Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
 

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Coups rayés d'électeurs
de Francescou, le 9 octobre 2003

Depuis le début de ces corniques, c'est à peine incroyaple le nombre de personnes qui m'ont écrit pour ceci ou pour cela et pour bien d'autres choses encore. Ca me ferait plaisir de répondre à tout le monde même si j'ai pas le temps de faire une lettre pour chacun . Alors j'ai trié les courriers où déjà y a pas des gros mots parce que là dessus je suis intraitaple même si on est pas du même bord on commence par se respecter surtout si l'autre en face est un gros con qu'il me fait dire. Et aussi celles où j'arrive à lire l'écriture du répondeur. Et à tous je leur ai répondu un petit mot manière qu'ils aient un peu d'interativité à lire. Et histoire de donner mon avis à la population.

Jessica Skett, Kivall-Kedall:
- Jey souys étouengère, comment jey procéder pour vou faire de la aide contre ley Sita ?
R : Il te vous faut d'abord bien apprendre le français comifaut, sans l'escaraougner et t'y foutre des espressions qui passez-moi l'espression sont pas bien correctes. Et changer ce putain d'atsent qu'on y entrave que dalle. Tout le monde y peut nous aider contre cette foutue idée parce que "projet de merdes" ça se dit pareil dans toutes les langues. Enfin, presque.

Ginette Hoat-Lacarrière:
- Francescou, si tu descends à Saint-Pons d'ici ce soir, sans te commander il faudrait me faire quelques commissions, que j'ai la cagne d'y aller avec mon long bagot. J'aurais besoin que tu me ramènes une demi-livre de ventrèche et aussi passer à la copé des fois qu'ils auraient reçu ma commande. T'auras qu'à rester à souper. Et après on fera un Escrable.
R : Je veux bien parce que c'est toi. Mais y faudrait voir à pas trop encombrer les voies postales avec ta ventrèche et nos histoires de commissions qui regardent personne. Et après la verveine pas d'Escrable que c'est toujours toi qui gagnes.

Julie, de Manderien:
- C'est vrai que en vrai vous existez pas? C'est ma mère qui me l'a dit. Mais moi je crois que en vrai vous avez des oreilles pointues et que vous vous déplacez avec un vélo de sorcière.
R : Petite peste! Tu ferais mieux de te mêler de tes affaires et monter te coucher dans ta chambre, que demain y a école.

Luigi-Dick Lavérité, receveur des Postes à la Poste:
- Le progrès ne vaut que s'il est partagé par tous.
R : Et encore!

R. Maffre, audits:
- ...J'estime que ce projet de décharge représente une menace pour l'avenir du Parc...
R : - Pire qu'un estron sur une pelouse d'esquare. Tu voulais t'y coucher peinard pour piquer un roupillon et gratter le ventre des cigales, voilà que tu en es chassé par les malpropres.

Yves Pacaut, au Perret:
- Francescou, votre cause est sympathique, mais ne pensez-vous pas que votre combat soit un peu perdu d'avance? Contre l'argent on ne peut rien faire...
R : Troun de l'air, faut pas être fétaliste! Comment vous voulez gagner si vous avez peur d'y aller vous battre? Celui qui abandonne la butte, c'est pas un fils de lutte... pourtant j'aime pas trop la castagne. Ou alors à ma façon: tu cuis à l'eau bouillante une livre de castagnes épluchées. Tu les passes au moulin à légumes, tu mescles avec 100 gr de beurre, 100 gr de chocolat fondu, 100 gr de sucre et un chiclet de sucre vanillé. Tu verses cette paste dans un moule à quèque avec au fond du papier sulfuré. Tu tasses bien et y a plus qu'à décorer avec des noix et servir frais... de quoi on parlait déjà ?

Léo Canton, de Lérot:
- Francescou, vous allez vous user...
R : Mais Diou me damne, ils attendent que ça, que les gens se lassent! Bien des fois où le peuple se sont battus, et que la cause était juste, ils ont gagné. Rappelez- vous de Plogoff, quand les Bretons y voulaient pas d'une centrale. Et le Larzac, quand les paysans tenaient front à l'armada des soldats. Et quand le patron nous avait disputé sur ce jour férié vaqué de congé chômé à rattraper, qu'on a fini par gagner aux prudomes. Chacun en ce bas monde a son combat à mener. Celui qui l'esquive, il le laisse pour les autres. Mais la besogne reste à faire de toute manière. Tant plus on sera nombreux à y croire, tant plus ils auront du mal à nous faire avaler des foutrèzes. C'est mal dit mais je me comprends.

