Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
 

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Vol planant à Tanarès (conte d'automne)
signé Gerbas, 3 décembre 2003

Putain de bartas je te dis qu'on s'est paumés dans ces putains de buis putains de buis de bartas de châtaigniers de merde je lui dis. Et juste au moment où je dis ça je retombe encore dans ce con de talus qui glisse et je me nique un genou et je mets la main sur une putain de bogue et je rentre des millions d'épines pointues dans ma chair tendre et ça fait maaaal. Non, pas des millions, quelques unes qui font maaaal comme si elles étaient des tonnes et j'en ai marre de bartasser dans ce bois sans chemin sans trace sans rien. Plein le cul des bartas.

Et ce con de Lazaro qui en rajoute une couche avec son accent espagnol d'Amérique du Sud il se marre sans arrêt il me fait:
- Quien quien, Fabien Bartas ? et il me balance de grosses châtaignes en gueulant "Pelota! Pelota!" et il voudrait que je fasse le goal et que je me refoute par terre pour attraper ses putains de châtaignes et ses cons de bogues. Mais j'ai plus envie de déconner, j'ai juste envie qu'on arrive à la crête pour apercevoir le ciel et se repérer par rapport au pylône.

Sinon à part ça c'est beau la nature. C'est l'automne et les feuilles des châtaigniers font le maximum pour ressembler au poster de chez le dentiste. Chez le dentiste il y a un immense poster de sous-bois dans la salle d'attente. Il couvre tout le mur du fond et le dentiste espère qu'avec cette photo de trois mètres sur cinq les gens penseront plus à des cèpes et à des girolles et moins à leurs molaires. Comptes-y. Moi je préfère le voir en vrai. Pas le dentiste, le pays. Ici ça sent pas l'anesthésique ça sent superbon dans ce foutu bois d'où on essaie de sortir et on a aussi vu deux faisans. J'espère pour eux que c'est un couple. Ça doit être sympa de se balader en amoureux dans cette montagne, mais après tout c'est leur affaire, ils font ce qu'ils veulent dans leur crane de piaf. Comme par exemple d'attendre le dernier moment qu'on arrive sur eux pour s'envoler. C'est leur plan à eux, moi j'en sais rien, je suis pas faisan. Je suis juste un peu bourrin, j'ai décidé que je pouvais bien me passer de la carte pour monter dans cette pente et aller voir en vrai où c'est ce col de Tanarès que tout le monde en parle. Normalement on n'est pas des blaireaux, y avait qu'à monter tout droit dans la pente pour arriver à ce foutu pylône qui se voit de partout. Sauf de là où on est naturellement. Total, le plan-balade pépère d'après-picole s'est transformé en commando-survie dans la jungle hostile. Non, je déconne, on va bien finir par s'en sortir. Par le haut. Comme disent toujours les avocats de tous les hommes politiques mis en examen. Faut dire qu'on est un peu space après la soirée de hier.
On s'est mis torchon avec le père Lazaro.

Je vous l'ai dit que mon pote Lazaro vient de Colombie où il dirigeait un théâtre de marionnettes qui a fait faillite ? Là-bas, si t'es ni dealer, ni mac, ni politicien, t'es mal. Normalement, pour s'en sortir, les gens qui peuvent font les trois. Si t'es rien, il te reste que la ressource de devenir otage. Mais c'est un job qui paie pas bien. Pas du tout même. Aucun contrat à durée déterminée. Alors Lazaro, il est venu en France.
Pobrecito, t'as bien choisi : avec les visas de séjour accordés au lance-pierres et le projet de statut des intermittents, des fois il t'arrive de regretter la Colombie. Moralité, y a pas de moralité.

