Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
 

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Commentaires relatifs à la lettre de la DDASS
Olivier Fuchs 34220 St-Pons de Thomières à Monsieur le Président de Patanares

OBJET : commentaires relatifs à la lettre de M. Son

Monsieur le Président,
Monsieur Son demande à l'association Patanares de lui fournir des études sur les différentes décharges qu'il envisage de fermer, ou de maintenir en fonction de notre coopération. Ceci m'amène à vous faire part de ces quelques commentaires :
Tout d'abord la pression que ce monsieur croit exercer, si tel est son but, se trompe de cible : Patanares n'a aucunement la gestion de ces décharges, et leur fermeture ou leur maintien ne nous concerne pas directement. Par ailleurs, il est vrai que l'objet de Patanares est, après avoir fait arrêter tout projet sur le site de Tanares, de proposer des solutions alternatives. Ceci n'oblige pas toutefois, comme le suggère monsieur Son, de faire des études géologiques sur toutes les décharges, alors que la DDASS les a acceptées en l'état jusqu'à aujourd'hui, et sans état d'âme. Cela semble plutôt de son ressort.
Je vous demanderai cependant de faire état des observations qui suivent auprès de ce monsieur.
Concernant la décharge de la Salvetat : la qualité des sols est nettement supérieure au site de Tanares, le substratum primaire ne recelant sur le plateau aucune dolomie. Concernant la décharge du Pardailhan : les quantités sont tout à fait négligeables à côté des 75 000 à 100 000 tonnes prévues à Tanares.
Concernant le site du Roc, qui semble choquer le plus. Le site est situé sur le schiste d'une façon similaire à Tanares, la partie inférieure, plus au sud, jouxtant la bande calcaire qui correspond au réseau "Artenac-Pont de Rach". Cette zone a été étudiée par Monsieur Gèze, auteur de la carte géologique de toute la Montagne Noire. Une thèse plus pointue a été effectuée par Monsieur Vignard. Ces documents ne sont pas secrets et permettent de comprendre beaucoup de points sur la zone saint-ponaise. Par ailleurs les spéléologues savent bien que le réseau amont de la source du Jaur correspond au réseau du Lauzinas, et non à celui de Pont de Rach. Si la décharge peut polluer ces eaux, c'est seulement par une saturation de la partie schisteuse, qui, à terme, peut venir polluer (ceci est envisageable après 40 ans de détritus) mais l'écoulement logique doit s'effectuer au sud de cette zone (nous avons des connaissances encore plus précises sur le sous-sol voisin de la décharge du Roc à Saint-Pons, que sur le versant de Tanares). La source du Jaur à Saint-Pons est par ailleurs polluée par les eaux venant de Courniou, et du Thoré en aval des Verreries de Moussans. Un allongement des tuyaux à la sortie de la station d'épuration de Courniou permettrait par exemple d'augmenter la qualité de l'eau de la source du Jaur. On peut noter aussi que les deux scieries de Courniou dont la mise en conformité est à l'ordre du jour, puisqu'une est encore sous le coup d'une enquête publique, font courir des risques très importants aux habitants de saint-Pons, si les cuves de produits traitants venaient à fuir. En effet quelques centaines de mètres après se situent des pertes du ruisseau de La Salesse qui résurgent directement à la source du Jaur, sans filtration puisque nous sommes dans un réseau souterrain karstique. Bien entendu le site du Roc pollue l'eau du Jaur en aval de Saint-Pons, mais ce qui est proposé à Tanares, c'est de poser autant d'ordures en un an que le Roc en a reçu depuis sa création il y a quarante deux ans, fonctionnement autorisé par les services de l'état jusqu'à aujourd'hui.
Pour l'ensemble de ces sites, ce n'est pas leur fermeture qui en assurera l'innocuité, puisque les lixiviats continueront à se répandre pendant des années. Le site de Tanares ne résoudrait rien, bien au contraire, polluant des zones encore non touchées (vallée de Cassilhac, éventuellement les zones du Saint-chinianais).
Je ne parlerai pas des autres décharges, mais les gens de terrain pourront donner des indications à la DDASS, si elle s'y intéresse.

Je vous remercie pour l'action que l'association Patanares réalise, avec l'ensemble des citoyens de nos haut-cantons, qui sont prêts à défendre leur patrimoine culturel et environnemental.

Souhaitant que cette lettre, écrite à chaud soit de quelque utilité, veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes salutations distinguées.

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