Anita Narès, voyante-stagiaire en CDD à Poumpemoust :
- Leur projet de décharge présente un thème astral foncièrement défavorable. Il évoque des aspects très négatifs dus à la conjonction Saturne-Neptune sur la maison IX accrus encore par le passage du Cancer dans la Lune entre le 38e parallèle et le 3e décan sous le trigone d'Uranus qui lui confère une dominante quasi satanique.
R : Tu l'as dit, un projet comme ça, satanique tout un pays.

Igor Shiklomanov, du Centre National d'Hydrologie de Saint-Petersbourg :
- Selon calculs à moi, la consommation en eau mondiale des industrriels aurrait été multipliée parr 25 depuis 1900 et parr 5 depuis 1950.
Selon prrocédés, il faut de 6 à 300 mètrres cubes eau pour fairre une tonne acier, de 80 à 1000 mètrres cubes eau pourr une tonne papier, de 8 à 25 mètrres cubes eau pourr fairre une tonne bièrre, de 3 à 400 mètrres cubes pourr fairre une tonne sucrre
.
R : je veux bien vous croire, ça a l'air sérieux vos proplèmes de robinet. Et pendant que vos cinq pétaires se bourrent, ici y en a qui croient encore qu'on aura de l'eau propre a gratis jusqu'à la nuit du temps. Moi je dis qu'à ce train-là, on aura la fin du monde avant d'avoir vu l'Apocalipse.

Houei Neng, de ...(illisible) :
- Le vrai miracle, ce n'est pas de marcher sur les eaux, c'est de marcher sur la terre .
R : Encore une bonne nouvelle: les Chinois sont avec nous !

Oncl' Picsou, de Bénèphe-sur-Profy :
- De votre pays de Saint-Pons
Je m'en tape et bien profond
Moi je prends les liasses
Et je me casse
.
R : Remplacez Picsou par tous les accapareurs-proufiteurs-agioteurs-boursicoteurs, le refrain est partout le même. Ils se ressemblent tous au volant de ces grosses sociétés. Tous en cher et en hausse et pas un pour rattraper l'autre. Mais nos frites valent mieux que leur vomi, je veux dire nos vies valent mieux que leurs profits.. Votre horizon de dedans votre tête d'actionneurs est bouché par les cours de la Bourse. Vous voyez pas plus loin que les proufits immédiats et les pluvalues et les divisendes. Mais les taux se resserrent. A pas vouloir voir plus loin que le niveau de vos portefeuilles, vous oubliez toujours une chose : c'est que vous aussi vous avez besoin de ménager ce pays pour manger du propre, pour boire du sain, pour respirer du pur. Les maladies causées par les dégats que vous fabriquez ne font pas périr que les pauvres et votre santé ne sera pas éternellement protégée par votre compte en banque. Sans compter les escandales répétés où votre nom est mêlé... Moi je sais que ça me ferait caguer de voir partout mon nom peint sur les routes. (Même pour une course cicliste).

Honoré, duc au Mans et Parsat :
- Francescou, il faut bien reconnaître que notre société fabrique de plus en plus d'ordures! Regardez un peu: on produit trois fois plus d'ordures qu'en 1960.
R : Est-ce qu'on est trois fois plus heureux qu'en 1960? (C'est vrai qu'à l'époque j'avais pas la sciatique ). La croissance, c'est pas le progrès. Il faut arrêter de s'imaginer que tout peut grandir et accroitre et pousser à l'infini. Même les arbres, même les rivières, même les nuages, ont leur fin. Même les empires empirent. Le soleil même. Quand y a plus d'eau à la roue, le moulin arrête de virer. Et il y aurait que nos petites affaires qui n'auraient pas de fin? Allons donc. C'est être bien nigaud que d'essayer de nous le faire croire, et plus couillon encore celui qui l'avale.

