Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
 

[ texte précédent ] [ retour au sommaire ] [ texte suivant ]

Courrier à M. Vesinhet, Président du Conseil Général
envoyée par le Collectif de Citoyens le 3 mai 2004

COLLECTIF de CITOYENS
aux bons soins de "La Cigale"
3, route de Castres
34220 Saint Pons de Thomières
à Monsieur André VEZINHET
Président du Conseil Général
Hôtel du Département 1000, rue d'Alco
34087 MONTPELLIER

Monsieur le Président,

Votre récente réélection à la tête du Conseil Général de l'Hérault - pour laquelle nous vous adressons, comme il se doit, nos félicitations - vous a donné l'occasion de faire paraître, dans le magazine du Département n°124 (avril 2004), un plaidoyer pour "une citoyenneté durable", qui se traduit dans les pages de l'ouvrage par la description des "8 défis pour l'Hérault".

L'un d'entre eux s'intitule : Gagner la bataille de l'eau.
Nous citons un extrait de la page 9 :
"Les milieux karstiques, sortes de réservoirs naturels pour les eaux souterraines, fournissent aujourd'hui près de 90% des ressources en eau du département. Seulement, il ne suffit pas de trouver ces sources, encore faut-il pouvoir aller puiser l'eau qui s'y cache. Là encore, le Conseil Général intervient. Il la capte, l'entoure d'une ceinture de sécurité pour qu'aucun élément polluant ne vienne entacher sa pureté, et construit les infrastructures nécessaires pour la rendre accessible à tous."

Des explications ci-dessus, nous comprenons qu'il est de la compétence du Conseil Général de gérer les ressources en eau du département.

Or, il se trouve que le site de Tanarès, dont vous avez entendu parler, situé sur la commune de Riols, doit recevoir une méga-décharche de 2 millions de tonnes de déchets sur 20 ans. Ce projet, ainsi que vous le savez certainement, est piloté par la société privée SITA-SUD, filiale du groupe Suez.
Cette décharge va se situer dans l'emprise d'une nappe karstique patrimoniale.

Que penser dès lors de la décision préfectorale consistant à autoriser l'implantation sur ce site d'un centre d'enfouissement, source certaine de nuisances et de pollutions irréversibles?

Que dire de la position des élus qui, se prononçant unanimement contre ce projet, avouent cependant leur impuissance à réagir contre cette folle décision ?

Qu'est-ce alors que cette logique qui veut que d'une part un préfet puisse, en opposition frontale avec l'expression démocratique de la population, de scientifiques indépendants, des élus de tous bords décréter, dans le plus grand mépris d'opinions autorisées, que ce projet de décharge verra le jour et que d'autre part, le Conseil Général, revendiquant comme un devoir de sa charge la préservation de ce bien - précieux s'il en est - qu'est l'eau, richesse des générations futures, ne puisse s'interposer et faire entendre sa voix pour contrer une pareille aberration ?

Que doit enfin penser le citoyen de cette incohérence ? Est-ce l'implantation d'une décharge - projet financier privé - ou la préservation des ressources en eau - projet citoyen public - qui doit prévaloir dans l'intérêt général ?
Ce que sait cependant le citoyen, c'est que, face à un danger majeur, le principe de précaution s'impose et ce qu'il sait aussi, c'est que l'on peut déplacer une décharge, alors qu'on ne peut pas déplacer une nappe karstique patrimoniale.

C'est pour que vous puissiez entendre la préoccupation des citoyens des Hauts-Cantons de l'Hérault, écouter les solutions alternatives qu'ils ont à proposer (notamment le projet ALTER-DÉCHETS de l'association PATANARÈS) et vous donner l'occasion d'éclaircir ce qui paraît incompréhensible, que nous sollicitons une entrevue à votre meilleure convenance.
Merci de nous faire savoir quand il vous sera possible de recevoir notre délégation, à moins que vous ne saisissiez l'occasion de cette rencontre pour visiter le site de Tanarès, où nous serons heureux de vous accueillir. Vous pourrez ainsi vous rendre compte par vous-même de la catastrophe majeure qui nous attend.

Vous remerciant par avance de votre prochaine réponse, nous vous prions de croire, Monsieur le Président, à l'assurance de toute notre considération.

Le Collectif de Citoyens, en assemblée générale

[ haut de page ]