'engagera pas de dépenses supplémentaires inutiles, avant que ce projet ait été déclaré irrecevable.

On pourrait sans doute fouiller encore plus profondément le dossier sur ce point de vue des eaux, du ruissellement, etc. MAIS est-ce nécessaire ? Je ne suis en aucune manière un spécialiste, et je ne le revendique pas. Je me contente d'essayer de montrer, à la lecture du dossier (et du mémoire en réponse) qu'il existe pour le moins des incohérences dans les affirmations de SITA-Sud, dans un domaine pour lequel les données considérées sont en contradiction avec les conclusions (tirées par SITA).