Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
 

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Le voyage à la Bretagne
La souscade du Francescou du 15 août 2003

L'autre coup sur le marché à Saint -Pons, un liseur de francescouyounade m'a fait cette réfection comme quoi il s'était fait du méchant sang ces derniers jours. A cause que des dizènes d'abonnés ils avaient pas reçu à temps la livraison régulière de ma cronique habituelle. Y trouvaient ça inhabituel. Et pas très régulier.
A ces centènes de fans (de chichoune), à tous ceux là que je compte pas mais qui se comptent par milliers, et s'ils se comptent pas qu'ils comptent pas sur moi, vous qui n'êtes pas mes amis parce que je vous connais pas mais si je vous connaissais, sans doute vous pourriez l'être parce que je suis de naturel affectueux et je m'attache facilement, sauf si on me cherche des crasses dans ce cas-là on me trouve, si vous me croyez pas vous avez qu'à demander au garde, à tous je leur dis, je vous dis: j'ai pas écrit ma cronique dromadaire habituelle parce que j'étais pas là. J'étais parti en vacances. Ça s'appelle un cade. Un cade force majeure. J'ai fait une cure d'inaxion. Ça me change, moi qui en branle pas une le reste de l'année. Et comment ça s'est passé, je vais vous le raconter, parce que ça vaut dix.

Moi et Ginette et tous ceusses du Cercle des Ainés aux Cheveux d'Argent, c'est comme ça officiellement qu'on nous appelle, mais quand les responsaples y sont entre eux y disent plutôt C.A.C.A.:
- "On a pas encore fait la tombola des CACA..."
- "Y faudra leur faire péter un petit feu d'artifice à quarante ronds, les CACA seront contents..." - "Les CACA nous emmerdent au club-macramé avec le coup de la pause syndicale à quatre heures..." etc...
Nous on s'en fout, c'est pas méchant, on est bien vivants, y a pas à se formoliser. Et cette année, pour les vingt ans de l'Amicacale, on nous a proposé un voyage en autobus avec une formule astreyante. Ça s'appelle Carnaque Travèle: tu paies ce que tu veux et on te roule pour ton argent. C'est comme à la carte: esemple, tu paies le minimum, hébé le car y te laisse à Maraussan, juste un esemple et toi tu te dépatouilles tout seul pour visiter et trouver à te loger. Et le car qui est allé au Naval de Venise entretemps y passe te reprendre au retour dans quatre jours si tout va bien. Mettons tu paies un peu plus, y te laisse à Nimes. Mettons encore plus, à Marseille. Ceux qui ont payé plein pot cache, ils ont le droit d'arriver à la frontière, d'acheter en promo des montres juste tombées du camion et une carte postale. Le temps de pisser un coup, y remontent dans l'autobus et retour à Aubercaille. Ça raï, on blague, on rigole, ça fait passer le temps; on oublie un peu les salopéjades qu'on nous prépare au pays. On peut même raconter des couyounades dans le micro quand le chauffeur est à la coule. Des fois même y nous met un air avec de la musique et nous on chante les paroles. Ça s'appelle le Carat Coquet. Mais nous pour se marrer on dit le CACA aux raies. Je vous dis pas l'ambiance. L'an dernier, je leur ai chanté Nuit de Chine sur un air de râpe. En béarnais. Même dans la soute aux bagages y parait qu'on m'entendait encore.

Bon hé bé cette année avec l'argent que j'avais mis de coté j'ai pu me payer le voyage à la Bertagne. Et tiens-toi dret qu'on va trotter et à bomber la vieille! En parlant de vieille, Ginette qui est plutot sarre-piastres est partie avec pas assez de sous et en plus elle s'est trompée d'autobus ce qui fait que fin finale elle s'est retrouvée à Cournonterral. Pas fachée.Ça lui fait des vacances. Et nousautres aussi. Elle nous dit qu'elle s'est vite habituée au changement d'air. Elle nous a envoyé une carte qu'elle a faite elle-même avec l'emballage d'un paquet de petit-beurre. Au moins c'est original, ça fait pas dépenser et le geste c'est ça qui compte.

