Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
 

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Anniversaire du Parc Naturel Régional
Olivier & Corine le 23 septembre 2003

Les décideurs du Parc ont bien du courage et de la bravoure de proposer de nouveaux moyens (TIC, Techniques d'information et de communication) pour améliorer le sort des populations autochtones.
Dans le contexte brûlant de la lutte contre la décharge de Tanarès et le souci de créer des solutions alternatives acceptables par tous, une conférence sur l'informatique avait déjà quelque chose de déplacé.
Mais revenons à ce qui s'est passé, ce samedi 20 septembre, fête de l'anniversaire du Parc.
Les seules affiches qui invitent à cette journée sont essentiellement celles du Collectif ou de Patanarès...
Un forum des associations : peu d'associations sont représentées, certaines n'ont pas été invitées, d'autres auront jugé inutile de se déplacer...
Madame Alquier, présidente du Parc, arrive au stand de Patanarès, affirmant être heureuse que nous soyons là, car nous bâtissons le Parc ensemble. Merci Madame la Présidente pour cette reconnaissance.
De nombreux panneaux sur les routes, des banderoles jusqu'à l'entrée de la "source du Jaur", interpellent le Parc sur son action de lutte contre la décharge.
Bientôt débute la conférence sur les TIC, programmée à 15 h.
TIC, mot barbare. Technique ? Outil ? Intervention d'un responsable de la Caisse des Dépôts : il y a des "sous", nous explique-t-il, les collectivités territoriales, les Mairies vont pouvoir payer des ordinateurs et des branchements avec haut débit. Ainsi, on évitera la "fracture du numérique". Des chiffres à l'appui pour nous convaincre de se connecter pour nous développer, pour vivre avec son temps.
L'Internet serait bientôt comme l'air que l'on boit ou l'eau que l'on respire !
Et d'expliquer dans le même temps que l'informatique se décline avec tous les métiers : médecin, agriculteurs, métiers du tourisme... (et chômeur ?).
La colère monte dans l'assistance... Peut-être que ce monsieur n'avait pas vu les nombreux panneaux avant d'arriver !
La réalité du terrain est autre. Les points informatiques subventionnés à destination de qui ? Un usager virtuel... C'est tellement décalé !
L'informatique dans la vallée et au-delà, c'est la solidarité, comme les premiers qui ont eu le téléphone. Telle personne à la retraite qui répare bénévolement tous les ordinateurs. Telle autre qui met à la disposition des copains son ordinateur pour consulter Internet, imprimer des textes présentés par exemple sur décharge34.com ; et telle autre personne qui proposera de taper bénévolement encore des lettres et des textes à l'usage des militants, amis ou des institutions interpellées...
Car Patanarès, une des associations qui appelle au rassemblement de ce jour d'anniversaire, a un site, mis à jour régulièrement. Oui, oui Monsieur..., "on" ne vous l'avait pas dit ?
La réalité institutionnelle est un peu différente. C'est le centre de vidéo conférence du Collège du Jaur qui ne fonctionne pas car la foudre est tombée sur le serveur de Magalas, cet été… Et le site du Parc qui ne propose même pas le programme de ce 20 septembre.
Comment vouloir promouvoir l'idée de proximité avec la population, l'idée d'un territoire unifié et connaître si mal la population qui y vit ?
Quelques pétards fusent, le nouvel intervenant se trouble… Bruits de "potaches" dans la foule... Interventions au micro pour parler des préoccupations immédiates de l'assistance : Tanarès et aussi la décharge de Rosis (ça, c'est l'association "Pavé dans la Mare").
Madame Alquier intervient et demande qu'on se calme : poursuivons le programme prévu. Dans un deuxième temps, le Parc s'expliquera et l'assemblée aura... 5 minutes pour s'exprimer. Aïe, la maladresse ! Tout bascule, c'est le tollé, la cabale ! Les organisateurs, après ordre du responsable des lieux, Monsieur Mesquida, se saborderont eux-mêmes, arrêtant les frais et annulant le repas festif prévu le soir même, faisant remballer la nourriture déjà apportée à la salle des fêtes.