Hier soir chez moi on a fait une teuf grave avec quelques potes. A l'arrache.
On a bu une putain de bière hongroise de derrière les fagots qui déménage trop. T'as l'impression que si tu fumes après tu risques de faire exploser l'appart. Si le FBI te trouve avec ça sur toi ils t'arrêtent comme terroriste. D'où ça sort cette bombe liquide? C'est fait à base d'explosifs de la deuxième guerre mondiale ou quoi ou qu'est-ce? ou caisse de munitions? Y a un gadjo qui avait squatté chez nous quelques jours qui nous a laissé ça en partant. Bonjour le cadeau. C'est un coup à te faire déférer au parquet. "Déféquer" aurait dit le pauvre Francescou.
Bref, fiesta à ras-bord.

On a commencé planplan parce qu'on savait que la soirée allait être longue.
Lazaro a taché de nous apprendre des rythmes sud-américains, cumbia, mérengué et tutti quanti. On a joué pas mal de trucs sur ma gratte et il m'a filé les accords de "Ojos negros", valse tzigane. Bon.
Et puis on a monté un peu le son et on s'est mis le feu tout seuls avec dans le rôle principal cette putain de bière de l'Est.

J'ai dû manquer des épisodes.
Tout ce que je me rappelle, c'est le père Lazaro avec la chemise déchirée qui scande: "El pueblo unido nunca sera vencido" en tapant sur la poëlle à paella avec une rangers et puis le voisin du dessous qui était entré chez nous avec deux gars avant ou après j'ai pas bien compris.
Après dodo.
C'est ce que t'as de mieux à faire.
Ça vous gêne pas le bruit qu'y a dans ma tête?
Hongrois que c'est une bière inoffensive mais en réalité la troisième guerre mondiale a commencé.
Les vagues en furie d'un océan déchaîné viennent battre contre les plages de la douleur de mon crane, un truc comme ça.
La houle, ça me fout les houles.
Je suis ma hou-le complètement ma hou-le
Sac et ressac sac et ressac
ressac de couchage
Hihi
One's again
Débranche ton cerveau
Essaie de dormir
Ojos zzz
negros
zzz

Bref le lendemain le casque. Lazaro était pas plus frais que moi. Alors on a décidé d'aller s'aérer. On a bu un thé bio pour récupérer en espérant que ça devrait fonctionner comme antidote. On a récupéré une rangers dans les chiottes et l'autre sur l'appentis du jardin et on est partis marcher.
Lazaro, lève-toi et marche.
J'ai raconté grosso modo à Lazaro ce qui se passait ici. Je lui explique le choix politique de Tanarès, l'assoc qui se monte, la lutte exemplaire, les manifs, les barrages routiers, les réunions aves des projets alternatifs, l'énorme boulot des bénévoles. Il hoche la tête: que chez nous ça pourrait même pas exister botre trouc bu que le goubernement il aurait enboyé l'armée depouis longtemps.
Je lui explique qu'ici c'est pas pareil, qu'on est dans un pays dit mocratique, qu'il y a un semblant de légalité à respecter. Les magouilleurs et les politiciens véreux, on les a aussi chez nous, t'inquiète, mais en France on a pris l'habitude de dresser une façade pseudo réglementaire devant les affaires. Personne n'est dupe mais les apparences de la légalité sont respectées.

Marcher ça nous a fait du bien. Ces grands bois ça ressource et on en avait besoin.
On prend plein les yeux de choses sympa. Ça lave la tête. En montant on a vu aussi un chasseur qui avait pas l'air en meilleur état que nous. Il était assis par terre contre un arbre, il avait les yeux fermés et la tête penchée.
- Tu crois qu'il tourne à la bière hongroise? j'ai fait à Lazaro et on s'est marrés.
- Bous benez marcher abec nous ou quoi? lui a lancé Lazaro.
- "Tu n'as pas honte de t'assumer dans ta liquide sénescence alors qu'il existe quatre-vingt dix mille espèces de fleurs" j'ai dit en citant Léo Ferré.
Mais lui, il a continué à être comme si rien n'était.