Mais que je vous entremiette de mon périple à moi. On dit du temps à la Bertagne, et patali et patala, comme quoi y ferait pas souvent beau et ceci cela. Moi qui suis été la semaine passée, la première fois que j'ai dit ça à un indigénère natif de là-bas comme quoi y aurait que des averses entrecoupées de plèjes de temps en temps sur fond de crachin, y m'a été répondu : " en Bertagne, y pleut que sur les cons ." Testo. Depuis ça m'a fait totaliment changer d'avisse sur le climat breton et je peux vous l'avouer sans vous le cacher: y fait pas plus moche qu'ailleurs. D'ailleurs je dis plus: "y pleut", je dis: "y bretonne à seaux". En Bertagne y sont pas feignasses; ils t'ont quillé des grandes pierres qu'ils ont couché après: ça s'appelle des dolmaines. Et des grandes pierres couchées qu'ils ont quillé debout, des ménires. Ce qui me fait suppoter que les dolmaines, c'est d'anciens ménires et les ménires, c'est d'anciens dolmaines. Mais je suis pas archélogiste et tout ça reste du dolmen des suppositions. En Bertagne ils parlent français comme vous et moi. Enfin, vous je sais pas mais mieux que moi. Vous dites chez la boulangère mettons "je voudrais un croustet" et elle vous montre ses miches pour choisir. Au bistrot, tu prononces à voix haute "ozone" et il te sert un Ricard.
Les Bretons, ils parlent breton que quand ils chantent des chants de marins, comme "le trente-et-un du mois d'Août" ou "j'aime bien Paul et ses balèzes". D'ailleurs, Breizh ça veut dire "Breton" en anglais.
En Bertagne, ils ont des bignous, mais pour téléphoner ils utilisent plutôt les portaples.
Les Bretons, ils sont les plus forts. C'est pour ça que le Bon Dieu a inventé l'alcool, pour éviter que les Bretons y deviennent les maîtres du monde.
Eux ils ont la fée Mélusine et nous, on a fermé l'usine. Eux ils ont des bagadous et nous on a des cagadous.
Eux ils ont l'Erika et nous on a le Tanarès. Eux ils ont Merlin l'Enchanteur et nousautres Sita l'Emmerdeur.
En Bertagne, ils ont des calvaires à tous les carrefours. A croire que le bon Dieu s'est fait espoutir tous les cinq cents mètres en traversant sans regarder. Tu parles d'un commode pour se repérer. Heureusement qu'il y a aussi marqué: "promotions Bricorama" ou bien "Vas-y Bobet!"
En Bertagne, ils ont un drapeau qui est comme l'américain sauf qu'il est noir et blanc au lieu d'être bleu et rouge et sauf que c'est pas des estèles mais comme des épis de blé après la sécade et sauf qu'il est pas du tout comparaple.
En Bertagne, je sais qu'y pleut pas plus qu'ailleurs mais je vous donne le conseil de mettre un ciré et des bottes pour pas passer pour un con.
En Bertagne on a bu du cidre qui est comme de l'eau minérale faite qu'avec des pommes végétales. Et mangé des crêpes épaisses comme des galettes. Ça tombe bien, parce que des fois les galettes étaient plates comme des crêpes.
En Bertagne, comme il pleuvait pas plus qu'ailleurs mais qu'on était trempe et qu'on n'avait que la langue de sèche, on s'est réfugié dans les musées. Ce qui a de bien avec les musées bretons, c'est qu'on y est au sec et qu'on peut laisser les parapluies dans l'entrée. On a pas trop sali parce qu'ils nous ont fait enlever les bottes. Vous auriez vu tous les CACA en chaussettes!
Ce qui fait que le temps de sécher on a vu beaucoup de tableaux vraiment modernes. Comme ce "chien levant la patte en rade de Brest" ou un "portrait de femme nue" qu'on voit que la tête (le reste est caché par les immeubles). C'est là qu'on s'aperçoit que la peinture, c'est comme les motofaucheuses, ça a drôlement évolué. Avec des tableaux tout en peinture d'origine et d'autres matières comme "Bigorneaux espoutis à la sauce Rockford" de Pablo... ( j'ai oublié le nom de famille) ou "le chalutier Bonne-Espérance passé au mixer" de Salvador... (décidément je suis plus fort en petits noms qu'en noms de famille). Mais dans ceux où on peut reconnaître quelque chose, celui que j'ai préféré c'est "pharmaciens fuyant l'orage", d'Alexandre... Dehors, y avait une sculture en tole de Bavière qui s'intiturlait "barbecue mal éteint" avec une vraie forêt calcinée sur six zectares. Et aussi des cercueils de musaraignes.

Quand ça s'est levé (avant il faisait pas mauvais, j'ai pas dit ça, mais ça s'est encore plus levé) on a visité le musée du poète-ferrailleur. Lui, il utilise des vers et des fers. Des rimes et des limes. Y récupère des escoubilhes de rebut et il en fait des personnes en fil de fer qui marchent à piles avec l'électrécité qui turbine l'eau des éoliennes solaires. Comme quoi c'est bien un poète. Et ce qui climat le plus plu chez lui à part les extincteurs en bois c'est une plancarte où y avait affiché :

"quand le dernier arbre sera abattu,
la dernière rivière empoisonnée,
le dernier poisson capturé,
alors seulement vous vous apercevrez
que l'argent ne se mange pas."

Et c'était signé d'un Indien Cree. Que j'ai même pas le petit nom. Et j'ai trouvé ça drôlement bien tourné. Comme quoi on peut faire du camping toute l'année et avoir du bon sens.
Et pendant que l'Indien Cree et que les enfants hurlent, moi je me suis dit que ce serait une idée bien à propos d'envoyer cette pensée écrite en carte postale récupérée à ceux qui sont restés au pays et qui se font du mouron avec cette histoire de décharge. Ou plutôt y faudra que je l'envoye à la Sita, cette sitation. Autant que tout le monde en profite. Parce que c'est pas du Cree sélectif. Le temps de trouver un paquet vide de crêpes dentelle et chiche que je leur mette ça à la boite aux lettres. C'est un Cree qui mérite d'être poussé !

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