Qui est responsable ?
- L'assemblée des citoyens réunie une énième fois pour montrer son opposition à un projet honteux et nocif ?
- Les employés du Parc, sommés d'organiser un trentenaire comme s'il s'agissait de la kermesse de l'hôpital local, en ignorant les attentes du "public" ?
- Les élus décideurs qui n'ont pas pris la mesure de la colère qu'ils ont eux-mêmes poussée à bout, sans rien comprendre ?
- Ou bien faut-il voir que les responsables de ce fiasco brillent par leur absence ou ne prennent pas la parole ? Monsieur le Préfet et le sous-préfet, Monsieur Vézinhet, président du Conseil Général de l'Hérault, qui est responsable du choix de la date ne sont pas venus... Ou Monsieur Mesquida bien présent, mais qui refuse de prendre la parole (on n'était pas sage ?). Ce fiasco lui a étrangement sauvé la mise... et courageux, il a laissé Madame Alquier se fourvoyer toute seule.
Même mité, un manteau ne se jette pas un jour de grand froid ; une muraille n'est pas à abattre malgré les brèches, sauf si elle menace de nous tomber dessus...
De quelle fracture s'agit-il ? Celle du numérique de Monsieur le Responsable de la Caisse des Dépôts ? Celle de la répartition des richesses qui sous-tend bien entendu toutes les décisions politiques ? Ou la fracture de l'écoute qui ne permet pas à certains élus du territoire du Parc de comprendre que les habitants demandent plus qu'une prise de position de principe, mais plutôt que tout le monde se mette à lutter contre cette méga-décharge de SITA-SUD.
Lutter signifie inventer et agir : le Conseil Général des Pyrénées Orientales a inscrit dans toutes ses plaquettes "non à la THT" (ligne à très haute tension).
Le réseau informatique du Parc et les liens qu'il a avec les centres de ressources (du type Cebenna), dont on voulait nous parler, auraient pu être des outils pour lutter contre la méga-décharge. Au lieu de quoi, les citoyens, sans énormes moyens, ont dû se débrouiller seul, une fois de plus.
Quant à l'analyse et aux solutions pour résoudre les problèmes des déchets, il faut que l'association Patanarès crée une commission alter-déchets et se lie avec d'autres associations pour établir un programme de lutte contre la pollution.
Si le Parc ne veut pas disparaître pour cause d'inutilité notoire, il faudra bien qu'il reprenne et défende les arguments que nous avons développés et cela avec la dernière énergie : réduction de la production des déchets, collecte des toxiques, inertisation des déchets, diminution de la dimension des décharges, études de sites adaptés et de proximité, gestion par le public...
Après que les "excités" soient allés s'agiter ailleurs, c'est à dire, soient allés montrer leur détermination "à la RN 112", d'autres discutent...
Nous parlons en particulier, avec un Monsieur, embauché par le Conseil Général pour la formation, les chômeurs et l'Internet.
Il n'a pu s'exprimer. Nous le prions de nous excuser et d'essayer de comprendre le malaise... Un conférencier ne doit-il pas tenir compte du public et s'adapter aux questions ? Spécialiste d'Internet, il n'a pas consulté le site du Parc, ni celui bien sûr de décharge34.com. Il accepte la critique, en s'excusant à son tour... Il rajoute que, de toute façon les TIC ne résoudront pas les problèmes de formation. Il ne croit pas que l'enseignement à distance puisse fonctionner… le cartable électronique ne compensera pas les difficultés économiques, ni les problèmes environnementaux.
Le rassemblement de ce samedi, montre bien l'intérêt que la population voit encore dans le Parc comme moyen de lutte. Des citoyens se sont exprimés, les responsables du Parc sauront-ils en tenir compte ?

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