Après on a vu un châtaignier avec les bras écartés comme s'il criait : au secours! à l'aide! et puis une racine toute tordue qui ressemblait à un gros boa vivant.
J'aime le son du boa le soir au fond du corps, comme disait Vivoux.
Après on a quitté la piste, on a continué à blaguer et on s'est paumé dans ces foutus buissons. Y a que moi que ça met en rogne. Parce que c'est moi qui suis censé bien connaître le pays. Lazaro est vachement plus souple que moi, tout lui va bien. Peut-être aussi qu'il en a tellement chié avant de venir en France que maintenant il est cool pour tout. Lazaro est le fils d'une Allemande et d'un Indien. Ou le contraire. En tout cas c'est les gènes indiens qui ont gagné aux prolongations parce qu'il a des pommettes hautes, le teint mat et les cheveux très très noirs qu'il porte tirés en arrière. Et les yeux très noirs aussi. Ojos negros... j'arrive pas à me débarrasser de ma tronche cet air tzigane.
Setter irlandais.

C'est à ce moment-là qu'il s'est excité tout à coup.
- Mira, mira!
Et il m'a montré une petite tripotée de petits champignons sur une souche. Vert-bleu-violet, l'air rachitiques, plutôt zarbis.
- Yo no sais comment ça s'appelle en francès. Que sont comestibles. Que donnent beaucoup la énergie.
- Arrête tes conneries, ça se bouffe pas ça. Je crois que c'est des clitocybes. Des clitos si bleus. Ou alors des russules lactaires. Je crois. Personne ne mange ça par ici.
- C'est pour ça qu'à les Francès falta la fuerza y la énergie. Que nosautres nous mangeons ça trois fois por jour et somos inbincibles ! Et il se marre comme une baleine. Et il commence à en cueillir une poignée et les renifler.
- Fais pas le con Lazaro. J'ai pas envie que tu attrapes la chiasse jusqu'à la fin de mes jours. Même s'ils font des promos sur le péqu.
Mais Lazaro a l'air sérieux.
- Non compadre. C'est cuando ils grossissent que sont dangereux. A madurité. Là tu risques rien, tu peux consommer un petit peu pour acquérir énergie. Chez nous, les Indiens appellent kwatllia. Les hommes initiés utilisent même champignon cuando ils sont adultes por communiquer avec les esprits del lieu. Qué les Espagnols l'appellent "cojondiablo", il ajoute en clignant de l'oeil.
- Lazaro, tu serais pas un tout petit peu ésotérique?
Je me comprends. Je voulais dire qu'il avait un goût prononcé pour les plans pas clairs. Etre prêt à jouer tout ce qu'il a, à se remettre en jeu tout entier dans chaque expérience. Ça doit être son coté indien. Moi je tiens pas à mettre ma vie en danger. Quoique avec cette bière...
Il a un petit rire nerveux de maniaque extraverti.
Alors il froisse dans ses mains cette poignée de champignons jusqu'à les réduire en une poudre bleuâtre qui tache les mains. Il me demande de verser dessus un peu de l'eau de la gourde. On dirait un plan Harry Potter. Une fois malaxé, ça ressemble à une boulette de pâte à modeler.
- Fuerza y energia ! et il se met à lécher ce truc en roulant des yeux comme un clown.
Je l'observe. Il se passe rien du tout. Il se marre. Mais il se marrait déjà avant, ça, ça veut rien dire.
- Essaie à ton tour, il me dit.
Moi je suis circonspect. Je suis pas Indien, moi. Plus tard j'aurai une famille, des enfants. Peut-être même un métier. J'ai pas envie de me foutre en l'air.
Lazaro se marre.