Roger-Armand Vuplucond, de Lamalin-les-boues :
- Francescou, il faut bien les mettre quelque part, les ordures! Et si possible dans un endroit où on les voye pas.
R : Pardine! C'est exactement comme cracher dans un pot de fleurs en regardant que personne nous a pas vus. Ou soulever le tapis pour y planquer les pousques. Je vois plus mes escoubilhes donc elles n'existent plus, c'est bien ça ? Mais la terre c'est pas un tapis. Un choix si mauvais, ce n'est plus une solution, c'est un nouveau proplème. Et on le traitera pas avec des attitudes d'autruche. La meilleure ordure, c'est celle qu'on fait pas. Chez nous, on escampe les épluchures aux cochons, le pourrissaple au composte, on brule les papiers-cartons-courriers-factures au feu, on donne les bouchons plastiques pour l'association, on porte les piles au supermarché, la ferraille à la déchetterie, la belle-mère à la gare, le verre à recycler et on refuse les poches plastique. Total, poubelle minimum. Et je vais faire les courses avec mon panier (qu'est-ce qu'elle m'a demandé, déjà ? ventrèche et puis quoi ?)

Renée Gossié, née Gatif :
- Vous ne pensez pas que toute cette agitation risque de nuire à l'image du pays et détourner les touristes ?
R : Le touriste, c'est pas une race à part. Il est pas plus couillon que vous et moi. Des fois même moins puisqu'il prend la peine d'aller voir ailleurs comment c'est fait. C'est quoi un touriste ? Quand je vais voir la tante Emilienne dans l'Aveyron, je deviens un touriste. Quand on était montés foutre le rambalh au Salon porte de Versailles, on était touristes. On est toujours le touriste de quelqu'un. Et quand le touriste aura bien vu, bien lu, bien entendu et bien sentu ce qu'ils prétendent nicher là-haut sur le Tanarès, vous pouvez me croire que ça lui passera l'envie de faire des heures supplémentaires au camping ou s'attarder à la terrasse des estanquets.

Elsa Propritout, de Paretout :
- Voilà Francescou, ça faisait longtemps que je voulais vous poser la question... c'est un petit peu délicat... je ne sais pas comment vous dire...
R : Hébé ça tombe bien! Vous, vous savez pas la question et moi, j'ai pas la réponse.

Ella-Ben-Marité-Leslie Dansamar, de Frôche :
- Ne pensez-vous pas que d'un strict point de vue linguisticosémantique, le métalangage usité dans votre chronique bihebdomadaire n'est pas de nature à dysproduire des invariants langagiers qui à terme pourraient perturber la cohésion paradigmatique au détriment du sens ?
R : Chais pas bien, mais je sais qu'ils nous emmerdent avec leur projet à la mords-moi-le en parlant poliment.

André Pruneddu, apiculteur à Riols :
- Tu es sûr, Francescou, que tu n'as pas besoin de vacances ? On est tous prêts à se cotiser pour que tu ailles prendre l'air quelque temps.
R : Que non! J'ai l'impression de me rendre utile ici. Tenez, si vous organisez un gala, je peux même vous aider à tenir la buvette.

Axel Herr, à Sion-Breuthal :
- Continuez à vous battre pour la qualité de votre pays, il en vaut bien la peine.
R : Merci. Si l'Europe du Nord sort de sa neutralisation pour nous donner un encouragement, alors on peut pas perdre.

Lucien, de Basterville :
- C'est ça le progrès ?
R : Le progrès, c'est comme l'abominaple homme des neiges ou la vie après la mort. De tous ceux qui en parlent, personne l'a jamais vu.

Baptiste Audénas, de Apuprets :
- Qu'est-ce que vous préconisez ?
R : Moi je vous précounise que si j'étais du gouvernement, je ferais payer la livre pour le kilo. Et j'abaisserais le kilomètre à six cent mètres pour les veuves de guerre, les étudiants et les chomeurs. Quant aux ordures, je préconise que si c'était que de moi, y a longtemps que ce projet y serait pas fait.

Jeanne et Dédé, chez Dame Avallet :
- Nous, on n'est pas concernés. Quand on sera grands, on se tirera bien loin d'ici.
R: Et qu'est-ce que vous croyez? Les capitaux n'ont pas de frontières, le profit pas de bornes et les dégats qu'ils occasionnent pas de limites. Votre lutte pourra prendre différentes formes, mais ce sera toujours une lutte. Aquel qui se prépare pas au combat, y se prépare à la défaite.

Merci aimaplement à Alix Hiviat, Jude Ordurt, Gaspard Hégionald, Cessanzimp Hortense, Hissa Muz et Amédée Pans, Oscar Hayon, Pépé de Damoclès pour leurs écritures.

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