Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
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Chacun à son niveau, et un peu plus ?
Corine Cannac, Fontclare, 34220 Saint-Pons

Le projet de décharge à côté du col de Tanarès à Riols est une grossière erreur. Vous qui me lisez, vous le savez déjà...

La question est de savoir comment faire pour que ce projet ne se fasse pas : lettres, tracts, affiches, coups de téléphone, élaboration de dossiers construits et contradictoires, vulgarisation des termes techniques (lixiviat = jus de la décharge,...), questionnements aux élus pour travailler leur implication et/ou les mettre en demeure de le faire, recherches des textes de lois, réunions, manifs...
Que d'énergie, mais est-ce suffisant ? On ne sait pas… Et ça, c'est terrible : nous, on sait que ce projet-là est fou, mais il faut attendre que les uns (DDASS, DDE, DIREN...) aient étudié pour donner leur avis et les autres (Commissions d'hygiène et de sécurité, Préfet...) prennent leur responsabilité, suivant les susdits avis...

Mes sentiments sont trop forts, alors je me permets de les exprimer en italique :
Attendre que ces messieurs (il y a toujours très peu de dames, ou elles sont secrétaires…) se prononcent, me laisse dans un état de culpabilité, de désarroi, de questionnement (est-ce que je ne pourrais pas faire autre chose pour faire arrêter ce projet ?). Je suis comme sur des starting-blocks, prête au départ, et cela me donne des crampes. Et puis, je sais que mes déchets continuent à s'amonceler et qu'ils font des petits...
Reprenons : nous mangeons et nous éliminons. Ces deux actes sont essentiels dans notre vie, et nous ne pouvons nous en passer. Nous y prenons même du plaisir : manger c'est un plaisir. Et éliminer : c'est aussi un plaisir ? (connaissez-vous l'origine de la question "comment ça va ?", c'est à dire "comment vous allez à la selle ?"). Nous nous tracassons depuis longtemps de l'élimination de nos déchets (que dire de nos médecins qui s'inquiètent de la couleur et de l'odeur de nos urines ?). Donc ce que nous éliminons a une grande importance (et la mère qui regarde les selles de son enfant pour voir si tout va bien). Pourquoi ne ferions-nous pas pareil avec nos ordures ménagères ? Les regarder, ce n'est pas si désagréable et cela peut nous indiquer notre santé. Si, au lieu d'en avoir honte, nous en prenions soin ?

La démarche n'est pas facile, dans notre monde où tout est aseptisé, désodorisé... et sous cellophane. C'est pourtant cela le problème : le cellophane, le polystyrène et autre plastique.
Par ailleurs, avant de choisir quel est le meilleur moyen pour nous débarrasser de nos déchets (incinération ? méthanisation ? Je ne vous dis pas toutes les questions techniques et politico-financières complexes de pouvoir que cela soulève), il est nécessaire de trier le plastique des bouteilles, le plastique des bouchons, le verre, les cartons, les piles, les restes de table (soient 6 réservoirs différents). Me voilà plongée, dans des questions pratiques.

Il y a des fois, où devant mes réservoirs, j'hésite. Ça, où je le mets ? Zut, je me suis trompée… Les bouteilles de verre, ça prend de la place, cela déborde, ça y est, c'est plein. Quand j'irai à St Pons, je les mettrai au "récup'verre", j'espère que j'oublierai pas...
Ce verre cassé, je le mets avec la poubelle du camion qui passe devant ma porte ? Et cette bouteille d'huile en plastique, qu'il n'est pas possible de rincer, avec quoi ? Cela fera du lixiviat
.
Donc, regardons ce qu'il reste dans la poubelle qui va partir avec le camion qui passe devant ma porte : ce n'est pas si sale que cela, si on a séparé les restes de table... mais que d'emballages ! Tiens ! je me reprends à rêver.
C'est moi qui ai acheté tout cela ? Eh, oui ! Pas étonnant qu'il en faille tant des camions ! L'autre jour, j'ai acheté une paire de ciseaux : il y avait le sac du magasin, le ticket de caisse que j'ai mis avec les papiers, et l'emballage des ciseaux (du carton plastifié et le fichu plastique dur que j'ai bien cru ne pas arriver à enlever, puisque je n'avais pas de ciseaux. J'ai donc pris un couteau et paf ! maladroite comme je suis, je me suis taillée le doigt. Rien de grave, je me suis mis un pansement, et les deux bouts de plastique qui empêchent que cela colle partout sont allés rejoindre la poubelle que le camion qui passe devant ma porte emporte...).

Dés demain, quand j'irai faire mes courses, je prendrai mes ciseaux, durement gagnés, et je détacherai proprement et laisserai au magasin tous les emballages superflus. J'espère que mon épicier ne m'en voudra pas trop et que lui saura trouver son fournisseur et fera pareil (et je n'aurai plus besoin de prendre mes ciseaux).
Ainsi je peux attendre de façon active les avis des personnes autorisées...

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