- Jouste algunas protéinas. Que tu ne vas pas debenir chaman d'un coup après avoir léché la pétite boule. Et il rigole toujours.
Ça m'énerve.
Du coup, je renifle sa pâte à modeler. Que dalle ça sent . Alors j'en prends un peu au bout de la langue comme si c'était une glace à la pistache avec la date de fraîcheur qui serait effacée.
Ça fait rien du tout.
On est passé sous la ligne à haute tension, ça c'est clair. On a continué à monter sur cette colline en essayant de tirer au plus droit dans les broussailles. On a pris de la hauteur. Son plan champi, c'était bidon. Tant mieux.
Lazaro a l'air content de sa balade, il se marre comme un fou. A moment donné, il me fait:
- Mira guapo, il enlève ses pompes et il commence à se mettre à marcher pieds nus. Que c'est mejor pour mantenir le contact avec la tierra-madre.
- T'es con Lazaro, tu vas te bousiller les pieds avec les châtaignes. Mais non, il assure comme une tribu entière, à présent il marche même en choisissant les bogues, il marche comme un fakir, même pas mal et moi j'ai plus mal à la main.
On est heureux.
Plus on monte plus ça a l'air facile. Maintenant qu'on est chaud. Suffisait d'être chaud.
Force et énergie.
Algounas protéinas.
Le pied.
C'est plus nous qui montons, c'est la montagne qui nous tire vers le haut.
C'est la montagne qui nous monte.
On est montés par la montagne.
C'est complètement évident.
D'avoir senti ça tout seul, ça m'éclate.
Je chope un petit fou-rire perso.
Après je crois qu'on a retrouvé un bout de piste forestière. On a à peine soufflé, juste le temps de re-lécher kwatllia.
Kwatllia, kwatllia, que ye souis fou de toi.
J'ai une pêche infernale. Ça devient chaud parce que les cailloux sur le chemin sont tout tordus et mal foutus sans équilibre mais je me sens léger léger je saute d'un caillou à l'autre sans effort c'était pas évident mais je suis si fort et si léger que je saute de l'un à l'autre sans les faire tomber. C'est comme quand on passe un ruisseau à gué en sautant d'un caillou à l'autre. Forge et inertie. Wouahou!
Lazaro entre-temps a changé de mode de déplacement: lui il prend des impulsions et saute de loin en loin à pieds joints comme dans les rêves on dirait un ange sauf que les anges ont pas des baskets à la main. Il a dû entendre ma télépathie parce qu'au même moment il jette ses rangers dans un buisson. Et il continue à sauter de place en place comme une magnifique grenouille indienne. Et moi je marche sur l'eau comme Jésus de Nazareth.
Je suis naze arrête.
Et on est beaux tous les deux comme une journée d'éternité rose-vert au paradis des champignons bleu-bleus.
Ce qui fait que quand on débouche sur le plateau je te dis pas c'est intégralement planant du feu de Dieu. Les montagnes rousses à l'horizon ondulé à l'ondulon sont touffues bourrées truffées bourrues enchevêtrées comme des pubis de rousses et les oiseaux du ciel viennent faire à touche touche avec nous on est des oiseaux et aussi des papillons des faisans deux par deux des sauterelles et aussi ce châtaignier avec les bras en croix qui crie au secours on est aussi le chasseur pété et on est le lapin péteux on est la buse et la proie on est les nuages on est le soleil on est complètement d'accord sur tout depuis la nuit des temps tout à fait on est complètement dilatés au maxi maximum.

