Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
 

[ texte précédent ] [ retour au sommaire ] [ texte suivant ]

Mais qu'allait faire Patanarès au Larzac 2003 ?
reçu le 21 août 2003



Des membres, sympathisants des idées alter-mondialistes, sont allés "présenter" Patanarès au Larzac.
Les panneaux et documents n'ayant pas tous réussi à arriver jusqu'au lieu prévu, c'est un stand de fortune qui fut installé, avec l'aide des "voisins", Attac-Tarn, dont la logistique ne souffrait pas de défaut.
Un parapluie, trois piquets de tente, une table de camping, quelques ficelles et un châle, voilà le matériel ! Il permet de placer tracts, cartes postales, affiches et journaux, tout au long de la journée du samedi 9 août.
Les discussions s'engagent : " Comment ? Vous aussi vous avez des problèmes de déchets ? Chez vous, c'est un incinérateur ; savez-vous que des associations de l'Hérault ont une plate-forme commune de revendications en 6 points...".
Les personnes intéressées ont, soit des décharges ou des projets de décharges non loin de chez elles - oui, du côté de Clermont-Ferrand aussi - soit sont sensibilisées au tri et au compostage. Et un coup de pub sur le "compostage rustique", proposé par la commission Alter-déchets de Patanarès !
Car au Larzac aussi, on se préoccupe du tri : c'est l'entreprise Nicollin qui vient enlever les poubelles, mais en respectant les écriteaux "bouteilles plastiques", "verre", "compost", "autres déchets".

Oui, tout ça c'est bien gentil, mais c'est le moins que l'on puisse faire. Un peu de sérieux !

Tiens, parlons-en du sérieux, et de la Politique : le grand débat sur le plateau, c'est l'AGCS (Accord Général sur la Commercialisation des Services), organisé par les puissances industrielles, qui prévoit de faire passer tous les services publics à la trappe d'ici une vingtaine d'années sous prétexte de libre concurrence et de profit. Et les premiers services touchés seront… l'eau et les déchets.
Voilà qui se rapproche de chez nous. Même les petites communes, dont l'eau cristalline n'est pas traitée, subissent des pressions pour que tombent les régies municipales.
Quant aux déchets, tout le monde est au courant des mésaventures de Tanarès (*).

La France pousserait à la roue pour privatiser en priorité ces deux secteurs. Pourquoi donc ?
Il y a 150 ans environ, deux petites entreprises se sont intéressées à la distribution de l'eau. Aujourd'hui, elles sont universellement connues sous le nom de "Vivendi Universal" et de "La Lyonnaise", autrement dit Suez. Et Suez, c'est... Sita-Sud, bien entendu ! Bizarre, bizarre !!

Mais moi, je n'y comprends rien à votre politique, Patanarès, c'est politique, alors ?

Eh bien, justement, parmi les communes et conseils généraux qui se sont déjà prononcés contre l'AGCS, il y a surtout des socialistes, mais aussi des verts, des communistes (alors, c'est de gauche ?) et également des maires UMP.
Ainsi, Monsieur Pelletier, président (UMP) de l'association des communes rurales, s'est-il déclaré ouvertement contre l'AGCS. Comment cela se fait-il ?
Une commune (ou une collectivité) qui se déclare zone non AGCS (c'est à dire de prendre en conseil municipal une motion disant clairement non à l'AGCS) pourra toujours faire appel au privé, si elle le souhaite, et conserver des services en régie municipale, si cela lui convient.
Mais, si cette même commune ne se déclare pas hors AGCS (c'est-à-dire si elle ne fait rien), alors les entreprises privées pourront s'installer sans contrainte et dicteront leur loi aux élus, désormais sans pouvoir de décision.

Et l'Etat, dans tout ça, il ne peut pas être le garant ?

Tiens, depuis 4 ans, du côté de Mirepoix, signale un citoyen ariégeois, une décharge a vu le jour. Elle contient déjà 700 000 tonnes de déchets (Le département de l'Ariège tout entier n'en produit que 110 000 tonnes). Et voilà que, après 400 000F de frais d'avocats, chaque fois qu'un procès a été gagné, un nouvel arrêté préfectoral a détourné l'arrêt du tribunal et a permis de continuer de déposer des ordures.

Patanarès est une association de citoyens, parce que seule la mobilisation de l'ensemble des citoyens permettra de rejeter la Sita et sa méga-décharge.

Alors, fallait-il aller au Larzac ?
Un week-end plein d'enseignements à méditer en tout cas !



NOTE :

(*) D'abord les communes se regroupent en syndicat mixte qui "travaille" longuement pour trouver une solution idéale… La gestion des déchets échappe donc aux municipalités… Le temps passe, les échéances se précisent et, vite, il faut trouver quelque chose. Bientôt une entreprise de grande renommée vient proposer au grand soulagement de beaucoup "LA" solution privée toute faite... Cette solution n'est pas du goût des riverains mais le processus est enclenché et il est très difficile d'y revenir dessus : surtout quand un "assouplissement de la notion de déchet ultime", proposé par un de nos dirigeants permet de mettre en décharge tout et n'importe quoi !
[retour au texte]

[ haut de page ]