Sur le plateau y a plus d'arbres, d'accord? Y a plus aucun effort, qu'une lumière douce, une lumière de porcelaine et là ils t'ont fait un truc de ouf: ils ont installé comme une ville de plastique, non plutôt en pâte de verre recyclable, comme une plate-forme de projet de ville spatiale dans l'espace, avec des arcs-en-ciel qui reflètent bien la lumière ça me fait doucement rigoler, des gentils dômes de lumière qui flashent doucement dans l'air calme et qui ondulent comme des bateaux comme des oiseaux rien que pour nous et j'entends au loin la belle voix de mon ami qui me dit: ils ont changé de projet? et il n'a plus du tout d'accent et je lui souris en pensant: c'est ça changé de projet, c'est bien mieux comme ça et on s'approche en battant des ailes tout doucement.
Trop délire.

Il n'y a pas de hall d'entrée mais on est déjà dedans dans la douce lumière et des hôtesses d'accueil viennent à nous en souriant et communiquent avec nous de façon magnétique ou télépathique en tout cas très télégénique et elles nous aident à retirer nos vêtements pour aller dans une sorte de bain de vapeur et je ris comme un fou parce qu'on est à poil comme des lapins et Lazaro a toujours ses chaussures à la main c'est bizarre et les hôtesses sont trop sympa nues elles aussi pour qu'on soit bien à l'aise dans la communication ésotérique érotique avec de la musique petit à petit le grand manitou entre.
- Le Parfait de la Région Languedoc-Roussillon je suis, il nous dit avec une tête de hamster, il a le crane rasé comme Yul Brynner, il est complètement épilé sauf une grosse natte
Brynner le hamster
qui pousse depuis le sommet de son crane et lui descend devant les yeux de temps en temps d'un joli mouvement de tête il la balance par côté comme une queue de vache mais elle lui retombe toujours devant le visage.
Ça nous file un fou rire
Pendant que les hôtesses nous massent les pieds
à se rouler par terre
- La raison de votre présence ici je connais mais sachez et faites savoir que les Entités Supérieures ont jugé le projet mauvais.
La queue de vache....
Les élus locaux ont tous été limogés, le Parfait de Lérot a été défenestré et les sbires porteurs du projet croupissent à jamais dans des mines de sel. Car mauvais était leur projet. Et il n'était pas bon.
... Dans les yeux.
- Moi, Parfait de région, avec la commission des sites protéginscriclassés j'ai fait aboutir un projet alternatif de Centre International de Techniques Amoureuses (CITA).
- Mes amis, mes frères, les bienvenus soyez!
Et il est parti doucement en lévitation en laissant derrière lui un parfum de patchouli. Et seuls il nous a laissés avec les hôtesses.
Et d'autres filles stagiaires qui arrivaient de partout elles arrivaient
Et on a fait l'amour ensemble avec Lazaro. Enfin je veux dire en même temps dans la même pièce au même endroit mais avec des filles différentes, je crois que la mienne était carrément androïde avec des yeux trop clairs. J'ai dit à tout hasard:
- Ojos negros?
Elle m'a souri et elle a cligné des yeux et quand elle les a rouverts ils étaient noirs! Le fantasme de la fille à la carte! Je suis sûr que je lui aurais dit, je sais pas moi, 92-62-95, elle aurait immédiatement exécuté.
La totale
Top délire
Trop mortel
Ça tue




Sans ouvrir les yeux, ce qui m'a réveillé d'abord, c'est l'odeur. Les odeurs. En essayant de décomposer, ça donne en gros:
- en haut vomi,
- en bas pisse.
En approfondissant l'analyse, je découvre que c'est moi qui schlingue. Dommage, ça m'aurait bien arrangé que ce soit un autre, j'aurais pu m'éloigner. Après avoir ouvert les yeux et un examen sommaire, je conclus que je suis réveillé. C'est le froid qui m'a réveillé.
Non, c'est l'odeur.
Fait nuit.
Le ciel semble découpé à l'emporte-pièce dans un grand rond. Les étoiles font leur boulot d'étoiles, tranquilles, y a rien qui presse. Je découvre peu à peu que j'ai dormi couché dans une grande buse en tôle. Des machins en ferraille qui restent de l'exploitation de la carrière. Partout, faut que des hommes se sentent obligés de laisser tout ça là pour bien marquer leur passage. Pour laisser leur trace dans la géographie à défaut de laisser une trace dans l'histoire.
Je suis de mauvais poil et j'ai deux kilos de confetti dans la bouche. Un casque trop serré rempli de gravier.
Je me lève.
En bas, on voit les lumières d'un bled.
Saint-Pons sans doute.
A vol d'oiseau, c'est pas bien loin. Deux kilomètres maxi.
Ça ronfle dur dans la buse d'à coté.
- Lazaro ?
-...
- Lazaro...?
- ... ?
- Lazaro... tu dors?
- mmm... muermo... ca en dios...
- Lazaro...il te reste des champignons?

- Gerbas -

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